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30. Les Olympiques de Montréal... 20 ans déjà!

Montréal 76 Affiche des Jeux olympiques. Ville de Montréal. Gestion de documents et des archives.

Lorsque le Comité International Olympique annonce le 12 mai 1970 que Montréal sera l'hôte des Jeux de la XXI e Olympiade, le maire Jean Drapeau est fier d'avoir réussi là où son prédécesseur Camilien Houde avait échoué en 1932 et 1956. Gagnante devant Moscou et Los Angeles, Montréal devient la première ville canadienne à accueillir les Jeux, la deuxième en Amérique du nord. Dix ans après l'Expo 67, la métropole allait avoir une fois de plus l'occasion de recevoir le monde entier, du 17 juillet au 1 er août 1976.

Comme c'est généralement le cas lors de manifestations internationales de cette envergure, les Jeux de Montréal n'échappent pas aux incidents politiques. Le premier à survenir est celui de Taïwan. Cette délégation décide de se retirer des Jeux, face au refus du gouvernement canadien de la reconnaître comme étant la délégation officielle de la Chine, au profit de la Chine Rouge de Mao. Survient ensuite le boycottage de 29 pays africains, qui protestent contre la présence d'une équipe de la Nouvelle-Zélande, ayant des liens avec l'Afrique du Sud. Finalement, 92 pays seulement se disputent les honneurs des compétitions lors des Jeux de Montréal, sous le regard attentif de près de 3,5 millions de spectateurs.

Écusson Écusson souvenir des Jeux olympiques. Centre d'histoire de Montréal

Le 17 juillet les cérémonies d'ouverture attirent 73 000 personnes au stade olympique afin d'assister au défilé des athlètes. Sur un concept musical tiré de l'oeuvre du compositeur québécois André Mathieu, avec des arrangements de Victor Vogel et de Art Philipps, les délégations se succèdent, avec à leur tête celle de la Grèce comme le veut la tradition. Lors de l'échange du drapeau olympique, une foule envahie par l'esprit olympique ovationne le maire Drapeau. Par la suite, c'est au tour de la Reine Élisabeth d'Angleterre de proclamer l'ouverture officielle des Jeux, en compagnie du Duc d'Edimbourg et du président du CIO, lord Killanin.

Pour la première fois dans l'histoire des Jeux, deux jeunes coureurs portent la flamme olympique. Il s'agit du Montréalais Stéphane Préfontaine et de la Torontoise Sandra Henderson, qui représentent les deux peuples fondateurs du pays. Les organisateurs des Jeux de Montréal ont ainsi relégué aux oubliettes la tradition qui voulait qu'un ancien champion olympique soit l'unique porteur de la flamme.

Drapeau Le maire Jean Drapeau reçevant le drapeau olympique lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux. Ville de Montréal. Gestion de documents et des archives.

C'est dans pas moins de 27 lieux qu'ont été disputées 21 disciplines olympiques. Outre les performances très remarquées de Nadia Comaneci, de Nelli Kim et de Vasili Alexeev, les Jeux de Montréal ont vu naître la dynastie des nageuses de la République Démocratique d'Allemagne, qui ont imposé partout leur supériorité. L'incident le plus regrettable des Jeux est sans conteste la disqualification du champion soviétique en escrime Boris Onischenko, jugé coupable d'avoir truqué son épée... Le Canada a terminé les Jeux au 10 e rang du classement par pays, avec une fiche totalisant 11 médailles. Il devient ainsi le premier pays hôte à se révéler incapable de glaner l'or une seule fois. En tête de tous les pays, se retrouve l'équipe soviétique, avec 47 médailles d'or, 43 d'argent et 35 de bronze.

Les cérémonies de clôture, toujours sous la musique d'André Mathieu, ont donné lieu à un spectacle haut en couleurs. Quelques 500 danseuses formèrent les cinq anneaux olympiques, à l'intérieur desquels des milliers d'Amérindiens dressèrent autant de wigwams. Le maire Drapeau profita, une fois de plus, d'une ovation monstre, avant même que le président du CIO eut terminé son discours. Bien que les Montréalais gardèrent un souvenir inoubliable des Jeux, la lune de miel avec le maire Drapeau allait s'avérer de courte durée, au moment d'assumer la dette olympique.

Saviez-vous que...

Une compétition royale

Hôtesse olympique Costume des hôtesses des Jeux olympiques de Montréal. Ville de Montréal. Gestion de documents et des archives.

Parmi les athlètes inscrits dans les sports équestres qui se déroulent à Bromont, figure la princesse Anne, premier membre de la famille royale britannique à participer à une compétition olympique. Le parcours de Bromont est considéré comme un des plus difficiles. Même la reine Élisabeth, pourtant excellente écuyère, est impressionnée. Au 19 e obstacle, la princesse Anne chute lorsque son cheval Goodwill rate un virage. La princesse est violemment secouée, mais n'a heureusement subi qu'une blessure à la joue et au bras droit. Afin de permettre à la famille royale britannique d'assister à la compétition, une voie complète de l'autoroute qui mène de Montréal à Bromont est réservée au célèbre cortège, créant ainsi un embouteillage mémorable.

Le Parc olympique

C'est le 6 avril 1972, que la Ville de Montréal dévoile les plans et esquisses des installations prévues pour 1976. Les travaux d'excavation débutent un an plus tard. L'architecte français Roger Taillibert en est le maître-d'oeuvre. Dans les mois qui suivirent la mise en chantier, les arrêts de travail, les grèves et le sabotage ont fait craindre le pire. Un peu partout, la rumeur laissait entendre que Montréal ne serait jamais prête pour les Jeux. Si tel ne fut pas le cas, divers groupes tirèrent profit de la situation en profitant de l'échéancier critique pour faire du marchandage ayant pour effet de faire augmenter les coûts de construction de façon astronomique.

Stade Construction du Stade olympique. Ville de Montréal. Gestion de documents et des archives.

Le Parc olympique, situé dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, couvre plus de 55 hectares de terrain, longeant la rue Sherbrooke, entre les rues Pie IX et Viau. Il comprend le Stade, dont la tour inclinée est la plus haute au monde, la piscine et le Vélodrome. Tout près, le village des athlètes, inspiré des pyramides d'Égypte, a été l'hôte de plus de 9 500 athlètes, accompagnateurs ou délégués.

Le Stade a reçu toutes les épreuves d'athlétisme ainsi que les demi-finales et la finale de football et le Grand Prix équestre de sauts d'obstacle. Les compétitions aquatiques se sont déroulées à la piscine aménagée sous le grand mât. Le cyclisme ainsi que les épreuves de judo ont eu lieu au Vélodrome. Un gymnase, des saunas, des salles de repos et de massage, un centre médical, un centre de réception, une cafétéria et des installations de contrôle électronique complètent le Parc olympique.

Stade Le Stade olympique sans son mât en 1982. Ville de Montréal. Gestion de documents et des archives.

Plusieurs autres sites montréalais ont été spécialement construits pour l'occasion ou encore réaménagés : le bassin d'aviron, taillé à même le site de l'Expo 67, et le centre Étienne-Desmarteaux font partie de la première catégorie. Viennent ensuite le centre Paul-Sauvé, le centre Claude-Robillard, l'aréna Maurice-Richard, l'aréna Saint-Michel, le Forum, le stade Molson de l'Université McGill et l'Université de Montréal. Certaines compétitions ont eu lieu en dehors des limites de Montréal, soit à l'Université Laval à Québec, au Palais des sports à Sherbrooke, aux sites de tir à l'Acadie et à Joliette sans oublier les pistes équestres de Bromont dans les Cantons de l'Est, et même du Québec, soit les villes de Toronto et de Kingston.

Mais ce qui symbolise les Jeux olympiques de 1976 est sans contredit le Stade olympique. Cependant, le milliard de dollars investi à l'époque, sans compter les coûts supplémentaires pour le parachèvement du mât et du fameux toit, a fait couler beaucoup d'encre et suscite encore aujourd'hui la controverse. Il n'en demeure pas moins que le Stade constitue une oeuvre d'art architecturale unique en son genre. Alors que les concepteurs de stades misent habituellement sur la compétence technique des ingénieurs, le maire Drapeau a d'abord fait appel à un architecte célèbre, Roger Taillibert. Luc Noppen écrit de Taillibert que « son propos était d'utiliser la matière (le béton) pour ériger un ensemble dont la forme dynamique évoque la tension, l'effort, mais aussi l'équilibre et l'harmonie, le tout pour traduire dans l'espace la thématique olympique.»

Aujourd'hui, le Stade olympique est considéré comme l'une des principales attractions touristiques de Montréal. Le sport y est encore à l'honneur avec la présentation de matchs de baseball et de football. De nombreux spectacles et Salons y sont aussi présentés. Quant au Vélodrome, il a été transformé pour recevoir le Biodôme et des appartements ont été aménagés dans l'ancien village olympique.

Lire Montréal

NOPPEN, Luc. «Le Stade olympique». Continuité, no 53 (Printemps 1992), pp. 31-34.

SPALLEK, Edgar. Montréal - Innsbruck. L'ouvrage illustré sur les Jeux olympiques de 1976. Montréal, Publication officielle de l'Association olympique canadienne/Prosport Canada publication ltd, 1976.


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