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La Roulotte

Paul Buissonneau à propos de la Roulotte,
« La Roulotte : un grand livre d'images. Entretien avec Paul Buissonneau », Jeu no 112, 2004, p.153
« Dès notre arrivée en après-midi, les gars ouvraient la Roulotte. Curieux, les enfants la regardaient se transformer en boîte à surprise, elle s'animait et devenait un grand livre lumineux et surprenant. Pour nous comme pour eux, c'était comme un gros jouet. »
 

Carton d'inauguration de La Roulotte le 3 juin 1953
Archives de la Ville de Montréal
(VM6,D1908.5)

54, 55, 56, 17, 32, 33, 18, 19, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 29, 30, 31, 34, 35, 36, 37, 38, 39, 40, 41, 42, 43, 57

Derrière les aspects fantaisistes du projet de la Roulotte, se trouvent de nombreux impératifs pratiques qu'on a heureusement surmontés à grands coups d'ingéniosité. Dès le départ, l'idée inédite de transformer un camion-remorque long de neuf mètres (i.e. 31 pieds) en scène ambulante entraîne son lot de difficultés. Il faut la somme rondelette de 50 000 $ et plusieurs semaines de travail aux ateliers municipaux pour convertir le véhicule en théâtre fonctionnel. Malgré l'exiguïté des lieux, on réussit à y installer une scène - à l'origine assez petite (i.e. 5 x 15 pieds) - et ses mécanismes de déploiement, à intégrer des systèmes d'éclairage et de son et même à aménager un espace de coulisse pour les comédiens.

Bigarré de manière flamboyante et arborant fièrement son logo encore tout neuf, l'appareil - digne des plus belles caravanes de cirque - est inauguré en grande pompe le 23 septembre 1952. Une bonne partie du gratin montréalais assiste à l'événement qui se tient, presque solennellement, au Champ-de-Mars derrière l'Hôtel de ville. Bussonneau s'y trouve, bien sûr, impatient de prendre les commandes de la caravane. Il lui faut pourtant attendre jusqu'à l'été suivant pour que la Roulotte entame sa première saison.

Amener le théâtre au public, été après été, à bord de ce camion peu commun n'est pas de tout repos. Chaque fois, il faut déployer et redéployer l'engin dont la scène à elle seule pèse plus de 500 livres. L'entretien annuel est aussi ardu; il faut consolider le toit et les escaliers, repeindre l'ensemble des surfaces, réviser l'électricité et la mécanique, paraffiner les toiles, changer la gaine des roues et assurer plusieurs autres tâches d'entretien.

Évidemment, le camion d'origine n'a pas résisté à l'usure causée par tous ces déplacements. Le véhicule utilisé de nos jours est en fait la deuxième version de la Roulotte. Quant à l'authentique, elle repose présentement sur les terres de Buissonneau, son principal artisan. Certes, elle ne peut plus rouler, mais le rêveur invétéré voudrait lui insuffler une nouvelle vie; Buissonneau souhaite en effet qu'elle soit reprise par la TOHU et transformée de nouveau en théâtre. C'est à suivre.