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Les costumes

La Roulotte sous toutes ses coutures

Marcel Sabourin,
en entrevue au sujet de la Roulotte et parlant notamment des costumes
« Question : Que retenez-vous de la Roulotte? Réponse : L’enthousiasme de la jeunesse… et la sueur! (…) »
 

Paul Buissonneau et François Barbeau lors de la préparation de la pièce «Malbrough s'en va-t-en guerre» présentée par le théâtre de Quat'Sous au théâtre de La Poudrière.
Archives de la Ville de Montréal
(VM105,SY,SS3,D448)

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La Roulotte n’aurait pu être ce qu’elle est devenue sans la créativité et le sens de l’improvisation de ses artisans. Parce que de l’inventivité, il en faut beaucoup pour concevoir, été après été,  des costumes originaux, le plus souvent avec les moyens du bord.

La première saison de 1953 donne le ton; Buissonneau ne dispose que de vieilles serviettes trouées et récupérées des piscines municipales. Aidé de Claude Jasmin, il en tire pourtant des costumes en les peignant avec de la gouache. Les jours de pluie, celle-ci se liquéfie et se transforme rapidement en gâchis multicolore!

Heureusement, avec les années, les conditions s’améliorent. Buissonneau, fort de son expérience de rembourreur et aidé de ses précieux acolytes, confectionne des habits des plus originaux. On dessine des croquis, on choisit et on négocie les tissus au meilleur prix, budget limité oblige, On taille, on coud et, surtout, on recoud des jupes, des pantalons, des chemises et d’autres morceaux choisis, sans oublier les masques que l’on bricole au gré des besoins. Il n’y a pas de limite à la créativité, seulement deux exigences : les costumes doivent s’enfiler rapidement et être d’une résistance à toute épreuve.

En ce sens, la Roulotte offre une véritable expérience de terrain aux jeunes comédiens qui y apprennent les arts de la scène, jusque dans les moindres détails. De cette école pratique et rigoureuse sortiront bien sûr quelques talents. Au chapitre de la confection des costumes, François Barbeau est celui dont on retient inévitablement le nom.

 

François Barbeau (né en 1935)

« J’ai travaillé très fort pour lui sans être vraiment payé. Je faisais des costumes de judo, des costumes folkloriques. J’ai aussi été comédien à la Roulotte, c’est ce qui m’intéressait le plus.
Il ne m’a pas créé, mais il a su déceler mon potentiel. »

François Barbeau parlant de Buissonneau,
Paul Buissonneau ou la vigoureuse impatience, p. 232.

...de la Roulotte au Cirque du soleil

Il y a de ces artistes pour qui l’instinct est un outil de création de premier ordre. Ils ont l’érudition, la culture et la connaissance, mais c’est avec ce caractère inné qu’ils parviennent à unifier toutes leurs facultés acquises. Du patron et du costume, François Barbeau est indéniablement un des plus grands virtuoses du Québec.

En 1952, après une formation à l’École de Haute Couture Cotnoir Caponi et alors qu’il aspire, entre le théâtre amateur et sa besogne d’emballeur chez Steinberg, à une carrière de comédien, Barbeau est présenté par son ami François Tassé à Paul Buissonneau et sa Roulotte. Dès 1953, on lui confie la responsabilité des costumes. Ces années d’apprentissage, ponctuées de ses rapports tumultueux avec Buissonneau, déclenchent probablement l’instinct du grand créateur. Puis, en 1958, il entre au Théâtre du Rideau Vert comme associé de Robert Prévost. Le mariage est fructueux. De 1962 à aujourd’hui, il signe les costumes de 185 productions, soit presque toutes les pièces montées là. En ajoutant ses créations pour d’autres compagnies théâtrales québécoises, le Théâtre du Nouveau Monde, la Nouvelle Compagnie Théâtrale et la Compagnie Jean Duceppe, il signe en carrière plus de 500 productions à titre de costumier, de directeur artistique, de décorateur ou de metteur en scène.

Après avoir fondé en 1972 l’atelier de Costume BJL avec Louise Jobin et François Laplante, enseigné à l’UQAM et à l’École nationale de théâtre du Canada, il est consacré internationalement avec des créations de plus en plus prolifiques pour Le Cirque du Soleil, Les Grands Ballets Canadiens, mais également pour Broadway et la Comédie Française. De nombreux prix lui sont remis dont, en 2000, le Masque Hommage pour l’ensemble de sa carrière. Son aventure continue, pour notre plus grande délectation!

Sources