Jean Drapeau
Être maire
d'une métropole pendant 30 ans permet inévitablement de marquer son histoire. Le
maire Jean Drapeau a su profiter du contexte économique de l'après-guerre et de
la création de l'État providence pour «mettre Montréal sur la mappe»! En tout,
l'ère Drapeau s'est échelonnée sur huit mandats, de 1954 à 1986. Après tant
d'années comme maire de Montréal, il est tout naturel que plusieurs
infrastructures de la «ville aux cents clochers» soient instantanément associées
à M. Drapeau. Cependant, le personnage demeure plus méconnu que ses
réalisations.
Né dans le quartier Rosemont en 1916, Jean Drapeau avait connu dans son
enfance les trottoirs de bois, les rues en macadam et n'était jamais allé
au-delà de la rue Guy. Jeune adulte, il est influencé par le conservatisme des
années 1930, teinté de corporatisme. Membre de l'Ordre Jacques-Cartier jusqu'en
1944, il est aussi un des fondateurs de la Ligue pour le défense du Canada,
prenant position contre la conscription.
Avant de faire de la politique municipale, M. Drapeau sera tenté par la
politique fédérale et provinciale, une première fois comme candidat à l'élection
provinciale de 1944 pour le Bloc populaire et en 1948, pour le même parti, au
fédéral, cependant sans succès. Il s'illustre aussi en 1949 comme procureur des
grévistes de l'amiante à Thedford Mines. Lors du procès, Drapeau s'oppose au
premier ministre Duplessis, aussi procureur de la province. Jean Drapeau se fait
remarquer lorsqu'il menace Duplessis de porter plainte au barreau pour
obstruction et déni de justice.
La carrière municipale de Jean Drapeau s'ouvre avec sa participation auprès
de Pax Plante à l'enquête Caron sur la moralité publique à Montréal. Suite à
cette enquête, ces défenseurs de la moralité publique créent un parti politique:
la Ligue d'action civique. Jean Drapeau est ensuite élu à la mairie
(1954). Cependant, le parti connaît une scission, en 1960, qui donne naissance
au Parti civique de Montréal. C'est le début du tandem Drapeau-Saulnier. Le
maire Drapeau, à la différence de ses collègues, souhaitait l'amendement de la
Charte de la ville pour mettre fin au règne des 33 conseillers de classe C
nommés par le gouvernement, ce qu'il obtient.
Jean Drapeau restera toujours proche des hommes politiques fédéraux et
provinciaux, entre autres, lors des événements d'octobre 1970. Plusieurs
historiens attribuent d'ailleurs à Jean Drapeau la responsabilité d'avoir
convaincu Québec et Ottawa d'envoyer l'armée et de faire décréter la Loi des
mesures de guerre.
Comme le veut le dicton, «il faut rendre à César ce qui appartient à César»!
Tout comme César, Jean Drapeau n'a certainement pas manqué de palaces: il est à
l'origine du projet de métro
inauguré en 1966, du développement immobilier du centre-ville, de la réalisation
de l'Expo
67 et il va sans dire, de la construction des îles. On lui doit aussi les Jeux
olympiques de 1976 et leurs infrastructures de même que la construction de
20 000 logements pour freiner l'exode vers la banlieue. Son administration a
aussi créé la CIDEM et la SIDAC , sans oublier le réseau des Maisons de la
Culture et enfin, les Floralies. Chose certaine, notre populaire César a
bien su divertir ses Romains!
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Recherche et rédaction par Nicolas-Hugo Chebin, Patrice Lalonde et Chantal
Déry
Mention obligatoire: Centre d'histoire de Montréal