14. Spécial 10e anniversaire
Le Centre d’histoire de Montréal a fêté son
10e anniversaire en 1993
Le 18 novembre 1983, le « Centre d'interprétation de l'histoire de
Montréal » était inauguré dans l'ancienne caserne de pompiers de la place
D'Youville. Il était géré par la Société
d'archéologie et de numismatique de Montréal, alors responsable du Château
Ramezay. Le Centre devenait le premier du genre au Canada à raconter toute
l'histoire d'une ville. Un spectacle « son et lumière » synchronisé
par ordinateur accompagnait des groupes de visiteurs dans des salles aux décors
stylisés. Une exposition temporaire sur les fouilles archéologiques en cours sur
la place D'Youville terminait la visite. Le maire de l'époque, Jean
Drapeau, fut parmi les premiers à découvrir cette nouvelle façon de raconter
l'histoire.
Ce projet innovateur était le fruit d'une entente signée en 1979 par le
ministère des Affaires culturelles et la Ville de Montréal. L'entente avait pour
but de sauvegarder le patrimoine montréalais, en particulier celui du
Vieux-Montréal. Il ne s'agissait plus seulement de préserver quelques bâtiments
exceptionnels mais de rendre à nouveau la vieille ville attrayante pour les
résidants, les gens d'affaires, les commerçants et les touristes.
Le Vieux-Montréal a longtemps été le centre-ville de la fière métropole du
Canada. Chaque génération y a affirmé sa modernité en détruisant allègrement les
legs de ses prédécesseurs au nom du profit, du progrès et du confort. On a rasé
les fortifications et la colline de la Citadelle, démoli des églises, fait
passer des rues dans des couvents bicentenaires, remplacé des marchés et des
places publiques par des stationnements, détruit des faubourgs entiers, bloqué
l'accès direct au fleuve par des installations portuaires imposantes. Pendant
cent ans, seuls les efforts individuels de Montréalais et Montréalaises ont
permis de sauver in extremis des monuments comme le Château Ramezay, la chapelle
Bonsecours, l'hôtel Rasco et combien d'autres. Au cours des années 1950, la
situation s'est encore plus dégradée. Le Vieux-Montréal est alors délaissé pour
le nouveau centre-ville et ses gratte-ciel étincelants.
En 1962, par la création de la commission Jacques-Viger, la Ville de Montréal
commence à s'intéresser plus sérieusement au sort de la vieille ville. À la
veille de l'Exposition
universelle de 1967, quelques travaux publics et privés d'embellissement et
de restauration redonnent vie à certains bâtiments comme les Écuries d'Youville
et au secteur de la place Jacques-Cartier. Mais c'est l'entente MAC-Ville qui,
en 1979, concrétise la volonté de faire revivre les quartiers anciens en y
investissant les fonds nécessaires. Un organisme paramunicipal, la Société
immobilière du patrimoine architectural de Montréal (SIMPA), est créé deux ans
plus tard pour voir au recyclage et à la restauration des immeubles
patrimoniaux. Le Centre
d'histoire de Montréal hérite quant à lui de la mission de faire connaître
la ville à ses habitants et visiteurs.
Intégré au réseau des Maisons de la culture de la
Ville de Montréal en 1986, le Centre d'histoire a fermé temporairement ses
portes en 1989, le temps de connaître une importante métamorphose. Depuis sa
réouverture en 1991, il offre aux visiteurs « Toute une histoire en un clin
d'oeil » au moyen de décors en trompe-l'oeil, d'effets sonores et de
documents audio-visuels, de maquettes, de modules interactifs, de jeux
informatiques et d'une collection d'objets anciens. De plus, des visites avec
guides-interprètes et des programmes
scolaires sont proposés à ses diverses clientèles. Des expositions
temporaires sont présentées périodiquement.
À la fois divertissant et instructif, le Centre d'histoire de
Montréal occupe une place essentielle, à côté de groupes voués à la mise en
valeur du patrimoine, comme Héritage Montréal et l'Autre Montréal, et
d'organismes paramunicipaux, comme la SIMPA. À l'issue de leur voyage dans le
temps, ses visiteurs retrouvent le goût de redécouvrir Montréal. Ils posent un
regard neuf sur leur ville, ses bâtiments, ses institutions, ses habitants. Ne
protège-t-on pas mieux ce que l'on a su aimer?
 Rénovation de l'édifice en 1979. Centre d'histoire de
Montréal. |
Lire Montréal
HALLÉ, Jacqueline et Marie-Hélène PROVENÇAL. La naissance d'une ville. Du
fort Ville-Marie à Montréal. Ministère des Affaires culturelles/Ville de
Montréal, 1992. (Collection «Mémoires pour l'an 2000. Montréal, son histoire et
son patrimoine».
LEDUC, Maryse et Denys MARCHAND. Les maisons de Montréal. Ministère
des Affaires culturelles/Ville de Montréal, 1992. (Collection «Mémoires pour
l'an 2000. Montréal, son histoire et son patrimoine».
Patrimoine en marche. 4 feuillets. Héritage Montréal, 1992.
COURCY-LEGROS, Louiselle. La maison des pompes. Les casernes de pompiers
de Montréal -Traditions et innovation. Montréal, Ville de Montréal / SIMPA
/ CIDEM-Communications, 1985.
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Mention obligatoire: Centre d'histoire de Montréal