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Les décors

Les décors : endroits et envers

Jean Louis Millette
à propos de la Roulotte dans
« Jean-Louis Millette. Portrait d’un comédien », p.67
« Qu’est-ce que la Roulotte? C’est une énorme camionnette, une van transformable.  Un  panneau sur le côté se déplace; on l’installe sur des piquets et il devient la scène.  De chaque côté, les coulisses, et derrière, on peut s’habiller. Donc, il y a un endroit où on peut faire des essayages de costumes, etc., le tout agrémenté d’une sono parfaite. Un cadeau! »
 

Décor de La Roulotte
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Centre d'archives de Montréal. Fonds Paul Buissonneau.
(MSS465)

148, 371, 372, 27, 373, 374, 417, 418, 375

Vouloir transformer un camion-remorque en théâtre ambulant était déjà ambitieux, ne serait-ce que pour mettre au point les mécanismes d’ouverture et de fermeture de la scène et d’intégrer un système de son et d’éclairage dans un espace des plus restreints. Mais penser métamorphoser à chaque année et avec des ressources matérielles souvent dérisoires une scène ambulante en forêt, en château fort, en vaisseau spatial ou en bateau, était encore plus audacieux. Sous la direction d’un autre que Paul Buissonneau, aurait-on réussi à relever ce défi avec autant de brio? Sa débrouillardise, ses habiletés manuelles, son entêtement et son imagination ont permis un tel accomplissement. Et tous ceux qui ont travaillé à la Roulotte l’ont suivi…

À partir des moyens du bord, en fait tous les moyens sont bons, les artisans de la Roulotte ont imaginé et bricolé des décors tirant des merveilles des objets les plus communs; un parapluie se transforme en roue de carrosse, une pile de cintres savamment entremêlés évoque une tour, le jour devient nuit par un jeu habile de stores vénitiens qu’on peint et repeint sans cesse! Encore là, l’ingéniosité ne connaît pas de limites et le moindre recoin de la Roulotte est utilisé. La scène, le dessous de la scène, les côtés et même le toit accueillent les acteurs qui y circulent agilement au moyen de glissades, de passerelles et même d’une trampoline! L’effet est généralement si bien réussi que très vite les enfants oublient qu’un simple camion est à la source de leur émerveillement.

Roland Proulx (1919-1980)

Roland Proulx révèle une âme d’artiste dès son jeune âge. Doué en musique – il apprend le violon dès l’âge de quatre ans – il s’adonne aussi très tôt au dessin et à la peinture. Toute sa vie, il oscille entre ces deux passions artistiques, mais la musique devient un passe-temps, alors qu’il perfectionne officiellement son dessin à l’École des Beaux-Arts de Montréal. Diplômé du réputé institut en 1954, il entre tout de suite au service des Parcs de la Ville de Montréal, où il consacre y toute sa carrière comme dessinateur. Profitant de l’effervescence propre aux années 1950 et  1960, il est de tous les projets d’envergure. Il conçoit les affiches publicitaires, les maquettes et les décors de théâtre ou autres, des institutions comme le Jardin botanique, le Jardin des merveilles et l’Aquarium municipal. On le retrouve aussi à Terre des Hommes où il collabore à de nombreuses réalisations dans la lancée d’Expo 67: Mon pays c’est l’hiver en 1968; Pavillon des armes en 1969; Les quatre saisons en 1971; la Biosphère en 1972 et le Pavillon de la femme l’année suivante. Il est aussi l’un des quelques artisans ayant travaillé dans l’ombre de la Roulotte, chargé à quelques reprises de la conception de ses décors entre 1959 et 1968.

À la fin de sa carrière, on le retrouve à la division artistique du service des Sports et Loisirs. Il passe alors ses étés dans la région de Charlevoix où il se consacre à sa passion de toujours, la peinture. Le 18 mai 1982, deux ans après son décès, le Conseil de ville de Montréal perpétue la mémoire de ce créateur prolifique en désignant une section du parc Sir George-Étienne Cartier –situé à Saint-Henri où il a grandit –  Place Roland-Proulx.

Source

  • Fiche du Fonds Roland Proulx (P115), Section des archives, Ville de Montréal.