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Paul Buissonneau

Paul Buissonneau et Jean-Louis Millette dans la pièce «Le roi Dagobert»
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Centre d'archives de Montréal. Fonds Paul Buissonneau.
(MSS465)

125, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 131, 7, 8, 9, 137, 10, 402, 403, 360, 51, 52, 53, 422, 423, 424

Homme de théâtre au talent gigantesque, metteur en scène mémorable, créateur génial, colérique fameux, entêté chronique, mentor immense, généreux sans borne, gourmand à la verve inépuisable, Paul Buissonneau ne peut décidément être décrit qu’en superlatifs. Sa vie de jeunesse est tumultueuse; elle commence en France en 1926 et se poursuit outre-atlantique, au détour d’un amour, dans la métropole québécoise. Entre les deux, il va au gré de pérégrinations dont la constante est la passion pour la scène.

Élevé dans le modeste XIIIe arrondissement de Paris et cadet d’une famille de cinq enfants, Paul Buissonneau n’a pas vécu une enfance dans la ouate. Il apprend très vite, et à la dure, à composer avec les aléas de la vie d’ouvrier. Son père décède alors qu’il n’a que cinq ans; il connaît les affres de la Deuxième guerre mondiale au cours de laquelle il devient orphelin à quinze ans, suite au décès de sa mère en 1941. Dès la fin de ses courtes études à l’École Beaudricourt, il prend le chemin des usines comme bien d’autres jeunes de l’époque. Il travaille comme rembourreur à la « Carrosserie René David » et, sans se douter, il y acquiert le précieux savoir-faire qui lui servira plus tard pour confectionner décors et costumes de théâtre. Pour l’heure, il s’applique à respecter sa devise de toujours : travailler fort, travailler vite et travailler bien. Il se passionne rapidement pour le spectacle, faisant d’abord le guignol auprès de ses collègues, et jouant ensuite au théâtre amateur pour divertir les jeunes Parisiens.

Alors qu’il suit des cours d’art dramatique auprès de maîtres tels Léon Chancerel, la chance sourit enfin à Buissonneau qui, au hasard de rencontres, devient en 1946 membre des célèbres Compagnons de la chanson. De ville en ville, de tournées locales en tournées internationales, il parfait son expérience de la scène aux côtés des vedettes de l’heure, dont la célèbre Môme, Édith Piaf. En 1950, dans un revirement audacieux et qui lui est propre, il abandonne le navire en pleine gloire pour s’établir au Québec et épouser l’élue de son cœur, Françoise Charbonneau.

En 1952, après des mois difficiles où il cumule les petits boulots, dont celui de vendeur au magasin Archambault rue Sainte-Catherine, il rencontre Claude Robillard, homme et visionnaire exceptionnels venu lui proposer un cadeau inespéré : prendre les rênes d’un des premiers théâtres ambulants pour enfants,  la toute nouvelle Roulotte. La suite est connue; Buissonneau mène la caravane-théâtre de main de maître pendant plus de trente ans, entraînant dans son sillage plusieurs des comédiens les plus réputés aujourd’hui. Avec les Yvon Deschamps, Claude Léveillée, Jean-Louis Millette et François Barbeau, il fonde le Théâtre de Quat’sous, après avoir œuvré dix ans dans la troupe du même nom. Le Théâtre est inauguré en 1965 et Buissonneau y produit quelques-unes de ses mises en scène les plus célèbres.

On ne compte plus les créations de Paul Buissonneau qui fut, toujours avec le même génie, tour à tour chanteur, auteur, acteur et metteur en scène. Pour les uns, il fut l’époux, le mentor, l’ami, l’adversaire parfois; pour les autres, le fils, le frère, le Compagnon, le Piccolo de leur enfance; et pour tous, l’un des fondateurs incontestés du théâtre québécois.

Sources