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Suggestions de lecture

Le 67e Congrès d’Anticipation   La 26e édition du Congrès Boréal

Science-fiction – Historique

Par Mariane Engrand, bibliothécaire.

Introduction

Contrairement au fantastique, qui a une dimension inexpliquée, la SF se base sur des connaissances scientifiques, des théories, des faits, des avancées scientifiques.
Ainsi, pour les personnages du récit il n'y a rien d'étrange;
à l'opposé du genre fantastique, qui lui cultive le paranormal, le bizarre, l'extraordinaire.
La SF peut extrapoler et anticiper ce qui adviendra de la science, d'où les nombreux récits du futur, voyages dans le temps et dans l'espace, la dystopie (i.e. l'antithèse de l'utopie, où tout est présenté comme le pire qui soit, l'absolutisme de la science et l'État despote qui oppresse l'individu), etc.

 


Science-fiction
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Définitions de la science fiction par :

  • Christian Grenier
    L'auteur cible 3 éléments qui caractérisent la SF.
    • Un décalage avec le réel : un ou des éléments que le lecteur ne pourra pas retrouver dans son quotidien et qui constituent un univers particulier permettant ainsi une certaine distanciation.
    • La logique et la rigueur dans l'enchaînement des faits du récit.
    • L'ambiance ou le style réaliste dans l'écriture.
  • Isaac Asimov (1920 – 1992) :
    « Aucun de ceux qui l'écrivent ne sont capables de s'entendre sur sa définition ».

  • Hugo Gernsback (1884 – 1967)
    (1er éditeur du 1er magazine de SF en 1926) :
    «  Par science fiction, j'entends (…) de charmants récits romanesques entremêlés de faits scientifiques et de visions prophétiques ».
 
Best-of science fiction
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I, Robot - Bande-annonce
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Origines européennes au XIXe siècle

Avec l'avènement de la société industrielle, les nombreuses percées technologiques, les démarches scientifiques, les progrès entraînent une nouvelle vision du monde, vers le milieu du XIXe siècle en Europe. La SF anticipe les résultats scientifiques.

Par exemple :
  • Mary Shelley (1797 - 1851) avec l'électricité pour faire vivre son fameux Frankenstein.
 
Frankenstein (1932)
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Deux grands précurseurs jettent les bases de la SF en France et en Angleterre :


Explorateurs :
au-delà de Jules Verne
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H.G. Wells
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  • Jules Verne (1828 - 1905)
    est fasciné par les conquêtes de la science et en prenant sa plume, il cherche à vulgariser et enseigner les découvertes savantes.
    À son époque, le genre SF s'appelle « roman d'anticipation ».
    D'ailleurs, plusieurs des thèmes qu'il aborde dans ses livres se concrétiseront par la suite, tel que les voyages dans l'espace.
    Il influencera nombres d'auteurs de SF avec des titres tels que Terre à la Lune (1865), 20 000 lieues sous les mers (1870), etc.

    Portail de pages web consacrées à Jules Verne

  • Herbert George Wells (1866 - 1946)
    invente à partir des théories exactes ses histoires.
    Biologiste et romancier, il a donc un pied dans les deux mondes : la science et le fiction.
    Ardent défenseur des thèses de Darwin, on lui doit des titres tels que L'île du DR Moreau (1896) et La guerre des mondes (1898).

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Début du XXe siècle

  • Les pulps américains :
    En 1896, apparaît le 1er pulp (magazine à prix modique).
    En 1920, à chaque mois, c'est près de 120 pulps qui sont édités. Leur succès est phénoménal. Par ailleurs, il faudra attendre en 1926 pour que le 1er pulp de science-fiction voit le jour.
    Ce magazine est lancé par Hugo Gernsback (1884 - 1967) et s'intitule « Amazing Stories ».
    Fait intéressant à noter, l'éditeur favorise l'interaction entre les auteurs et les liseurs, par le biais du courrier des lecteurs de la revue.
    L'éditeur sera donc à l'origine du « Fandom » (de fanatic et domaine), phénomène unique dans la littérature et qui se traduit par un dialogue
    et une grande complicité entre lecteurs et auteurs.
Amazing Stories



Science Wonder Stories
  • En 1929, Gernsback démarre une autre revue :
    « Science Wonder Stories ».
    Dans le premier numéro, apparaît pour la 1ère fois le terme « science-fiction » pour définir ce genre littéraire et cette dénomination s'imposera par la suite.
    L'édition des pulps déclinera dans les années 1940, principalement à cause de la pénurie de papier et l'avènement des livres de poches.
    Sous la houlette d'un éditeur tel que John W. Campbell (1910 - 1971), qui est très exigeant et intraitable sur la question de la plausibilité scientifique, la SF devient même de la hard science-fiction.
  • Les pulps joueront un rôle décisif pour le développement de la SF et plusieurs grands auteurs y feront leurs premières armes.
    Ainsi, dans la revue « Astounding Science Fiction », fondée en 1930 et qui dominera la SF américaine, on y retrouve de véritables scientifiques qui écrivent des histoires.
    Aujourd'hui, cette revue porte le nom de Analog Science Fiction and Fact (ASF).
Astounding Science Fiction

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L’âge d’or de la science-fiction – 1940 à 1960

(les dates diffèrent selon les sources)

Le Jour ou la terre s'arrêta (1951)
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Fahrenheit 451 (1953)
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  • 1ère convention mondiale de SF en 1939, organisée par les fans à New York.
    Les auteurs y sont célébrés tout autant que critiqués. À partir de 1953, ils y seront primés.

  • La bombe atomique change la SF « classique » :
    on mesure l’ampleur dramatique des explosions d’Hiroshima et de Nagasaki.
    Dans les années 50, les histoires sont sombres, catastrophiques, les horreurs, les guerres, les mutations, la paranoïa, l’hystérie prennent d’assaut les récits.

  • En France, dans les années 50, naissent les premières collections de science-fiction et les premières revues spécialisées.
    En 1951, Gallimard et Hachette lancent Le Rayon fantastique, Fleuve Noir et la collection Anticipation.
    En 1954, Denoël créé Présence du futur et les éditions Métal Série 2000.
    Les périodiques Galaxie et Fiction, lancées en 1953, prennent comme modèle les revues américaines.

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Des Géants :

  • Arthur C. Clarke(1917 - 2008)
    Diplômé de physique et des mathématiques, Arthur Charles sert dans les Forces aériennes royales durant la seconde Guerre Mondiale, à titre de spécialiste des radars.
    Ses premiers romans, parus dans les années cinquante sont extrêmement bien documentés scientifiquement. Par ailleurs, il obtient la notoriété avec l’édition de 2001, Odyssée de l’espace.
    Cet auteur est l’un des plus populaires, sans doute grâce à son sens du récit et de la vulgarisation scientifique.
 

2001, l'Odyssée de l'espace
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  • Alfred Van Vogt(1912 – 2000) :
    né à Winnipeg, il est considéré comme l’un des chefs de file de la science-fiction.
    Ces histoires, très touffues, ont la particularité d’explorer des chemins inusités de la science, tel que l’immortalité et la pensée philosophique tient une place importante dans son œuvre. Nous lui devons des titres comme : La Faune de l’espace, À la poursuite des Slans et Le Monde des Ā. La traduction française de ce dernier titre a été effectuée par Boris Vian et a grandement contribué à lancer la SF en France.

  • Isaac Asimov (1920 – 1992) :
    né en Russie il est naturalisé américain en 1928 et grandi à Brooklyn. Il obtient son doctorat de chimie en 1948 et obtient un poste d’enseignant à l'Université de Boston.
    Après une dizaine d’année, il quitte cette fonction pour se consacrer uniquement à l’écriture. Il publiera ses 1ères nouvelles avec John Campbell. Dès le début de sa carrière il s’intéresse à deux thèmes qui le suivront tout au long de sa vie, soient Les robots et Fondation (gigantesque empire galactique). Asimov a produit plus de 400 livres !

  • Robert Heinlein(1907 – 1988)
    Après une courte carrière militaire et des études de physique et de mathématiques, il écrit sa première nouvelle en 1939 Ligne de vie, qui séduira John Campbell.
    Lors de la 2e Guerre Mondiale, Heinlein cesse toutes activités littéraires. Puis, avec lui, naît l’âge d’or de la science-fiction. Il serait le 1er à vivre exclusivement en écrivant.
    Son œuvre Histoire du futur, s’étend de 1950 à 2600. Il remporte 4 fois le prix Hugo du meilleur roman (le plus important prix littéraire pour la SF).
    Il écrit également des livres pour la jeunesse.

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La mutation : les années 1960-70

A.I. Intelligence artificielle
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Blade Runner
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Dune
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Johnny Mnemonic
2 scènes prophétiques
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  • Durant cette période, le monde occidental se remet en question, le progrès a montré sa fragilité et on perçoit les limites des ressources naturelles. Métaphores psychotiques des grandes terreurs du cette époque, la SF tend vers un futur déshumanisé, carcéral, surinformatisé, pessimiste. Mordants et provocateurs, les romans de SF dénoncent donc les enjeux du monde moderne : les menaces de guerre, les saccages environnementaux, la violence, etc.
    Un spécialiste français de la SF, Stan Barets, décrit cette époque : « La New Wave se caractérise par une désaffection des sciences dures » au profit d’un intérêt pour le futur proche et la contre-culture qui remettait en cause certains tabous sociaux ou intellectuels.
    La New wave se cristallise autour de la revue britannique New Worlds et les auteurs J.G. (James Graham) Ballard, Brian Aldiss et Michael Moorcock.
    La communauté d’écrivains de SF qui y participent cherchent à abattre les cloisonnements de la SF, sont ouverts à toutes les expériences et les fictions non spécialisées, élaborent des créations collectives.

  • Même si les magazines attirent toujours de nouveaux auteurs, l’arrivée des paperbacks est un phénomène majeur dans le domaine de l’édition et entraîne plusieurs auteurs dans son sillon ainsi que des collections de livres de poche.

  • Les figures emblématiques de la SF de cette période sont : Philip K Dick, Robert Silverberg, Frank Herbert et Ursula K. Le Guin aux États-Unis; Jean-Pierre Andrevon en France.

  • Par le biais du cinéma, la SF prend de l’ampleur dans la culture américaine.

  • Au Québec

  • Bien que quelques textes et récits posent les bases de la SF au Québec, c’est dans les années 60 qu’elle prend un véritable essor. Avec des œuvres telles que Si la bombe m’était contée d’Yves Thériault en 1962 et son personnage d’agent secret Volpek, créé pour les jeunes, qui tend vers la SF.
    Suzanne Martel recevra à trois reprises le prix ACELF (Association Canadienne d’Éducation de Langue Française) avec des livres jeunesses qui portent les caractéristiques de la SF.

  • En 1974 est lancé le fanzine Requiem qui deviendra Solaris en 1979. La même année est lancée la revue Imagine, qui est dédiée à la SF.
    Malheureusement l’aventure de ce périodique prendra fin en 1997.

  • La SF aujourd’hui

  • Dans les années 1980, apparaît un nouveau genre de SF : le cyberpunk. Les jeunes auteurs ont généralement une bonne culture scientifique, sont fascinés par les nouvelles technologies, les paysages urbains, ils assimilent les techniques narratives du roman noir et donnent une place prépondérante aux évolutions technologiques dans leurs histoires.
    Par exemple, l’intelligence artificielle, les nanotechnologies, l’informatique, etc. Des auteurs qui représentent bien ce courrant sont Bruce Sterling et William Gibson. Ce dernier jette les bases de ce nouveau genre avec la nouvelle, parue en 1982 dans la revue Omni, qui s’intitule Johnny Mnemonic reprit dans son roman Neuromancien, en 1984.

  • Aujourd’hui, la SF a gagné ses lettres de noblesse et est enseignée dans les universités. Ce genre littéraire est très hétérogène, vu les nombreux auteurs, leur cursus, les thèmes abordés, etc.
    Elle est partout : au cinéma, à la télévision, dans la publicité, etc.

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Quelques auteurs majeurs

D'aujourd'hui :

 

Du Québec :

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Bibliographie pour ce dossier :

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