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Robert Gravel (1944 - 1996)

« 12 septembre 1969. C’est aujourd’hui que j’ai appris que j’étais engagé par Buissonneau. Voilà le

tournant de ma carrière. Voilà ma chance et je la mérite. Je saute dessus pour en mériter d’autres. »

Robert Gravel,
Robert Gravel : les pistes du cheval indompté, p. 56.

Spectacle «Il faut sauver la lune» au parc Octogonal dans le quartier Saint-Michel
On y voit Robert Gravel à l'avantArchives de la Ville de Montréal
(VM94,U670)

Le volume de créations et d’accomplissements de Robert Gravel est à son image, imposant et inoubliable. On note facilement chez lui une spontanéité ainsi qu’une soif de liberté qui en ont fait un monstre sacré du monde dramatique québécois.

C’est à la rencontre d’un autre monstre sacré, l’incontournable Buissonneau, que Gravel commence sa carrière en 1969, dès sa sortie du Conservatoire d’art dramatique de Montréal. Après un premier engagement à la Roulotte, où il retrouve son complice Yvan Ponton, il enchaîne à l’automne avec un rôle dans « Faut jeter la vieille » montée par Buissonneau au TNM. Sa prestation est alors très remarquée, tout comme l’ensemble de la pièce d’ailleurs. Par la suite, il incarne coup sur coup plusieurs personnages au même théâtre.

En 1975, il fait un pas de plus dans sa carrière dramatique alors qu’il fonde, avec Pol Pelletier et Jean-Pierre Ronfard, le Théâtre Expérimental. Cette scène devient dès lors son port d’attache ainsi qu’un haut lieu de créations et d’innovations. Après le départ de Pelletier, le théâtre devient le Nouveau Théâtre Expérimental auquel se joignent Robert Claing et Anne-Marie Provencher. C’est à cette époque que Gravel crée avec Ronfard les six pièces du cycle « Vie et mort du Roi boiteux » (1981-1982).

Sa soif d’expérimentation est poussée à son comble quand il fonde en 1977 la Ligue nationale d’improvisation (LNI). Immense aventure qui perdure encore, il s’agit bien là d’une révolution culturelle du jeu dramatique que Gravel cherche à renforcer.

Sa carrière télévisuelle et cinématographique est pour le moins diversifiée. Il a tenu des rôles dans des émissions pour enfants, notamment le rôle titre dans l’«Ingénieux Don Quichotte » (1980-1981). Il a composé aussi beaucoup de personnages uniques et parfois controversés, tels que Miville dans « L’Héritage » (1987-1990), Ron Langlois dans « Jamais deux sans toi » (1990-1992) et « Les héritiers Duval » (1994-1997), ainsi que le juge Émile Tandif dans le film « La liste noire » (Marc Vallée, 1995).

Les dernières créations de Gravel démontrent un côté plus sombre, connecté à l’évolution de la société québécoise. On ne peut, par exemple, passer sous silence la pièce « Nudité », coécrite avec Alexis Martin, où les comédiens de même que les spectateurs devaient être totalement nus. Il est décédé à l’âge de 51 ans d’un infarctus, laissant derrière lui quelque chose se situant entre la légende et l’histoire.

1969 : Le Générique / Lavo-Matic (Arlequin, blanchisseur) / Il faut sauver la lune

Sources