Alan B. Stone: photographe
Alan B. Stone est un Montréalais anglophone né en 1928, qui a grandi dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce. Durant son adolescence, entre ses études au West Hill High School et ses activités liées au scoutisme, il développe son intérêt pour la photographie. Dans plusieurs de ses images prises au cours de cette période, on retrouve des thèmes qui reviendront par la suite dans son oeuvre, tels le port, le canal de Lachine, la vie des camps scouts et le paysage urbain.
Ce sont les liens étroits qu'il entretient avec le milieu du scoutisme qui lui valent ses premiers contrats. Il s'agissait de produire des images didactiques pour illustrer la manière de faire des noeuds, les méthodes de sécurité aquatique et la vie scoute en général.
À l'âge de 23 ans, il part pour New York, où il fréquente une école de photographie. Cette année d'apprentissage viendra conforter son sens naturel de la composition picturale. À son retour à Montréal, à l'automne de 1951, il débute sa carrière de photographe indépendant qu'il poursuivra le reste de sa vie.
C'est à cette époque que Stone entreprend un volet photographique plus urbain. En effet, sans doute encore imprégné de l'atmosphère de la grande ville américaine, il se passionne pour certaines parties de Montréal, en particulier le port avec ses marins et ses débardeurs, ainsi que la vie de la rue et le sport. Ce sont ces sujets de prédilection qui, entre 1950 et 1960, le conduisent à la photographie de culturistes. À cette époque, il existe un discret marché pour ces photographies, achetées surtout par des homosexuels. Les photos étaient publiées dans des magazines américains et européens consacrés aux modèles culturistes. Il n'est pas fortuit que cette activité photographique se déroule à Montréal, puisque c'est ici que s'est exercée l'influence des frères Joe et Ben Weider qui ont joué un rôle majeur dans l'émergence du phénomène culturiste mondial.
Après l'abandon de ce marché, vers la fin des années soixante, Alan Stone voyagera beaucoup, en particulier dans l'Ouest canadien. Durant ces longs itinéraires, il photographiait notamment des sites historiques et naturels, pour des publications de tourisme.
Bien qu'une maladie arthritique, qui l'affligeait depuis longtemps, l'oblige à ralentir sa production durant les dernières années de sa vie, Stone poursuivit cet art qui le passionnait jusqu'à sa mort en 1992. La majeure partie de sa production photographique professionnelle est alors léguée aux Archives gaies du Québec, ce qui permit la découverte de l'oeuvre de cet homme discret.
Après l'exposition Images d'hommes, présentée en 1998 à l'Écomusée du fier monde, Montréal, années 50, est la deuxième exposition consacrée à ce grand photographe montréalais. Présentée au Centre d'histoire de Montréal, du 27 janvier au 6 septembre 1998, cette exposition a fait découvrir l'homme, qui a créé son propre chemin hors des voies convenues et, surtout, ses photographies, qui, quel que soit le sujet, sont marquées d'un profond attachement à la vie, d'un respect et d'un émerveillement devant la beauté de l'être humain.
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Recherche et rédaction par Nicolas-Hugo Chebin, Julie Fontaine, Chantal Déry et Jean-François Larose
Mention obligatoire: Centre d'histoire de Montréal