Marie Gérin-Lajoie
Au tournant du XXe siècle, Montréal connaît, comme la plupart des villes industrielles d'Amérique du Nord, une ère de prospérité. Malgré tout, la situation n'a pas les mêmes répercussions pour l'ensemble de la population. L'expansion économique, démographique et territoriale crée donc un véritable clivage social. La grande bourgeoisie anglophone, ainsi que la petite bourgeoisie francophone, profitent de cet essor pour consolider leur richesse. À l'autre bout de l'échelle sociale, les pauvres vivent dans la misère permanente. Cette situation suscite une prise de conscience, notamment auprès de femmes, dont Marie Gérin-Lajoie, fille de la féministe du même nom.
Marie Gérin-Lajoie naît en 1890, dans un monde en pleine transformation. Après une enfance mouvementée, elle trouve son équilibre en combinant sa vocation de religieuse et celle de militante. Au niveau académique, elle se distingue en devenant la première Canadienne française à obtenir un baccalauréat ès arts (1911), ayant même les meilleurs résultats aux examens. Suivant le chemin tracé par sa mère, elle fonde en 1923 l 'Institut Notre-Dame-du-Bon-Conseil. L'Institut se consacre aux œuvres sociales, notamment auprès des démunis et des immigrantes. Le fait de mettre l'accent sur la formation sociale et familiale des femmes s'inscrit par ailleurs, en continuité avec la mission de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, organisme fondé en 1906 par sa mère et une autre réformiste, Caroline Béique. Elle passe donc une partie de sa vie à lutter en faveur d'un monde plus juste. Que ce soit pour le droit de suffrage pour les femmes, l'accès à l'éducation ou pour l'amélioration des conditions de travail, Marie Gérin-Lajoie tente ainsi de réformer la société.
Telle mère telle fille
Sensibilisée très tôt dans sa jeunesse aux piètres conditions de vie des domestiques, elle mettra sur pied l'Association des aides-ménagères en 1933. Les initiatives de Marie Gérin-Lajoie vont contribuer à une meilleure intégration sociale des immigrantes domestiques. Son implication pour l'intégration des immigrantes domestiques et l'amélioration de leurs conditions de travail s'inscrit également en continuité avec l'œuvre de sa mère, Marie Lacoste Gérin-Lajoie. En effet, au sein de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, cette dernière mettra sur pied la Société des aides-ménagères. En collaboration avec les curés de différentes paroisses, la société tente de mieux former les domestiques tout en veillant à l'amélioration de leurs conditions de travail. Le désir de Marie Gérin-Lajoie de vouloir éduquer les femmes l'amène à mettre sur pied des écoles d'éducation familiale et sociale ainsi qu'une école de formation d'auxiliaires familiales où l'on y donne des cours de cuisine, de couture et d'hygiène.
Marie Gérin-Lajoie fait partie de ces femmes qui ont décidé de se battre pour la cause des femmes. Ses actions s'inscrivent dans les grandes réalisations sociales menées au Québec. À sa mort en 1971, elle laisse donc un héritage remarquable qui aidera certes les générations suivantes à poursuivre son œuvre.
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Recherche et rédaction par Simon St-Michel, Isabelle Dubois, Michel Trottier, Julie Fontaine, Éric Coupal
Mention obligatoire: Centre d'histoire de Montréal