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La rue Sainte-Catherine et ses intersections

De l’avenue Atwater à la rue De Bleury

Ce segment est au cœur du développement de la rue. Au XIXe siècle, c’est une voie résidentielle et de sociabilité du quartier Saint-Antoine, plus tard connu sous le nom de Golden Square Mile. L’implantation des grands magasins, à la fin du XIXe siècle, attire de nombreux commerçants et change la vocation de la rue Sainte-Catherine. D’autres activités reliées au divertissement et l’expansion du centre des affaires la consacrent comme une grande artère montréalaise.

Circulation à l'angle des rues Sainte-Catherine et Stanley, 1944, VM94, Z-1818.La voie est ouverte graduellement d’est en ouest, à partir de la rue Saint-Alexandre. Elle atteint la rue de la Montagne dans les années 1840, et les rues Guy, puis Atwater, dans la décennie suivante.

À partir des années 1830, les parties ouvertes sont macadamisées et des trottoirs en bois sont installés dans les années 1850. Un circuit de tramway hippomobile est mis en service en 1864 et il est remplacé par le tramway électrique en 1892.

Au cœur d’un quartier résidentiel

Vers 1840, la rue Sainte-Catherine garde encore une allure campagnarde. Le premier bâtiment sur ce segment, un orphelinat protestant, y est construit en 1846, mais très rapidement tout le secteur s’urbanise attirant une population aisée, principalement anglo-écossaise et protestante. Dès les années 1850, des maisons en rangée de type terrasse house et des villas se multiplient, rue Sainte-Catherine, et surtout dans les rues transversales. Peu à peu, des commerces de proximité s’insèrent dans le tissu résidentiel et la rue devient graduellement l’axe principal de tout le quartier, attirant un ensemble d’institutions et de services.

Le square Phillips dans les années 1930, VM94, Z-1627.Le square Phillips, dont le terrain est cédé à la Ville en 1842 par la succession de Thomas Phillips devient un autre point focal du quartier et haut lieu de la sociabilité bourgeoise. Ses abords sont occupés dans les décennies suivantes par des résidences bourgeoises tout comme le reste de la rue Sainte-Catherine. C’est là qu’en 1879, l’Art Association of Montreal fait construire l’Art Gallery (devenue Musée des beaux-arts de Montréal), dont la collection est déménagée rue Sherbrooke en 1912. Tout près, une réplique du Crystal Palace de Londres est inaugurée lors de la visite du prince de Galles en 1860. Ce bâtiment d’exposition, en verre, situé à l’intersection de la rue University accueille l’Exposition provinciale; en 1878, il est déménagé et reconstruit avenue du Mont-Royal. En 1880, à l’angle de l’avenue Victoria, une salle de concert, le Queen’s Hall, est inaugurée. Transformé en théâtre en 1891, l’immeuble est détruit par un incendie huit ans plus tard.

La cathédrale Christ Church, 1964, VM94, A-170-008.Plusieurs établissements religieux viennent desservir la population protestante des environs. En 1856, l’incendie de la première église Christ Church, rue Notre-Dame, amène la communauté à installer son nouveau temple. Il est inauguré en 1859 rue Sainte-Catherine, entre la rue University et l’avenue Union. Près du square Phillips, à l’intersection de la rue Bishop, un autre établissement de confession anglicane, l’église St. James the Apostle, est construit en 1864. D’autres lieux de culte s’ajoutent, comme l’église méthodiste Douglas (1879-1926), l’église congrégationaliste Emmanuel (1878-1908), l’église presbytérienne Erskine (1866-1894), l’église baptiste St. Catherine (1879-1907) et l’église congrégationaliste Wesley, devenue Zion, puis église presbytérienne St. Gabriel (1879-1910). Tous disparaissent et sont remplacés par des immeubles commerciaux. La cathédrale méthodiste St. James (1889),L'église St. James Methodist, vers 1890, VM94, Z-1795. angle de la rue City Councillors, connaît un sort particulier. En raison de problèmes financiers, la fabrique loue une partie de ses terrains longeant la rue Sainte-Catherine. Dès 1926, des bâtiments commerciaux sont érigés dissimulant la façade de grès rouge. En 2005, une partie d’entre eux sont démolis dans une opération de restauration de la cathédrale.

Dans ce segment de la rue Sainte-Catherine, la présence d’une institution catholique fait exception. En 1861, l’achat aux Sulpiciens du Mont Sainte-Croix par les sœurs de la Charité de Montréal (sœurs Grises) permet l’érection, à partir de 1871, d’un vaste ensemble conventuel comprenant une maison mère, un hôpital, une chapelle et un orphelinat. Le complexe couvre un large quadrilatère borné par les rues Guy, Sainte-Catherine, Saint-Mathieu et le boulevard René-Lévesque. Le côté longeant la rue Sainte-Catherine est caché dans les années 1920 par la construction de bâtiments, dont un concessionnaire automobile.

En 1900, l’usine et le siège social de Guaranteed Pure Milk Company s’installent rue Sainte-Catherine, entre les rues Saint-Marc et Saint-Mathieu, puis déménage à proximité en 1931. Plus à l’ouest, entre la rue Closse (devenue Lambert-Closse) et l’avenue Atwater, le square Western (devenu square Cabot) apparaît à la fin du XIXe siècle.

La rue des grands magasins

L’activité commerciale commence à se manifester sur la rue Sainte-Catherine dans les années 1870. Toutefois, le déplacement du lieu principal du commerce de détail à Montréal, auparavant rues Notre-Dame et Saint-Jacques, se fait surtout à partir des années 1890. Dans la foulée, plusieurs commerçants en profitent pour agrandir leur entreprise. Ainsi, les grands magasins, présents en Europe depuis le milieu du XIXe siècle, font leur apparition rue Sainte-Catherine. Ces nouveaux palais du magasinage offrent une myriade de produits dans des lieux fastes et adoptent de nouvelles pratiques de vente.


Le magasin Morgan (devenu La Baie),1964,VM94, A-170-007.Henry Morgan, installé dans le Vieux-Montréal depuis 1845, déménage en 1891 face au square Phillips et érige un grand magasin de quatre étages, le premier de la rue, appelé Colonial House (devenu La Baie). Son immeuble est agrandi en 1900 et en 1905. Tout près, Henry Birks ouvre en 1894 une grande bijouterie comprenant des ateliers d’orfèvrerie et d’horlogerie. De son côté, le marchand de nouveautés W.H. Scroggie, installé depuis 1883 à l’angle de la rue University, transforme son établissement en grand magasin, mais devra le déménager en 1909 et de nouveau en 1913, avant de disparaître deux ans plus tard.

D’autres emménagent plus à l’ouest. James Ogilvy, présent depuis 1866 rue Saint-Antoine, installe trente ans plus tard un grand magasin rue Sainte-Catherine près de la rue de la Montagne. En 1912, il le déménage en face, dans un nouvel immeuble.

John Murphy, en affaires rue Notre-Dame depuis 1869, déménage lui aussi rue Sainte-Catherine, à l’angle de la rue Metcalfe, en 1894. Le grand magasin Simpson's, 1936, VM94, Z-69-1.Son entreprise est achetée en 1905 par la compagnie Robert Simpson de Toronto, mais conserve son nom jusqu’en 1929. La partie avant du bâtiment est alors démolie pour faire place au grand magasin qui prend le nom de Robert Simpson de Montréal. Henry & N. E. Hamilton Co. s’installe en 1896 à l’angle de la rue Peel et déménage en 1906 à l’intersection de la rue Drummond. Il ferme ses portes en 1927. Entre les rues University et Victoria, les locaux auparavant loués par Scroggie sont occupés successivement à partir de 1909 par Carsley, A.E. Rea & Company et Goodwin’s. En 1925, le grand magasin torontois Eaton’s achète l’immeuble et le transforme complètement en y ajoutant trois étages, ce qui en porte la hauteur à neuf niveaux. Le dernier étage accueille le Restaurant du 9e, de style Art déco.

En plus de ces grands magasins, des marchands plus spécialisés se déplacent afin de rejoindre leur clientèle. Passants, rue Sainte-Catherine, devant le magasin Woolwoth, 1961, VM94, A-27-3.Le fourreur John Henderson & Son quitte la rue Saint-Jacques, en 1912, pour s’installer entre les rues Peel et Stanley, où il est présent jusqu’en 1941. Le marchand d’instruments de musique J. W. Shaw & Co, établi rue Saint-Jacques depuis 1894, ouvre un autre magasin rue Sainte-Catherine en 1895 et y demeure jusqu’en 1947. Au début du XXe siècle, de nombreux entrepreneurs décident d’y installer leur magasin. En 1902, C. W. Lindsay & Co érige, près de la rue Peel, un édifice de cinq étages pour y vendre des pianos, des phonographes et des partitions de musique. Il est imité en 1910 par son concurrent, Willis & Co., dont l’immeuble est érigé angle Drummond. L’International Music Store est établie entre les rues de la Montagne et Crescent de 1922 à 1986. Des magasins spécialisés, tels que des boutiques de vêtements, d’ameublement, des bijouteries et des pharmacies mettent en évidence la diversité de l’offre sur la rue. S’y ajoutent des succursales des chaînes de magasins, tels F. W. Woolworth et S.S. Kresge.

Parmi les commerces spécialisés qui caractérisent la voie, il y a celui de l’automobile. Le magasin Morgan en vend aux grandes familles bourgeoises de 1906 à 1920. À partir de cette décennie, l’accès à l’automobile se démocratise et les commerçants se multiplient. Plusieurs s’installent entre l’avenue Atwater et la rue Guy, notamment Légaré, McLaughlin, Cumming-Perreault et Latimer Motor, qui vendent tous des voitures nord-américaines.

Les folles nuits de la rue Sainte-Catherine

Dès la fin du XIXe siècle, Montréal se distingue par la variété des spectacles présentés et le nombre de salles. L’activité commerciale attire en effet, rue Sainte-Catherine, de nombreux théâtres, cabarets, cinémas et restaurants. Jusqu’à la fin des années 1920, les palaces offrent des spectacles de vaudeville, un genre alors très populaire auprès des Montréalais, accompagnés d’une présentation cinématographique. Le cinéma Loews, 1963, VM94, A-106-003.Le théâtre Bennett (1907) (devenu Orpheum en 1910), le Loews (1917) et le Princess (1908) sont construits pour accueillir ces représentations. De nombreux cinémas établis sur la voie changent fréquemment de nom. Ainsi, le Colonial, installé vis-à-vis la rue Victoria, ouvre en 1912. Trois ans plus tard, il est renommé le Connaught. En 1920, il prend le nom de Regal, en 1930, celui de Roxy, puis en 1932, il devient le Cinéma de Paris. L’arrivée du cinéma parlant à la toute fin des années 1920 entraîne la disparition des spectacles de variétés présentés avec les films. À partir de ce moment, les cinémas se limitent à la projection.

Durant les années 1920, Montréal profite grandement de la prohibition aux États-Unis, en Ontario et dans les Maritimes. L’alcool coule alors à flot et la vie nocturne est particulièrement active. Jusqu’à la fin des années 1940, la scène musicale est florissante et de nombreux groupes de jazz américains se produisent dans diverses salles. Montréal étant une des étapes des tournées nord-américaines, la rue Sainte-Catherine accueille dans ses salles des spectacles de Broadway.

Danseuses de cabaret, 1964, VM94, S1-005.Il est difficile de retracer tous les établissements qui se succèdent, puisqu’ils changent fréquemment de lieu et de nom. Parmi ceux-ci, le cabaret Chez Maurice, ouvert en 1931, s’installe deux ans plus tard rue Sainte-Catherine, près de la rue de la Montagne. C’est alors une des boîtes de nuit les plus populaires de Montréal. Dans les années 1950, le club El Morroco lui ravit ce titre. De nombreux musiciens américains s’y produisent et certains concerts sont diffusés à la radio. D’autres clubs présentent des spectacles de jazz. Rue Sainte-Catherine, il y a le Ciro’s, le Copacabana, le Cosy Grill et le Washington Club. Des cafés, tels le Capital, le Clover, le Circle A et le Top Hat, attirent également la clientèle. L’Esquire Club, rue Stanley, met à l’affiche de grands noms de la musique, tels Duke Ellington et Dean Martin. Les salles de danse du Normandie Roof de l’hôtel Mont-Royal, rue Peel, et du Roseland Ballroom sont aussi très populaires. On peut également danser au Venetian Gardens, au Pagoda et au Birdland. Pour manger au son d’un big band, il y a le Dinty Moore’s et le Little Vienna. Le jour ou le soir, avant ou après les spectacles, on accueille les clients aux restaurants Aux Délices, Chic’n Coop, Drake’s, Dunn’s, Richelieu et la taverne Krausmann.

Même après la prohibition, Montréal ne perd rien de sa réputation. Le crime organisé est bien présent dans la ville durant les années 1930 et 1940. L’intersection des rues Peel et Sainte-Catherine regroupe de nombreuses maisons de jeux. Durant la Deuxième Guerre mondiale, l’alcool reste abondant malgré le rationnement. Vers le milieu des années 1950, ces folles nuits de la rue Sainte-Catherine deviennent chose du passé avec la croisade de moralité publique de l’avocat Pacifique Plante et du maire Jean Drapeau qui entraîne la fermeture de nombreuses boîtes de nuit.

Le Forum est un monument de la rue Sainte-Catherine. En 1908, un premier bâtiment portant ce nom est construit à l’angle de l’avenue Atwater. L'ancien amphithéâtre du Forum de Montréal, 1966, VM94, A-412.1.On y patine sur glace en hiver et à roulettes le reste de l’année. Sur le même emplacement, on construit, en 1924, l’amphithéâtre du Forum pour accueillir les joueurs de hockey professionnels de l’équipe des Maroons. En 1926, le club Le Canadien s’installe en permanence au Forum qu’il partage avec les Maroons jusqu’à la disparition de cette équipe en 1938. Le Forum joue également un rôle important dans la vie culturelle de la ville puisqu’il accueille de nombreux spectacles. Il ferme ses portes en 1996 et est ensuite transformé en centre de divertissement.

Le développement d’un centre des affaires

Au moment où la rue Sainte-Catherine gagne en importance, elle polarise le développement d’un nouveau centre-ville, destiné à remplacer peu à peu le Vieux-Montréal. Elle attire ainsi des immeubles de bureaux, construits pour répondre aux besoins administratifs des grandes entreprises et à la croissance des société de services. Ainsi, le Coronation (1911) et le Jaeger (1914) abritent des commerces au rez-de-chaussée et des bureaux au-dessus. Le Dominion Square Building, 1936, VM94, Z-174-1.Dans les années qui suivent, la hauteur des bâtiments augmente. La construction, en 1914, du Drummond Building, haut de 10 étages, préfigure la multiplication, à la fin des années 1920, de nombreux autres immeubles de bureaux dans la partie ouest de la voie. À cet égard, les architectes Ross & MacDonald marquent le centre-ville par leurs réalisations. Parmi celles-ci, il y a le Keefer (1924), le Dental Science (1927), le Castle (1927), le Confederation (1928) et le Dominion Square (1929). Ce dernier est, au moment de son inauguration, l’un des plus grands édifices du genre à Montréal. On y trouve un garage à cinq niveaux, un mail intérieur avec des boutiques sur deux étages, reliés par des escaliers mécaniques. D’autres bâtiments les rejoignent en hauteur, tels les édifices Pharmacy (1928), Crescent (1935) et Drummond Medical (1929). Ainsi, en l’espace de vingt ans, la rue Sainte-Catherine change d’allure et se donne des hauteurs.

Le square Phillips perd son caractère résidentiel déjà entamé avec l’arrivée des grands magasins. Henri Birks fait agrandir son immeuble de 1894 à deux reprises et, en 1906, il occupe tout le côté ouest du square. En 1912, l’entreprise prend de l’expansion et fait ériger un immeuble de bureaux de 10 étages, le New Birks. Côté sud, la compagnie Canada Cement implante, en 1922, son siège social, qui compte 10 étages. On y retrouve un stationnement au sous-sol, ce qui est tout à fait nouveau à l’époque. Le côté est du square, qui était occupé en partie par le bâtiment de l’Art Association of Montreal est démoli et remplacé en 1949 par l’édifice Square Phillips d’une hauteur de 11 étages. Au centre, le monument à Édouard VII est inauguré en 1914.

Des immeubles en hauteur, concentrés près de la rue De Bleury, abritent des magasins au rez-de-chaussée et des manufactures de vêtements aux étages supérieurs. Parmi ceux-ci s’élève l’édifice Jacobs (1909), à l’angle de la rue Saint-Alexandre, dont la hauteur est augmentée de 5 étages en 1928. L’édifice Belgo (1912), près de la rue De Bleury, est occupé par des magasins au rez-de-chaussée, notamment par Scroggie’s de 1913 à 1915, puis par Almy’s jusqu’en 1922. Au-dessus, on retrouve des ateliers et des entrepôts. La confection de fourrure se joint aux activités du même type déjà présente dans ce secteur. Le noyau du quartier de la fourrure se constitue alors à proximité des grands magasins, à l’angle des rues Saint-Alexandre et Mayor.

Le développement du centre-ville depuis 1960

L’expansion fulgurante que connaît la rue Sainte-Catherine dans la première moitié du XXe siècle conduit chaque jour des milliers de gens dans le nouveau centre-ville pour travailler, magasiner ou simplement déambuler. Jusqu'en 1956, de nombreux tramways y défilent reliant l’est, l’ouest et le nord de la ville. Les problèmes de circulation étant de plus en plus importants, l’arrivée du métro, l’aménagement du boulevard De Maisonneuve et l’établissement d’un sens unique, entre l’avenue Atwater et la rue Frontenac y apportent une solution à partir de 1966. La proximité des stations de métro Atwater, Guy, Peel et McGill amène un flot important de piétons.

Foule de piétons au coin des rues Sainte-Catherine et Peel, 1968, VM94, U-520-31.À la fin des années 1960, l’organisation du transport et le regroupement des fonctions commerciale, récréative et d’affaires consacrent la place prédominante de la rue Sainte-Catherine dans la ville. À cette époque, le centre-ville est en pleine expansion et les terrains disponibles sont de plus en plus recherchés. On en vient donc à exploiter les espaces en sous-sol. En 1962, la Place Ville-Marie, plus au sud, ouvre la première galerie marchande intérieure et des couloirs la relient à la gare Centrale et à l’hôtel Reine-Élizabeth. L’ouverture du métro en 1966 favorise l’aménagement d’autres corridors souterrains qui se greffent à de nouvelles galeries marchandes.

Dans les années 1960 et 1970, l’apparition de nombreux centres commerciaux en banlieue a un impact sur l’achalandage des artères commerciales traditionnelles. Toutefois, l’amélioration du transport et la construction de plusieurs galeries de boutiques permettent à la voie de maintenir son importance. La Place Alexis-Nihon, avec ses deux tours érigées en 1970 et en 1983, abrite un grand centre commercial, des bureaux et des appartements. D’autres complexes de magasins sont érigés le long de la rue: Les Terrasses (devenu Centre Eaton) en 1976, les Promenades de la Cathédrale et la Place Montreal Trust en 1988.

La dernière décennie du XXe siècle voit la disparition des grands magasins. Simpson ferme en 1989 et Eaton connaît le même sort en 1999. Seul La Baie résiste à ces fermetures. Ces grands immeubles mettent alors un temps avant d’être réaménagés, au tournant du XXIe siècle, afin d’accueillir des magasins de vêtements, des boutiques et un cinéma.

Les lieux de divertissements connaissent de profonds changements à partir des années 1960. De nombreux cinémas ferment leurs portes et sont laissés à l’abandon. Le Séville (1929-1984), le York (1938-2003), le Strand (1912-1973), le Capitol (1921-1973) et le Bennett (1907-1967) sont démolis et la plupart laissent place à des immeubles plus modernes. Parmi ceux qui restent, certains deviennent des cinémas érotiques, tandis que le Parisien et le Loews sont subdivisés en plusieurs salles. Puis, ils disparaissent à leur tour à la fin du siècle, alors que la rue Sainte-Catherine ne compte plus que deux complexes de cinémas dans ce segment. Le cinéma multiplexe Paramount (devenu Cinéma Banque Scotia) offre 13 écrans ainsi qu’une salle IMAX. L’ancien Forum a, depuis le déménagement de l’équipe de hockey Le Canadien, été transformé en complexe de divertissement dans lequel un cinéma de 22 salles est intégré. Plus près de la rue De Bleury, les anciens édifices industriels Jacobs et Belgo deviennent des lieux culturels recherchés. Les galeries d’art et les espaces de création occupent les locaux abandonnés par les ateliers de confection.

Après une période creuse provoquée par la crise du début des années 1990, la rue Sainte-Catherine retrouve son lustre de grande artère du magasinage du centre-ville de Montréal et se maintient parmi les principales rues commerciales au Canada. Les grandes chaînes nationales et internationales, plus particulièrement dans le vêtement, y ont pignon sur rue. De plus, de grands projets s’ajoutent sans cesse aux abords de la voie. Le pavillon intégré de Génie, informatique et arts visuels de l’Université Concordia témoigne de l’expansion de l’université dans ce secteur. Cette institution acquiert également l’ancien complexe des sœurs Grises. Ainsi, ce segment de la rue Sainte-Catherine reste l’un des plus dynamiques de la ville.

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