6. Le canal de Lachine
 Bateau à vapeur « Sovereign » descendant les
rapides de Lachine, date inconnue. Collection
privée. |
1670 : François de Salignac Fénelon propose le creusement d'un canal
entre Montréal et Lachine. 1680 : François Dollier de Casson, supérieur des
Sulpiciens,
affirme que ce canal permettrait d'approvisionner en eau les moulins de
Montréal, tout en facilitant la navigation
vers les pays d'en haut. Comme on le voit, ce n'est pas d'hier que l'on rêve de
construire un canal contournant les redoutables rapides de Lachine.
 Élargissement du canal de Lachine. Gravure tirée du
Canadian Illustrated News, octobre
1876. |
Mais il faut attendre le début du 19e siècle pour que ce rêve
devienne réalité. Au moment où le commerce du blé et du bois supplante celui de
la fourrure, le canal de Lachine ne représente plus un luxe coûteux, mais une
nécessité impérieuse pour les marchands britanniques de Montréal dont l'ambition
est de faire de leur ville la principale porte d'entrée vers l'intérieur du
continent. C'est le 17 juillet 1821 que John Richardson, marchand bien connu et
fondateur de la Banque de Montréal, donne le signal du début des travaux de
creusement qui seront finalement complétés en 1825. Construit pour permettre le
passage de petits voiliers à fond plat, le canal doit être élargi à deux
reprises (entre 1843 et 1848 et entre 1870 et 1885) pour répondre à l'apparition
des navires à vapeur et à l'augmentation croissante de leur taille: cing grandes
écluses jalonnent dorénavant les 14 km qui séparent le port de Montréal du lac
Saint-Louis.
 Élargissement du canal de Lachine. Gravure tirée du
Canadian Illustrated News, octobre
1876. |
En 1851, le canal de Lachine devient le premier maillon d'une chaîne de
canaux reliant l'océan Atlantique et les Grand Lacs, l'ancêtre de la Voie
Maritime d'aujourd'hui. C'est d'ailleurs à cette époque qu'apparaissent sur ses
berges les premières industries, attirées par le potentiel hydraulique du canal.
La présence de cette énergie abondante et bon marché, jumelée aux facilités de
transport exceptionnelles que procurait le canal, explique que le sud-ouest de
Montréal ait représenté pendant près d'un siècle (1847-1945) la plus importante
concentration d'établissements industriels au Canada.
 Écluse du canal de Lachine, années 1920. Collection
privée. |
À la veille de la grande crise économique, près de 15 000 navires empruntent
annuellement le canal de Lachine. Trente ans plus tard à peine, il se voit
pourtant surclassé par la Voie Maritime du Saint-Laurent qui ouvre ses portes
sur la rive sud du fleuve en 1959. Victime de son propre succès, il avait tant
contribué au développement urbain qu'il était devenu physiquement impossible de
l'élargir à une troisième reprise. Mis sur une voie de garage, partiellement
comblé en 1965, le canal de Lachine ferme ses portes à la navigation le 4
novembre 1970.
Saviez-vous que...
Des ponts qui avaient la bougeotte!
 Un des ponts pivotant du canal. Centre d'histoire de
Montréal. |
Un canal, construit pour faciliter la navigation, représente par contre un
obstacle de taille pour le transport terrestre. On a donc érigé de nombreux
ponts tout au long de l'histoire du canal de Lachine; ils pouvaient être fixes
(on devait alors démâter les voiliers), tournants ou basculants, et faits de
pierre, de bois ou de métal... Le plus spectaculaire d'entre eux était sans
contredit le pont CN-Wellington dont le tablier s'élevait à une hauteur de dix
étages pour laisser la voie libre aux navires.
Lire Montréal
BOILY, Raymond. Les Irlandais et le canal de Lachine. La grève de
1843. Montréal, Leméac, 1980.
HEISLER, John P. « Les canaux du Canada », Cahiers
d'archéologie et d'histoire, n° 8 (1980).
LASSERRE, Jean-Claude. Le Saint-Laurent, grande porte de l'Amérique.
Montréal, Hurtubise HMH, l980.
MOUSSETTE, Normand. En ces lieux que l'on nomma Lachine... Lachine,
Cité de Lachine, 1978.
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Le Centre d'histoire de Montréal remercie Parcs Canada, Canal de Lachine
pour la rédaction de ce numéro du Montréal Clic.