Caractéristiques et origines
L'ozone troposphérique (O3), soit l'ozone mesuré au niveau du sol, est le principal constituant chimique de ce qu'on appelle communément le « smog » et il représente une préoccupation majeure pour la Ville de Montréal depuis plusieurs années puisque sa concentration dans l'air ambiant dépasse encore fréquemment les normes de qualité de l'air. D'ailleurs, en collaboration avec le Ministère de l'Environnement du Québec, Environnement Canada et la Direction de la Santé publique de Montréal-Centre, la Direction de l'environnement de la Ville de Montréal participe au programme Info-smog qui vise à informer la population et à prévoir les épisodes d'ozone pour la grande région de Montréal.
Contrairement aux autres polluants que nous mesurons, l'ozone n'est pas un polluant primaire, mais un polluant secondaire. En effet, l'ozone se forme par des réactions photochimiques entre les oxydes d'azote (NO x ) et les composés organiques volatils (COV); de plus, l'effet catalyseur du soleil en accélère la formation. Il est ainsi usuel de mesurer les concentrations d'ozone les plus élevées principalement l'été, lors des après-midi ensoleillés et très chauds. Sur le territoire de Montréal, la période d'avril à septembre est celle où les conditions météorologiques sont particulièrement propices à la formation de l'ozone au sol.
Quoiqu'une partie importante de l'ozone et de ses précurseurs proviennent des agglomérations industrielles du nord-est des États-Unis et du sud de l'Ontario, la région montréalaise compte quelque 135 usines qui utilisent des quantités importantes de solvants et qui doivent être considérées dans la lutte contre la formation de l'ozone. La réglementation de l'ancienne Communauté urbaine de Montréal a permis une réduction de 90% de ces émissions de solvants. Également, il ne faut pas exclure les émissions des véhicules automobiles et autres modes de transports qui sont d'importantes sources de COV et de NO x , les deux principaux précurseurs de l'ozone.
Normes
Le seuil acceptable de l'ozone troposphérique, selon le règlement 90 de l'ancienne CUM, est de 160 µg/m 3 pour la moyenne horaire, 75 µg/m 3 pour la moyenne de huit heures mobiles et de 50 µg/m 3 pour la moyenne de 24 heures mobiles
Depuis juin 2000, un standard pancanadien de 65 ppb (127 µg/m 3 ) comme moyenne sur une période de 8 heures a été fixé comme objectif pour l'année 2010. L'atteinte de cet objectif, sera déterminée par la moyenne du 4e maximum quotidien (valeur mobile de 8 heures) calculée sur trois années consécutives.
Impacts sur la santé
L'ozone peut attaquer le système respiratoire et les yeux lorsque les concentrations sont suffisamment élevées. Les personnes âgées, les enfants et les personnes présentant des problèmes respiratoires sont parmi les plus susceptibles d'être incommodés lors d'épisodes de pollution par le « smog ». Voici quelques symptômes retrouvés chez une personne exposée à une concentration élevée d'ozone : irritation oculaire, irritation du nez, assèchement de la bouche, gêne respiratoire, toux et respiration sifflante.
Impacts sur l'environnement
L'ozone affecte principalement la végétation en ralentissant la croissance générale des plantes et des arbres. Puisque l'ozone altère les mécanismes de photosynthèse et de la respiration, il est possible d'observer une diminution dans la productivité de certaines variétés d'espèces cultivées. Voici quelques types de cultures et d'arbres qui tolèrent mal l'ozone : haricot vert, tomate, pomme de terre, maïs, blé, épinette rouge, érable à sucre et bouleau blanc.