19. Suivez le guide! L'histoire du tourisme à Montréal
Tourisme
Dans le cadre des activités marquant le 75e anniversaire de l'Office des Congrès et du Tourisme du Grand Montréal, le Centre d'histoire de Montréal a présenté, du 21 septembre 1994 au 16 avril 1995, une exposition sur l'histoire du tourisme à Montréal.
 L'hôtel Mont-Royal, années 15-20. Bibliothèque Nationale du Québec |
Comme partout ailleurs dans le monde, l'industrie touristique montréalaise prit son envol à l'aube du 19e siècle grâce au développement des moyens de transport.
En l'espace de quelques décennies, les modes de transport se perfectionnèrent rapidement. À partir du milieu du 19e siècle, les voies de chemins de fer s'étendirent à une vitesse fulgurante tandis que la navigation à vapeur prit un essor considérable. Au fur et à mesure que les déplacements s'amélioraient, en termes de rapidité et de confort, un nombre grandissant de riches Américains, Canadiens, Anglais et Français s'empressaient à découvrir Montréal.
 Le funiculaire du parc du Mont-Royal, début du siècle. Collection privée. |
C'est à la même époque que l'industrie hôtelière montréalaise se développa réellement. La ville assista alors à la naissance d'un grand nombre d'hôtels de luxe dont les plus prestigieux furent les hôtels Rasco, St. Lawrence Hall, Donegana, Windsor, Queen's, Ritz-Carlton et Mont-Royal.
Une multitude d'activités attendaient les visiteurs à leur arrivée. Au 19 e siècle, descendre les rapides de Lachine en bateau à vapeur constituait une aventure exaltante pour les touristes. Les bateaux étaient pilotés par des Amérindiens, la croyance populaire voulant qu'ils soient les seuls à pouvoir franchir cette périlleuse aventure sans danger. Les touristes étaient fascinés par les peuples autochtones et plusieurs Français visitèrent le village de Caughnawaga. Tous furent cependant très déçus de ne pas voir de wigwam et de ne pas se faire offrir le calumet de la paix!
Une promenade dans le parc du Mont-Royal offrait également des souvenirs inoubliables aux visiteurs. Le parc fut très populaire pour la pratique des sports d'hiver, tels le toboggan, le ski et la raquette, surtout auprès de la clientèle américaine.
L'organisation d'événements d'envergure, aux 19e et 20e siècles, permit aussi à Montréal d'accueillir des milliers de touristes. Pensons aux carnavals d'hiver (1883-1889), qui attira annuellement plus de 50 000 Américains, aux expositions industrielles et commerciales (1850-1896), au Congrès Eucharistique de 1910 et bien entendu, à l'Expo 67 qui modifia considérablement le paysage urbain de Montréal ainsi que son image.
 Publicité pour les croisières de la Canada Steamship Lines, de Niagara jusqu'à l'Atlantique, années 30. Collection privée. |
Ce n'est qu'au début du 20e siècle qu'un organisme fut créé afin de promouvoir les attraits touristiques de Montréal. En effet, le 8 octobre 1919, à la requête de l'Automobile Club of Canada (ancêtre de CAA), un groupe de marchands se réunit afin de discuter de l'ouverture d'un bureau de tourisme. C'est alors que naquit le Tourists' Bureau of Montreal, mieux connu aujourd'hui sous le nom de l'Office des Congrès et du Tourisme du Grand Montréal (OCTGM). Cet organisme de promotion touristique fait partie aujourd'hui des cinq plus anciens offices de congrès et de tourisme en Amérique du Nord.
Saviez-vous que...
Incroyable, mais vrai!
Au 19e siècle, les expositions de curiosités humaines et animales réjouirent de nombreux touristes. Dans les hôtels, auberges et cafés de la ville, on s'extasiait devant les jumeaux siamois Chang et Eng, une famille d'albinos de Madagascar, une femme à deux têtes, des animaux difformes, etc. Au Museo Italiano, ouvert en 1824 dans une auberge de la place Royale, une collection permanente de spécimens rares et insolites avait été constituée afin d'accroître la clientèle. Malheureusement, suite au décès du propriétaire en 1826, le musée ferma ses portes.
Le Vieux-Montréal
 Le St. Lawrence Hall. Archives Notman, Musée McCord d'histoire canadienne. |
Tous les voyageurs du 19e siècle qui visitèrent Montréal vantèrent les beautés de la ville dans leurs récits de voyages. Les lieux qu'ils fréquentaient à l'époque correspondent aujourd'hui à ce que l'on nomme le Vieux-Montréal. Pendant longtemps la ville s'est épanouie à l'intérieur des limites des rues McGill, Saint-Antoine, Berri et de la Commune. Ce n'est qu'au début du 20e siècle, au moment où Montréal se développa réellement et prit de l'expansion, qu'on désigna ce quartier comme étant le secteur historique de la ville. Il obtint du gouvernement québécois le statut d'arrondissement historique en 1964.
Un grand nombre de monuments et de bâtiments suscitèrent plusieurs commentaires de la part des visiteurs. Hier, comme aujourd'hui, on s'imprégnait de l'animation du port ou du marché sur la place Jacques-Cartier, on appréciait l'architecture du Palais de justice, de la Bourse, de l'hôtel de ville et des banques, on se promenait sur le Champ-de-Mars, la place d'Armes, etc. La visite de l'église Notre-Dame constituait également une activité très appréciée des touristes. Jusqu'au tout début du 20e siècle, ces derniers eurent accès à l'une des tours de l'édifice religieux offrant une vue imprenable sur la ville.
 Terrasse d'observation de l'église Notre-Dame, 1907. Bibliothèque Nationale du Québec, fonds Massicotte. |
Les vieux quartiers constituent pour les touristes un attrait indéniable rempli de charme. C'est pour eux l'occasion de mieux comprendre leurs hôtes, leur histoire et leur culture. Partir à la découverte du Vieux-Montréal, c'est en connaître davantage sur les origines de la ville et de ses habitants.
Lire Montréal
BRIÈRE, Roger. «Les grands traits de l'évolution du tourisme au Québec». Bulletin de l'Association des géographes de l'Amérique Française, n° 11 (septembre 1967).
GARCEAU, Henri-Paul. Chronique de l'hospitalité hôtelière du Québec de 1880 à 1940. Les pionniers. Les Publications du Québec/Édition du Méridien, 1990.
LUSIGNAN, Marie-Janou. «Le musée comme élément du voyage: aperçu historique». Téoros, vol. 11, n° 2 (juillet 1992).
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Mention obligatoire: Centre d'histoire de Montréal