Le saviez-vous?

Origine de la première usine d’eau potable

C’est à la suite d’une épidémie de fièvre typhoïde, survenue en 1910, que le Conseil municipal de Montréal décida de construire la première usine de production d’eau potable sur l’île de Montréal. Modernisée et agrandie au fil des années, l’usine Atwater offre aujourd’hui la plus grande capacité de production de l’eau au Québec et la 2e au Canada.

Qui est Charles-Jules Des Baillets?

Portrait de M. Charles-J. Des BailletCharles-Jules Des Baillets est né à Genève, en 1884. Arrivé au Canada à l’âge de 19 ans, cet ingénieur spécialisé en électricité a œuvré pour le compte de la Ville de Montréal de 1921 à 1949, à titre d’ingénieur en chef de la Commission de l'aqueduc et de directeur de la division d'ingénierie des Travaux publics. Jusqu'à sa mort, survenue en 1949, il est demeuré à l'affût des technologies de pointe, que ce soit pour automatiser le procédé de chloration de l'eau, pour prolonger la prise d'eau dans le Saint-Laurent avec des tuyaux de béton d'invention européenne ou pour construire une centrale d'alarme avant-gardiste pour le Service des incendies. Il a démontré son sens artistique et ses goûts éclectiques en dessinant des édifices publics inspirés de l'architecture suisse, italienne ou québécoise, afin d'abriter des stations de pompage et une partie de l'usine de production Atwater.

Source : Centre d'histoire de Montréal

Fabriquer de l’ozone

Chambre de fabrication d'ozoneL’ozone est un gaz extrêmement instable qui ne peut être emmagasiné. Il est donc produit sur place, à partir de l’air ambiant. Dans l’ozonateur, cet air est filtré et asséché avant d’être soumis à une puissante décharge électrique.  En savoir plus… L’ozone se crée sous l’effet de cette décharge électrique, quand trois atomes d’oxygène se lient, transformant ainsi l’O2 en O3. Après utilisation dans l’eau, l’ozone résiduel est aspiré et traité à la chaleur pour que l’O3 redevienne O2.

Le rôle essentiel du chlore dans le réseau de distribution d’eau potable

En 1908, on utilise pour la première fois le chlore pour désinfecter l’eau potable aux États-Unis. À l’époque, c‘est le meilleur moyen pour purifier l’eau qui cause plusieurs épidémies de fièvre typhoïde (1900-1910).  Aujourd’hui, le chlore n’est qu’un des éléments de la chaîne élaborée de traitements pour produire de l’eau potable. En savoir plus… Même s’il est utilisé en infime doses et que l’on parle de résidu de chlore, grâce à sa stabilité moléculaire,  il demeure actif jusqu'au bout des longs réseaux d'aqueduc. 

La Ville s'assure en tout temps que tous les sous produits de désinfection ne dépassent pas les valeurs permises de 0,080 mg/L  par le Règlement sur la qualité de l'eau potable.

Sentir un peu de chlore dans son verre d’eau potable, c'est en fin de compte rassurant puisque c'est le signe que l'eau est dans un environnement qui n’est pas propice au développement de microorganismes pathogènes. Vous n'aimez pas le goût du chlore ? Vous n'avez qu'à transférer l'eau du robinet dans un pichet propre et fermé, puis à le conserver au réfrigérateur. En 24 heures, la teneur en chlore va s'estomper de façon significative. Vous obtiendrez une eau au goût non chloré (ou très peu) que vous pourrez conserver quelques jours.

« Eau » printemps

Au printemps, l’eau brute puisée dans les cours d’eau autour de l’île est parfois un peu trouble en raison d’un taux de particules en suspension plus élevé que la normale. La fonte des neiges au printemps libère des impuretés qui soudainement se retrouvent dans les cours d’eau. On effectue de nombreux prélèvements dans les sources d’eau brute et les chimistes s’assurent d’ajuster les traitements physico-chimiques, afin de préserver la qualité de l’eau potable durant cette courte période.

Pourquoi l’eau potable peut-elle séjourner dans un réservoir ?

L’eau contenue dans les réservoirs du Mont-Royal constitue une réserve en cas de panne d’électricité, comme celle survenue à Montréal lors de la crise du verglas, en 1998. Cette expérience a démontré l’utilité d’un système gravitaire pour la distribution de l’eau potable.

L’art d’amener l’eau aux étages supérieurs des gratte-ciel

La Ville de Montréal assure la distribution partout sur le territoire, mais ne peut fournir la pression pour amener l’eau aux étages supérieurs des gratte-ciel du centre-ville. Un édifice comme la Place Ville-Marie doit se doter de pompes de surpression qui poussent l’eau du réseau jusqu’aux étages supérieurs.

À quoi servent les bornes bleues ?

Les bornes bleues que l’on rencontre parfois dans les rues de Montréal constituent en fait l’alimentation du système de lutte aux incendies du métro. Pour des raisons de sécurité, les conduites de ce système ne contiennent pas d’eau. Si un incendie se déclare dans le métro, les pompiers doivent brancher les bornes d’incendie rouges aux bornes bleues pour alimenter le système du métro.

Qu’est-ce que la DGSRE?

La Direction de la gestion stratégique des réseaux d’eau (DGSRE) assure la planification des investissements pour l’entretien et le renouvellement des infrastructures d’aqueduc et d’égouts secondaires. Elle dispose d’un budget annuel de plusieurs millions de dollars qu’elle investit en fonction des priorités pour maintenir et améliorer la qualité et la durée de vie des réseaux. La direction applique un programme de dépistage préventif des fuites et de remise sur pied de la banque de données où sont enregistrées toutes les informations sur l’état du réseau. Cette banque de données permettra aux responsables de poser de meilleurs diagnostics et d’intervenir avant que des bris majeurs ne surviennent.

Intervenir sur une conduite principale

Chantier conduitesGénéralement, les interventions pour réparer, réhabiliter ou remplacer une conduite principale entraînent une interruption de service de longue durée. Heureusement, le réseau principal est conçu de façon à pallier toute fermeture d’une conduite. Les zones affectées sont alors alimentées par d’autres chemins. À preuve, il y a régulièrement des conduites principales qui sont fermées pour cause d’entretien ou de réparation sans que la population en soit affectée. Bien sûr, ces travaux sont effectués pendant des périodes de l’année où la demande est plus faible, comme à l’automne ou au printemps.

Comment on désinfecte l’eau d’une conduite avant de la remettre en service?

Prenons l'exemple d’une nouvelle conduite qui a été installée et que l’on doit mettre en service. Elle doit préalablement être rincée, désinfectée et rincée de nouveau dans l’attente des résultats du contrôle bactériologique.

QU’EST-CE QUE LE RINÇAGE :

On perce des purges de 2,5 cm sur la conduite afin d’introduire et d’évacuer l’eau de rinçage pour nettoyer l’intérieur de la conduite. 

Une conduite sale sera difficile à désinfecter, la désinfection au chlore sera moins efficace.

Puisque le tronçon de conduite à désinfecter est isolé du réseau, l'eau doit être évacuée vers le puisard le plus proche par les tuyaux de  purge installés lors de la préparation de la conduite. Il n'est pas question d'envoyer cette eau non potable dans le réseau d’aqueduc. C'est durant l’étape de rinçage que certaines accumulations d'eau apparaissent dans les rues. Un aménagement spécial est mis en place afin de limiter les inconvénients à la circulation et aux résidants locaux.

Comment on désinfecte une conduite avant de la remettre en service ?

Étape  1 JOUR 1 / Mettre en contact l’intérieur de la conduite avec une solution d’eau fortement chlorée (désinfection) durant une période de 24 h.
Étape 2 JOUR 2 / Au terme de l’étape 1, contrôler la désinfection par une mesure de la concentration du chlore résiduel à chaque extrémité de la conduite, la concentration doit être supérieur à 10 ppm [si le résultat n’est pas concluant retour à l’étape 1.
Étape 3 JOUR 3 / Immédiatement après l’étape 2, mettre en rinçage la conduite pour une période de 24 h. Au terme de cette période de 24 h, mesurer la concentration de chlore résiduel à chaque extrémité de la conduite, la valeur mesurée doit être près de la valeur de la concentration de chlore résiduel que l’on retrouve dans l’eau des conduites en services du même secteur, sinon le rinçage doit se poursuivre.
Étape 4* JOUR 4 / Si le résultat de l’étape 3 est satisfaisant, on prélève, 24 h plus tard, un échantillon pour un premier contrôle bactériologique.
Étape 5* JOUR 5 / 24 h après l’étape 4 et si le résultat de l’étape 4 est satisfaisant, on prélève un autre échantillon pour un deuxième contrôle bactériologique. [Si le résultat obtenu à l’étape 4 n’est pas concluant retour à l’étape 1].
Étape 6 JOUR 6 / 24 h après l’étape 5 et que les résultats sont négatifs (absence bactériologique aux étapes 4 et 5), les opérations de mise en service de la conduite débute. Le rinçage de la conduite est arrêté. [Si le résultat obtenu à l’étape 5 n’est pas concluant retour à l’étape 1].

*  Les analyses des échantillons sont réalisées en laboratoire afin de s'assurer que la conduite peut être intégrée au réseau de distribution d'eau potable sans risques de contamination. On doit attendre 24 h et 48 h après les prélèvements pour obtenir les résultats de ces tests. On doit alors continuer à rincer la conduite avec de l'eau potable afin d'éviter toute stagnation à l'intérieur de cette dernière. Le rinçage débute à l’étape 3 et doit s’effectuer jusqu’à l’étape de la mise en service (étape 6).

Des chefs-d’oeuvre souterrains

On trouve un grand nombre de vieilles conduites d’égouts en briques dans le Vieux-Montréal. Ce sont des chefs-d’oeuvre de maçonnerie dont certains ont plus  de cent ans. Ces conduites, de type unitaire, demeurent en bon état puisque la brique, ayant été cuite, est plus résistante que le béton. On n’a d’ailleurs pas encore vu une conduite de béton durer 100 ans. Le contour de ces conduites d’égouts prend la forme d’un œuf. Comme le petit rayon de l’œuf est placé en bas, la conduite se nettoie plus facilement. Le gros rayon placé en haut de la conduite permet pour sa part de contenir l’eau de pluie. Un égout circulaire ayant le même diamètre en haut et en bas a besoin d’un plus gros débit pour s’autonettoyer.

Jean R. Marcotte

Jean R. Marcotte (1921-2003) a été l’un des principaux artisans de la gestion et du traitement des eaux usées de Montréal durant ses quelque 35 ans au service de la Ville de Montréal. Gestionnaire visionnaire et déterminé, M. Marcotte a contribué à la réalisation d’œuvres de génie civil majeures : intercepteur nord, station de pompage, ouvrages de prétraitement de la Station d’épuration, etc. En juillet 1970, le Conseil de la Communauté nomma M. Jean R. Marcotte au poste de directeur du service de la Station d’épuration, poste qu'il occupa jusqu'à son départ à la retraite en décembre 1983.

Structures de déversement de neiges usées

Le réseau d’égouts montréalais est doté, à certains endroits, de structures de déversement de neiges usées. Le Règlement sur les lieux d'élimination de neige du Québec interdit en effet le déversement de neiges usées directement dans les cours d’eau, mais permet l’utilisation du réseau d’égouts et de la Station d’épuration. Les qualités calorifiques des eaux usées permettent de recevoir une partie de la neige usée qui fond avant d’être traitée à la Station d’épuration et d’être rejetée au fleuve. Parmi les services qu’elle offre, la Station d’épuration de Montréal peut recevoir, en fonction de sa capacité, les neiges usées d’autres municipalités.

Refoulement d'égoût dû aux pluies intenses
Au fil de l'eau