Projections climatiques

Des projections climatiques pour différentes régions du Québec ont été produites par le consortium Ouranos. Nous présentons ici les résultats pour le sud du Québec, qui inclut Montréal. L’augmentation des températures moyennes, des vagues de chaleur et des pluies abondantes déjà observées à Montréal les années passées se confirme dans les projections climatiques du siècle à venir.

 

   

Augmentation des températures moyennes

Au Québec, les températures devraient augmenter de 2 à 4 °C pour la période 2041-2070 par rapport à la période 1971-2000. Cette augmentation devrait s’accompagner d’une hausse de la saison de croissance des végétaux de 10 à 30 jours d’ici 2050 et d’une diminution de la période de gel (2 à 4 semaines) et de la période d’enneigement (45 à 65 jours) d’ici 2041-2070. Les projections les plus extrêmes laissent même entrevoir la possibilité d’avoir un couvert de neige dont la présence serait inférieure à 20 jours. Enfin, le nombre d’épisodes de gel-dégel devrait augmenter en hiver d’ici 2050 mais diminuer à l’automne et au printemps.

 

 

Augmentation des pluies abondantes

D’ici 2050, les précipitations annuelles devraient augmenter de 3 à 14 % avec une accentuation plus importante des pluies en hiver (+2 à +27 %) et au printemps (+3 à +18 %). On s’attend également à une augmentation significative de la fréquence et de l’intensité des épisodes de pluies abondantes. L’intensité des épisodes de pluies abondantes devrait augmenter de 10 à 25 % d’ici 2100. Par ailleurs, une pluie d’une intensité donnée dont la période de retour est de 20 ans sur l’horizon 1986-2005 pourrait survenir plus fréquemment vers 2046-2065 avec une période de retour autour de 7 à 10 ans.

 

 

Augmentation des vagues de chaleur

Comme pour le reste du globe, les modèles climatiques prévoient de fortes augmentations de la durée des vagues de chaleur ainsi que de la fréquence des nuits chaudes (température minimale > 20 °C). Selon ces mêmes projections, les températures extrêmes maximales en été augmenteront plus que les températures moyennes estivales. Ceci augure donc des épisodes de vagues de chaleur plus longs et plus intenses au cours des décennies à venir.

 

 

Incertitude sur les tempêtes destructrices

Du côté des tempêtes destructrices (pluie verglaçante, neige abondante, grêle et vent), les  projections climatiques présentent de grandes incertitudes. Malgré les imprécisions sur le devenir des tempêtes destructrices à Montréal, les tendances déjà observées et les impacts considérables qui y sont associés nécessitent une réflexion et des mesures adaptées pour que l’agglomération se prépare à mieux y faire face dans le futur.

 

Augmentation des sécheresses estivales à la fin du siècle

À l’horizon 2081-2100, la majorité des projections climatiques s’accorde sur des périodes de sécheresse météorologique plus courtes à l’échelle annuelle et hivernale (décembre à février), mais plus longues pendant la saison estivale (juin à août). En ce qui concerne les sécheresses des sols, les projections d’anomalies d’humidité du sol indiquent des conditions plus sèches annuellement et encore davantage pour la saison estivale sur l’horizon 2081-2100.

 

Des crues plus tôt dans l’année

Pour la rivière des Prairies, une étude récente a simulé le débit journalier moyen en 2042-2070. On constate que la crue printanière devrait se décaler encore plus tôt dans l’année que pendant la période historique (1972-2000). Selon une étude d’Ouranos, les niveaux du Saint-Laurent devraient, quant à eux, être réduits dans le secteur de Montréal d’un maximum de 20 cm à 120 cm à l’horizon 2050. En bref, on peut s’attendre à un décalage des crues printanières de la rivière des Prairies toujours plus tôt dans l’année. En revanche, il n’est pas clair que l’intensité des futures crues sera plus importante que dans le passé. Les modèles hydrologiques n’ont pas encore la capacité de tenir compte du frasil (cristaux de glace flottant à la surface des cours d'eau), ce qui limite présentement leur pouvoir prédictif sur les crues causées par une accumulation de frasil.

OURANOS

Consortium regroupant quelque 450 scientifiques et professionnels dédiés à l’analyse et à la recherche des enjeux et de l’adaptation aux changements climatiques.

Constitue la principale source en simulation du climat régional au Canada.

Pour en savoir plus