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Rendez-vous 2012

Jacques Dostie

Jacques Dostie

Associé
Ernst & Young

Biographie

Associé conseil senior chez Ernst & Young, Jacques Dostie est responsable de la relation clients pour le compte de grandes entreprises et de sociétés en croissance œuvrant tant au Canada que sur la scène internationale. Il s’assure de la prestation efficiente et de qualité des services d’audit et consultatifs en dirigeant les équipes mondiales affectées à ces sociétés.

Pour Ernst & Young International, il a participé à l’élaboration de la politique mondiale portant sur les marchés entrepreneurials en croissance et de sa mise en marché. Au printemps dernier, il a dirigé de Londres l’équipe responsable de l’élaboration de la stratégie mondiale relative aux défis soulevés à la suite des propositions sur l’audit déposées par les autorités réglementaires européennes, anglaises, chinoises et brésiliennes.

Reconnu pour sa créativité et son esprit novateur, il a participé activement au lancement d’initiatives autant pour sa firme que pour la communauté des arts.

Intervention

Pour que Montréal devienne la cité des arts à laquelle elle aspire et compte tenu des inévitables contraintes budgétaires croissantes des autorités gouvernementales, il est impératif de stimuler la contribution de la communauté des affaires dans les arts. Pour Montréal, bien au-delà de la culture, il en va de la survie de sa créativité, de sa passion, de sa morale ; il en va de son âme.

Pour assurer maintenant et dans le futur une plus grande implication du monde des affaires il est, à mon avis, essentiel de privilégier l’éducation, la découverte des arts et favoriser les échanges : échanges d’idées, échanges de réseaux, échanges de connaissances… des liens humains qui seront suivis rapidement par des échanges communs de créativité, de passion et de projets. Travaillons donc sur la cause de l’implication et non sur ses conséquences, elles suivront d’elles mêmes.

L’initiative de GO-CA est de jumeler des jeunes professionnels des affaires, futurs leaders, avec leurs équivalents du monde des arts à travers les CA de ces sociétés culturelles. Ce concept de jumelage existe déjà et plusieurs organismes y consacrent beaucoup d’efforts, et ce, avec succès. La particularité de GO-CA est son approche « parapluie »; regroupant plusieurs actions et opportunités. On peut ainsi les décrire :

  1. Dans chacune des disciplines un mentor, respecté et branché dans son milieu culturel, identifie les sociétés de la relève qui ont déjà une empreinte culturelle dans leur secteur. Ce mentor les invite à participer à l’élargissement de leur conseil d’administration avec des jeunes leaders de la communauté d’affaires ;
  2. Du secteur des affaires, soit bancaire, comptable et juridique, un mentor en autorité dans sa société identifie les jeunes leaders assoiffés de nouveaux réseaux, de nouveaux horizons ; les connaissances combinées de ces groupes de leaders apporteront une force nouvelle aux conseils d’administration de chacune des sociétés culturelles choisies ;
  3. À ce jour, trois soirées de jumelages de type « speed dating » ont été organisées pour les volets théâtre, danse et musique contemporaine et lors desquelles chaque participant arts et affaires établissait leur choix, dans un ordre prioritaire. Ainsi, près de 100 jeunes leaders du monde des affaires ont ainsi été jumelés et sont maintenant membres du conseil d’administration de près de 30 sociétés culturelles.

Le rôle du mentor est critique puisqu’il apporte aux jeunes professionnels d’affaires conseils, encouragement et surtout visibilité de leur employeur. Pour les sociétés culturelles, le mentor apporte conseil, encouragement et visibilité dans le milieu.

Permettez-moi de partager avec vous un secret : avant les soirées-rencontres de « speed dating » la perception des intervenants était au départ très inquiétante pour nous les mentors. D’un côté les professionnels des arts percevaient ces professionnels comme des cartésiens, des rationnels sans hémisphère droit du cerveau, bref des « nerds ». De l’autre côté, les professionnels des affaires percevaient ces artistes comme de grands adolescents, navigateurs indisciplinés et émotifs. Une leçon de vie s’est lors dévoilée à tous : les intervenants des arts et des affaires se voyaient aux extrémités des personnalités, la perception, l’image étaient immuables et linéaires. La réalité est tout autre. Elle est courbée. Ces soirs de jumelage ont démontré que par la courbe les extrémités se rencontrent et fusionnent, que les perceptions disparaissent.

Après 20 mois d’existence, GO-CA se révèle un énorme succès pour ceux qui y participent. Les craintes et la gêne du départ disparaissent rapidement et la connectivité de ces jeunes bourrés de talent provoque l’amalgame des efforts vers l’atteinte des objectifs, l’accomplissement des projets… la fusion des passions.

Je suis convaincu qu’une partie importante de la solution pour assurer à Montréal sa place de métropole culturelle passe par la découverte, le partage des connaissances, le coup de foudre, la fusion des esprits Arts-Affaires. Poursuivons l’aventure.

Merci au CAM, notamment à Danielle Sauvage, Louise Roy et Nathalie Chapdeleine, pour leur support et enthousiasme. Merci à Ginette Noiseux de l’Espace Go, marraine du projet et mentor théâtre, merci à Pierrette Gingras du Vivier et mentor musique contemporaine, merci à Francine Bernier de l’Agora de la danse, merci à Guy Berthiaume mentor Banque Scotia, Éric Gosselin, mentor Mc Carthy Tetrault, avocats, et merci à Ernst & Young de m’avoir appuyé aveuglément dans cette idée folle.

Félicitations au courage de ces cent jeunes leaders du monde des affaires et à leurs collègues des arts et longue vie à leurs trente sociétés culturelles!

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