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John Young

John Young John Young, monument de Philippe Hébert, 1911. Centre d'histoire de Montréal

La nouvelle Commission du havre de Montréal était responsable, à partir de 1830, du développement du port. Elle agissait aussi comme tampon entre les autorités gouvernementales et les marchands montréalais, rassemblés au sein du Board of Trade. La majorité des échanges commerciaux se faisant par la mer, les marchands étaient donc très intéressés à voir le port s'agrandir... en même temps que leurs profits. Les commissaires de la Commission étaient eux-mêmes de riches marchands ayant des intérêts dans différents secteurs de l'import-export. Parmi eux, se trouve un visionnaire aux idées très étoffées quant à l'avenir du port : John Young !

Écossais d'origine, John Young arrive à Montréal en 1830. C 'est au Canada qu'il amorce sa carrière dans l'import-export : d'abord comme simple commis, pour devenir quelques années plus tard, l'un des hommes d'affaires les plus influents de Montréal. Il se tourne aussi vers la politique et siège à l'Assemblée, à titre de député de Montréal de 1851 à 1853, puis de 1854 à 1857. Partisan de l'option libre-échangiste, il tente de convaincre le gouvernement du Canada-Uni et la population du bien fondé d'une union économique nord-américaine. Son caractère batailleur et ses idées progressistes lui mettent toutefois à dos une partie de la bourgeoisie d'affaires qui prône le protectionnisme, dont le riche armateur Hugh Allan. En véritable chevalier du modernisme, il n'hésitera jamais à mener la lutte contre ses nombreux adversaires.

John Young peut être considéré comme le véritable père du port de Montréal. C'est à titre de commissaire et de président de la Commission du Havre, poste prestigieux qu'il occupera de 1853 à 1866, qu'il va s'attaquer aux déficiences qui empêchent la bonne marche du transport maritime. Par des projets souvent considérables, il va améliorer l'accessibilité et l'efficacité du port : dragage du chenal de navigation sur le Saint-Laurent, construction de nouveaux quais, réorganisation des douanes, élimination de la Maison de la Trinité chargée de la navigation, etc. Ses intérêts personnels en tant qu'actionnaire de diverses compagnies le poussent à soutenir certains projets qui lui sont favorables : la construction du pont Victoria, le creusage du canal reliant Kahnawake au lac Champlain, l'érection du pont Royal-Albert (ancêtre du pont Jacques-Cartier) et, bien sûr, l'agrandissement du port vers l'est sur des terrains qui lui appartiennent. Mais malgré ce côté opportuniste, Young a contribué beaucoup plus au développement du port qu'à ses propres intérêts.

En raison de mauvaises spéculations et de ses nombreux ennemis publics, les affaires de John Young vont décliner à partir de 1860. Il se trouvera dans une situation financière gênante jusqu'à la fin de sa vie. Il conserva néanmoins une grande réputation qui lui valut à sa mort la reconnaissance de ses pairs. La Commission du havre fit ériger à sa mémoire un monument, jusqu'à tout récemment situé sur la Pointe-à -Callière et actuellement en attente de relocalisation. [note de la rédaction: maintenant relocalisé à l'angle des rues de la Commune et d'Youville.]

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