Coin des rues Saint-Denis et de Fleurimont (devenue boulevard Rosemont) - 2 novembre 1962
Le boulevard Rosemont et ses intersections

Du boulevard Pie-IX à la rue Mignault

Cette portion suit le parcours du chemin rural – ouvert dès le début du XVIIIe siècle et qui se terminait à la rue Lacordaire – et le prolonge plus à l’est. Situé dans les anciennes municipalités de Rosemont, Maisonneuve et Longue Pointe, le segment traverse les arrondissements de Rosemont—La Petite-Patrie et de Mercier—Hochelaga-Maisonneuve. Du boulevard Pie-IX à la 45e Avenue (devenue boulevard de l’Assomption), la Côte de la Visitation devient le boulevard Rosemont en 1908, alors que le reste du segment (jusqu’à la rue Dickson), connu sous le nom de Chemin public, le devient en 1916. Bien qu’il soit désigné comme boulevard dès le début du XXe siècle, son développement urbain se fait tardivement. Dans les années 1930 et 1940, malgré la présence de quelques lotissements, le boulevard a encore des allures de chemin rural à cause de la dispersion des bâtiments le long de son parcours. Au cours des années 1960 et 1970 le segment devient entièrement occupé, notamment dans la portion à l’est de la rue Lacordaire, qui est ouverte seulement en 1965.
Trois types de fonctions caractérisent cette partie du boulevard : récréative, résidentielle et institutionnelle. Jusqu’à la rue Viau, du côté sud, la fonction récréative domine avec la présence du parc Maisonneuve, planifié dans les années 1910 par la Ville de Maisonneuve et à l’intérieur duquel est aménagé le Jardin botanique (1936). Développé dans les années 1940, le côté nord de la voie est occupé par plusieurs immeubles d’appartements abritant une majorité de francophones. L’école Vincent Massey (anciennement l’école Philippe Perrier), dont la façade donne sur la 27e Avenue, est ouverte en 1959.

À l’est de la rue Viau, la voie se distingue du reste du boulevard. En effet, il s’agit principalement d’un secteur résidentiel tranquille avec plusieurs maisons unifamiliales. Du côté sud, la Cité-jardin du Tricentenaire est située entre la rue Viau et le boulevard de l’Assomption. Inauguré en 1942, lors des festivités qui marquent le 300e anniversaire de la fondation de Montréal, cet ensemble, inspiré du mouvement Garden City, est caractérisé par des maisons individuelles entourées de verdure et par des rues en cul-de-sac. Il est habité par des membres de la classe moyenne francophone. Au centre, le parc de la Cité-jardin du Tricentenaire (nommé en 1954) se prolonge jusqu’au boulevard Rosemont. Du côté nord de la voie, seule l’école Notre-Dame-du-Foyer, ouverte en 1955, contraste avec les habitations.

Les années 1950 marquent un tournant pour ce secteur. En effet, la construction de deux grands hôpitaux, entre le boulevard de l’Assomption et la rue Lacordaire, donne une fonction hospitalière importante au segment. Du côté sud, l’hôpital Rosemont est fondé en 1954 par les Sœurs Grises. Du côté nord, entre les rues Chatelain et Lacordaire, l’hôpital-sanatorium Saint-Joseph de Rosemont est crée en 1950 par les Sœurs de la Miséricorde. En 1971, le gouvernement du Québec impose une fusion de ces deux hôpitaux qui deviennent l’hôpital Maisonneuve-Rosemont. Cette section de la voie se termine par deux établissements religieux, le pensionnat Notre-Dame-des-Anges, créé en 1940 par les sœurs Franciscaines Missionnaires de l’Immaculée-Conception, et le Monastère de la Résurrection (1914) des Franciscains, dont la chapelle a été reconstruite en 1960.

À l’est de la rue Lacordaire, ce segment de la voie est ouvert seulement en 1965. Cette portion, strictement résidentielle, est occupée par des duplex en rangée ou jumelés, une nouveauté de l’après-guerre. Les bâtiments sont plus en retrait du trottoir et plus élevés pour permettre la construction d’un garage et d’un sous-sol. De plus, apparaît le duplex italianisant caractérisé par une façade beaucoup plus ornementée et des briques de couleurs différentes. Par ailleurs, l’école secondaire Louis-Riel (1974) est située entre la rue Duquesne et l’avenue de Carignan.

Le boulevard Rosemont est un témoin du développement et de l’expansion de Montréal. Jadis chemin rural, il devient une voie urbaine importante aux multiples fonctions au cours du XXe siècle. Il est la clé du développement de tout un territoire dont l’urbanisation débute après la Première Guerre mondiale et s’accélère après la Deuxième. Le premier segment a une fonction industrielle et commerciale tandis que le deuxième forme un pôle scolaire, religieux et culturel.  Le troisième segment, dont une partie est développée plus tardivement, est caractérisé par des fonctions hospitalière et résidentielle et se démarque des autres segments par sa verdure. Le boulevard est aussi témoin de l’évolution de l’habitation car s’y côtoient des maisons en rangée des années 1900-1930 (triplex et duplex), des immeubles d’appartements (1940-1950), des résidences unifamiliales, des duplex jumelés et une maison rurale.

Dans les années d’après-guerre, le boulevard devient une artère de grande circulation. À l’ouest, le viaduc Rosemont-Van-Horne (1972) facilite la liaison est-ouest. Dans l’est, il est le cœur du secteur du nouveau Rosemont. C’est surtout la présence institutionnelle qui marque le plus cette artère. Les nombreuses écoles et églises, la bibliothèque de Rosemont ainsi que l’hôpital Maisonneuve-Rosemont font du boulevard une artère importante de Montréal.

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