Sir Allan Napier MacNab
Né le 19 février 1798 à Newark au Haut-Canada, Allan Napier MacNab vit une
enfance mouvementée. Les liens étroits unissant son père aux autorités
militaires et civiles de York l'influenceront et le serviront tout au long de sa
vie. Dès l'âge de 14 ans, il participera à la guerre de 1812 en tant que soldat.
Délaissant sa vie militaire au tournant de la vingtaine, MacNab devint homme
d'affaire, spéculateur foncier, mais surtout homme politique. Il est considéré à
juste titre comme un tory pur et dur. Il voit d'un mauvais œil les changements
économiques et politiques qu'amènent les années 1840 : l'union du Haut et du Bas
Canada, la fin des mesures protectionnistes offertes par l'Angleterre sur les
produits canadiens et l'avènement du gouvernement responsable. Dans un premier
temps, MacNab croyait uniquement à une union économique entre les deux Canadas.
Selon lui, une union politique verrait une domination de la législature par les
Canadiens français ainsi qu'une diminution du lien traditionnel entre le Canada
et la Grande-Bretagne. Il chercha à s'allier à un parti canadien français pour
faire avorter l'acte d'union afin de conserver les deux gouvernements (Haut et
Bas Canada) et regrouper l'économie autour d'un seul pouvoir. Ses efforts furent
vains.
Le projet de loi pour l'indemnisation des pertes subies pendant les
rébellions de 1837-38, adopté à Montréal en 1849 choqua et indigna les tories
dont sir MacNab. C'est selon lui l'effet de la loi est de récompenser les
activités rebelles du passé. L'adoption du projet de loi donna lieu à des
échanges musclés en Chambre. Un jour, un sergent d'armes fut nécessaire pour
éviter un échange de coups entre MacNab et un réformiste, William Hume Blake.
Les galeries du Parlement seront même le théâtre de batailles à coups de poing
et à coups de bâton entre sympathisants réformistes et tories. Malgré le
tumulte, le conseil législatif adopte la loi d'indemnité : 20 voix contre 14.
Les journaux tories du Haut-Canada et du Bas-Canada, répugnant à une domination
canadienne-française, menacent de pousser les Canadas vers une annexion avec les
États-Unis. S'appuyant sur ce mécontentement à Montréal et dans les grands
centres du Haut-Canada au sujet de la situation économique, MacNab dénonça sans
ménagement dans ses discours lord Elgin, les Canadiens français et les
réformistes déloyaux à ses yeux. Lors d'un ralliement tory, MacNab livre un
discours enflammé devant 1 500 personnes réunies sur la place d'Armes et y
brûle en effigie le premier ministre La Fontaine. Alors que la majorité des
tories de Montréal et leurs sympathisants trouvaient gênant d'être associés à
l'incendie du Parlement, MacNab ne chercha jamais à s'en excuser. Il alla même
jusqu'à signer un Manifeste favorable à l'annexion du Canada aux États-Unis. Il
décida d'aller à Londres pour en discuter avec les plus hautes instances, celles
du ministère des Colonies de l'Angleterre. Pourtant, pour le ministère,
l'affaire était close : une intervention britannique dans les affaires
canadiennes irait à l'encontre du gouvernement responsable. C'est un Allen
MacNab abattu et déprimé qui revint chez lui à Montréal quelques semaines plus
tard.
Hautement respecté par ses confrères tory, c'est en modéré que MacNab
deviendra le premier porte-parole des tories sur les questions importantes. Il
succède à Henry Sherwood comme leader du parti en 1849-1850. Il mit beaucoup
d'effort à rallier les radicaux du parti à sa cause. Conscient de l'importance
d'une alliance avec des députés francophones, MacNab conclut une entente avec le
parti réformiste d'Augustin-Norbert Morin. Cette coalition prit le pouvoir en
1854. On peut retenir de ce gouvernement la réorganisation de la milice,
l'abolition de la tenure seigneuriale et l'établissement d'un conseil législatif
électif.
MacNab obtient le titre de baronnet en juillet 1856 sur la recommandation du
gouverneur général Edmunb Walker Head. Ses affaires vont au rythme de sa
carrière politique. À titre d'administrateur de la compagnie de chemin de fer
Great Western, MacNab vend en 1851 l 'une de ses propriétés à un prix exorbitant
… à la Great Western. Allen Napier MacNab meurt en 1862.
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Recherche et rédaction par Éric Coupal
Mention obligatoire: Centre
d'histoire de Montréal