11. Un toast à l'histoire!
 Publicité pour la bière Black Horse parue dans Le Samedi, 20 décembre 1941. Centre d'histoire de Montréal.
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L'alcool, objet de commerce
L'industrie de l'alcool constitue dès la fondation de Montréal, en 1642, une activité économique des plus importantes.
L'import-export des boissons alcooliques représente une énorme source de revenus dans la région. Malgré certaines tentatives, la production de bière, de cidre, de vin ou de spiritueux en sol montréalais demeure marginale pendant plus de cent ans et ne constitue pas une concurrence sérieuse pour le commerce d'importation.
Avec l'arrivée de John Molson, on peut parler de véritable industrie chez-nous. Installée au Pied-du-Courant (rue Notre-Dame Est) depuis 1786, sa brasserie poursuit encore aujourd'hui ses activités sur le même emplacement.
L'implantation de brasseries et plus tard de distilleries, conjuguée aux nombreux cabarets, auberges, hôtels et tavernes, génère plusieurs emplois et marque le paysage urbain de la région. C'est autour du marché de la place Royale que les cabarets et auberges s'installent d'abord. On peut aller y boire, mais aussi acheter des boissons au détail. Au 19e siècle, ils se déplacent graduellement en périphérie du Vieux-Montréal.
Au nom de la loi!
Au point de vue social, un tel commerce suscite bien des débats. Les autorités tentent de contrôler le commerce, la fréquentation des débits de boissons, les heures d'ouverture et les jeux de hasard. Le 20e siècle s'amorce avec peu de changements dans les lois.
 Intérieur d'une taverne rue Wellington, vers 1915. Centre d'histoire de Montréal.
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En 1919, la prohibition totale des boissons alcooliques est de rigueur dans toutes les provinces du Canada, à l'exception du Québec où l'on permet le commerce du vin, de la bière et du cidre seulement
Dès 1920, le premier ministre Taschereau parle d'un projet de loi favorisant la consommation de boissons à faible teneur en alcool, au détriment des spiritueux: «Il faut donner à notre peuple des bières et des vins qui soient potables et d'un titre suffisant pour assurer leur conservation et pour satisfaire les consommateurs, au lieu de les inviter à rechercher quelque chose de plus en plus fort.»
Le gouvernement du Québec choisit une solution originale : la tempérance plutôt que l'abstinence, contrairement au reste de l'Amérique du Nord.
L'entrée en vigueur de la Loi sur les boissons alcooliques créant la Commission des liqueurs de Québec le 1er mai 1921 abolit la prohibition, tout en maintenant plusieurs restrictions quant aux spiritueux.
Aujourd'hui, la Société des alcools du Québec constitue la plaque tournante du commerce des vins et spiritueux. Quant à la bière canadienne, notre longue tradition de brassage est maintenant reconnue aux quatre coins du monde.
Saviez-vous que...
Le référendum oublié
Le 29 septembre 1898, le Canada tient un référendum sur la prohibition au Canada. Le rôle du Québec sera déterminant dans les résultats. En effet, la province vote en majorité contre la prohibition. Les autres provinces et les Territoires du Nord-Ouest se prononcent en faveur de la prohibition, remportant la victoire avec une faible majorité.
Pourtant, le premier ministre Wilfrid Laurier choisit de ne pas tenir compte des résultats du référendum, évoquant la faible participation de la population au vote, soit 44 % des électeurs inscrits.
On dit que la véritable raison tient surtout compte de ses intérêts électoraux... le Québec étant le bastion de son pouvoir politique. De plus, la prohibition serait néfaste pour l'économie du pays.
Lire Montréal
Cap-aux-diamants, n° 28 (hiver 1992).
PRÉVOST, Robert et al. L'histoire de l'alcool au Québec. Montréal, Éditions internationales Alain Stanké, 1986.
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Mention obligatoire: Centre d'histoire de Montréal