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Rendez-vous 2012

Roxane Sayegh

Roxane Sayegh

Directrice générale
Rencontres internationales du documentaire de Montréal

Biographie

Roxanne Sayegh dirige les Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM) depuis 2010. Née à Montréal, elle a étudié les sciences politiques à l'Université McGill. Elle a travaillé plusieurs années au Mexique avec le cinéaste Juan Carlos Rulfo pour la compagnie de distribution Tarantula Films, et comme productrice exécutive du festival de cinéma documentaire Ambulante, fondé par Gael Garcia Bernal et Diego Luna.

Intervention

J’ai pris la direction des Rencontres internationales du documentaire de Montréal, mieux connues comme les RIDM, il y a 2 ans et quelques mois. Le festival était à ce moment-là connu et respecté par la communauté documentaire et les cinéphiles, mais encore trop peu connu du grand public montréalais, et un peu trop confidentiel, à mon goût.

C’est avec plaisir, (et une certaine fierté) que je peux vous dire que les choses ont visiblement changé depuis. Les RIDM célébraient cette année leur 15e anniversaire. Le festival s’est d’ailleurs terminé il y a une semaine à peine et a obtenu un succès exceptionnel, qui a de loin dépassé nos attentes. Nous avons réussi le pari de rendre le documentaire branché, et de placer notre événement comme un incontournable sur la carte des festivals. Nos salles étaient bondées, et pas seulement de têtes blanches comme certains auraient pu le croire, mais de beaucoup de jeunes, curieux, ouverts, intelligents, et surtout près à être stimuler. Une véritable effervescence a pu se sentir durant les 12 jours du festival et Montréal a vibré au rythme du documentaire, prouvant l’attachement du public au cinéma du réel d’ici et d’ailleurs.

Les résultats sont impressionnants. Nous avons fait un énorme pas en avant : nous avons réussi cette année à doubler les entrées payantes du festival, et avons accueilli près de 40000 festivaliers, ce qui représente une augmentation de près de 33 % par rapport à l’année dernière. Est-ce la saison de hockey annulée qui nous a aidé ? Est-ce nos efforts à développer toujours plus d’activités à l’année longue qui a fidélisé plus que jamais notre public, et ouvert la porte à un nouveau ? Est-ce que ce sont les bouleversements et mouvements sociaux et étudiants qui ont réveillé un intérêt plus marqué que ces dernières années pour le documentaire ? Est-ce que parce que les médias nous ont offert une vitrine et une couverture enviable? Difficile à dire. Mais ce qui est clair c’est qu’aujourd’hui en 2012, les RIDM occupent une place importante, enviable, et qui je l’espère en inspirera d’autres.

Le documentaire est dans l’air du temps, et n’est plus considéré ni à Montréal ni à l’international comme un sous-genre, qu’on confondait avant avec le reportage. C’est simplement du cinéma, qui nous aide à comprendre notre place sur une planète en constante mutation, et à comprendre ceux qui nous entourent. Montréal l’aura compris, aura su suivre cet engouement, et s’est positionnée comme une plaque tournante pour le documentaire au Canada, qui n’a rien à envier à ses voisins de Toronto et Vancouver. À leur façon (parce que pourquoi vouloir copier des formules comme celle de Hot Docs ?) les RIDM ont pris leur place. Elles sont portées en haute estime par l’industrie et les critiques à l’étranger.

Ce sont plus de 85 invités de l’international qui sont venus cette année présenter leurs films aux RIDM, ou visionner les plus récents films produits au Canada, pour en faire la promotion à l’international, ou simplement pour explorer des pistes de collaboration pour des projets futurs. Ces invités ont eu la chance de rencontrer notre public, de connaître la ville, et ses merveilleux atouts, et sont repartis enchantés par leur expérience au festival. Ils auront apprécié que les RIDM, à l'image de Montréal, soient si accueillantes, chaleureuses, accessibles et stimulantes. Ce sont des ambassadeurs de rêve, et nos meilleurs alliés pour assurer tout naturellement le rayonnement international des RIDM et de Montréal, ce qu’ils ont commencé à faire déjà. Les RIDM sont un exemple positif d’une démarche contributive, et continueront dans un avenir proche à prouver sur la scène internationale que Montréal et le documentaire ont la côte.

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