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Qualité des réseaux d'égouts pluviaux

Depuis plusieurs années, le RSMA (Réseau de suivi du milieu aquatique) a identifié les égouts pluviaux comme une importante source de contamination des plans d'eau, laquelle proviendrait des ouvrages de surverse des raccordements inversés ou de la présence d'animaux. En période de temps sec, il est souvent possible d'observer un écoulement à leur exutoire. Ceux-ci peuvent évacuer des eaux souterraines s'infiltrant dans les conduites ou des eaux de refroidissement d'équipements industriels ou commerciaux conformes aux normes de rejets comme le stipule le Règlement 2008-47 de la CMM.

Dans le cadre du programme PLUVIO, le RSMA vise le dépistage et la correction des raccordements inversés de l'agglomération montréalaise. L'objectif est de trouver l'origine des problèmes de pollution qui persistent en temps sec, malgré les efforts considérables d'assainissement des eaux usées déployés depuis plus de 20 ans.

Qu'est-ce qu'un raccordement inversé?

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Un raccordement inversé est un branchement ou une défectuosité à un équipement qui permet à des eaux usées sanitaires de se déverser ailleurs que dans un réseau d'égout domestique ou unitaire, soit dans un réseau d'égout pluvial, sur le sol, dans un fossé ou dans un cours d'eau, exception faite des fosses septiques. Cette expression est utilisée afin de le distinguer du raccordement croisé.

Aux deux extrémités de l'île de Montréal, ainsi qu'à l'île des Sœurs et l'île Bizard, un réseau pluvial évacue les eaux de pluie directement vers les plans d'eau, alors qu'un autre capte et dirige les eaux sanitaires vers la station d'épuration. C'est dans ces secteurs séparatifs qu'il est possible de retrouver des raccordements inversés. Le centre de l'île est, pour sa part, desservi par un seul réseau d'égout qui combine les eaux de pluie et les eaux sanitaires, et les achemine vers la station d'épuration.

L'étape de diagnostic

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Un réseau d'égout pluvial se compare à une arborescence : l'égout principal (la plus grosse conduite) représente le tronc alors que les égouts secondaires qui s'y jettent sont les branches (ramifications). Tous les nœuds (embranchements) doivent être échantillonnés afin de détecter la présence d'une contamination sanitaire. C'est à cette étape de diagnostic que le choix des stations d'échantillonnage est réalisé.

Des observations sont réalisées à chaque station : importance de l'écoulement, présence de refoulement, odeurs et indices de contamination sanitaire ou animale. Dans certains cas, un piège fabriqué avec un grillage métallique est installé pour quelques jours afin de retenir ou piéger les indices de contamination. Un échantillon d'eau est prélevé lorsque l'écoulement est suffisant. Celui-ci est analysé en laboratoire pour dénombrer les coliformes fécaux. Dans certains secteurs,  les métaux lourds, le phosphore total et l'azote ammoniacal sont aussi analysés.

L'ensemble des résultats recueillis permet d'identifier les rues ou portions de rues susceptibles d'être contaminées par des eaux sanitaires. Des techniques de fumigation et l'utilisation de tests au colorant permettent d'identifier les adresses municipales comportant véritablement des raccordements inversés.

À ce jour, il y a … 

  • Environ 110 km2 du territoire diagnostiqués une première fois
  • 73 100 adresses municipales desservies par les réseaux pluviaux sur cette superficie
  • Plus de 6 200 stations d'échantillonnage et plus de 16 000 observations et analyses en laboratoire
  • 589 réseaux pluviaux, 366 émissaires pluviaux et 223 collecteurs pluviaux répertoriés
  • 188 réseaux contaminés par des coliformes fécaux à leur exutoire
  • 87 des 188 réseaux susceptibles d'être affectés par des raccordements inversés
  • Quelque 345 raccordements inversés corrigés sur environ 700 cas confirmés

De l'identification des problèmes aux correctifs …

Des raccordements inversés ont été identifiés par les arrondissements et les villes reconstituées dans plus de 560 secteurs problématiques répertoriés par le RSMA. Plusieurs ont déjà commencé les corrections sur leur territoire, dont Ahuntsic-Cartierville, Beaconsfield, Dorval, Kirkland, Lasalle, L'Île-Bizard–Sainte-Geneviève, Montréal-Nord, Pierrefonds-Roxboro, Pointe-Claire, Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, Sainte-Anne-de-Bellevue, Verdun et Ville-Marie.

Panneau RSMA Consultez la démarche
Lors de la phase de diagnostic du programme PLUVIO, le RSMA circonscrit des secteurs problématiques comptant une ou plusieurs adresses municipales susceptibles d'être affectées par des Ri. Les arrondissements et les villes reconstituées, en collaboration avec le Service de l'eau et le RSMA, ont par la suite identifié les adresses municipales comportant effectivement des Ri à corriger. Cependant, leur présence en amont d'un réseau d'égout pluvial peut masquer l'existence d'adresses municipales mal connectées en aval de l'égout contaminé. Une fois ces Ri corrigés en amont, une deuxième phase de vérification est nécessaire afin de s'assurer qu'il n'y a pas de mauvais raccordements en aval de ceux déjà découverts.

Finalement, lorsque tous les mauvais raccordements sont corrigés dans un réseau, le RSMA passe à la phase d'approbation qui consiste à échantillonner le réseau pour démontrer l'absence de raccordements inversés. Lorsque tous les Ri seront corrigés, les réseaux pluviaux devront faire l'objet d'un suivi périodique pour s'assurer qu'ils demeurent exempts de mauvais raccordements.

Le saviez-vous?

Plusieurs réseaux d'égouts pluviaux de l'ouest de l'île sont aux prises avec de la contamination bactérienne d'origine animale. De nombreuses déjections animales, provenant principalement des ratons laveurs, ont été observées dans les réseaux ayant des accès ouverts sur des fossés. De ce fait, même si tous les raccordements inversés étaient corrigés, certains réseaux continueraient de montrer une contamination bactérienne importante d'origine animale.