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Rendez-vous 2012

Éric Fournier

Éric Fournier

Partenaire et producteur exécutif
Moment Factory

Biographie

Éric Fournier s’est joint à Moment Factory en 2007. En tant qu’associé et producteur exécutif, il a, entre autres, développé une stratégie créative solide pour la compagnie.

Avant d’arriver chez Moment Factory, Éric Fournier a été vice-président principal Nouvelles Entreprises et membre du comité exécutif du Cirque du Soleil (2002-2006) où il a supervisé le développement dans les complexes de divertissement, la musique, la télévision, le cinéma, l’événementiel et les produits dérivés. Il a aussi été vice-président, Planification stratégique, chez Bombardier (1996-2011) où il a participé activement à l’expansion de l’entreprise au poste de leader mondial en fabrication d’équipement ferroviaire. M. Fournier possède un MBA de l’Université McGill et un BAA de l’Université du Québec à Montréal. M. Fournier joue un rôle très actif dans la communauté locale, notamment en tant que membre des conseils d’administration de la Fondation Pointe-à-Callière et d’En Cœur, fondation québécoise pour les enfants malades du cœur.

Intervention

Il est beaucoup question aujourd’hui de culture, de créativité et de rayonnement international.

Chez Moment Factory, nous carburons à la créativité. C’est notre ADN, c’est l’essence même de notre business. Nous sommes en soi un hub de la culture montréalaise. Et nous exportons à l’international cette créativité made in Montréal.

Les dernières années ont été un véritable feu roulant pour nous. Madonna, le Superbowl, Las Vegas, Atlantic City, la Sagrada Famillia, Moment Factory a été aux premières loges de cette exportation du savoir-faire d’ici. Et nous sommes convaincus que nous devons une bonne partie de notre succès à notre fibre montréalaise.

À quoi est dû ce bouillonnement de la créativité à Montréal? J’en parlais récemment à un événement organisé par le CORIM :

  • On le doit entre autres aux milliers d’étudiants venus de partout à travers le monde pour nos quatre universités ;
  • À la présence d’environnements stimulants, comme les festivals et les milieux underground ;
  • Au maillage entre les créateurs et entre certaines industries de pointe, comme, par exemple, l’aérospatial et le pharmaceutique.

Afin de poursuivre sur notre lancée, et favoriser l’expansion des entreprises culturelles à l’international, plusieurs défis s’offrent à nous. J’aimerais identifier les deux principaux.

Une entreprise comme la nôtre n’a du succès que grâce aux talents qu’elle attire et qu’elle déploie dans ses projets partout sur le globe. À ce chapitre, il est intéressant de noter que 65% de nos employés proviennent de l’extérieur du Québec. C’est 2 employés sur 3! Pour continuer à briller parmi les meilleurs de la planète, il faut impérativement continuer à attirer les meilleurs créateurs d'ici et d'ailleurs.

Malheureusement, il est difficile de concilier la venue de ces créateurs étrangers avec les règles actuelles en matière d’immigration. Parfois, les délais d’approbation gouvernementaux sont tout simplement trop longs et nous privent de talents extraordinaires. Inversement, lorsque nous devons obtenir des permis de travail et des visas de séjour pour nos projets à l’étranger, nous devons recourir aux services de plusieurs avocats et mobiliser plusieurs ressources internes, parfois pour plusieurs semaines.

Cette complexité administrative ralentit clairement notre potentiel de développement des affaires à l’international. La question est donc : pourrait-on assister les entreprises culturelles comme la nôtre à faciliter l’arrivée de talents venus d’ailleurs, et aussi travailler à mettre en place des ententes spéciales (fast track) avec les pays avec qui nous faisons affaire?

J’en arrive au second défi qui s’offre à toute la communauté culturelle de Montréal. On continue de citer l’Expo 67 comme l’âge d’or de Montréal. Savez-vous que 1967 est plus près de la Seconde Guerre mondiale que de 2012? Pour les jeunes, l’Expo 67, et même les jeux olympiques de 76, c’est du folklore.

Et pourtant, pour se définir comme une métropole culturelle internationale, il faut nécessairement avoir des repères, penser à des succès qui symbolisent cette créativité montréalaise. Qu’avons-nous fait à cet égard dans les 20 dernières années ? Pas grand-chose.

Je pense que pour faire de Montréal une métropole internationale de culture, il faut se donner, dès maintenant, un projet rassembleur qui saura devenir un nouveau symbole fort.

Le deuxième défi d’importance pour notre milieu culturel est donc le suivant : profitons du 375e anniversaire de Montréal, qui aura lieu en 2017, pour donner à la métropole un nouveau projet rassembleur, audacieux, qui saura identifier et représenter cette création « made in Montréal ».

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