Machine à coudre Singer pour chapeaux
La collection du Centre d'histoire de Montréal
Cette nouvelle rubrique du Montréal Clic vise à mettre en valeur la collection du Centre d'histoire de Montréal qui préserve à ce jour près de 2500 objets. La collection s'est constituée surtout à partir de dons, parfois reliés aux expositions temporaires, par exemple en 1997 avec l'exposition On a marché sur les îles, sur les trente ans d'Expo 67. Le 20e siècle montréalais est à l'honneur parmi les objets de la collection, des objets industriels et surtout de la vie quotidienne. Aidez-nous à l'enrichir!
 Collection du Centre d'histoire de Montréal |
Notre premier objet vedette est une machine à coudre Singer pour chapeaux, présentée dans l'exposition permanente du CHM. La production de cette machine à coudre pour chapeaux a débuté en 1911 par la Singer Sewing Machine Company, mise sur pied en 1851, à Boston, par Isaac Merritt Singer, concepteur de la première machine à coudre efficace, et Edward C. Clark, un avocat. En onze jours de travail et avec quarante dollars, Singer met au point une machine à coudre qui utilise un mécanisme de va-et-vient plutôt que circulaire. Un détail qui révolutionnera la conception des machines à coudre.
La compagnie a des bureaux à Paris dès 1855, en Écosse l'année suivante, en Allemagne en 1863. À Montréal, c'est en 1882 qu'une manufacture Singer ouvre ses portes. L'industrie manufacturière de Montréal est alors en pleine croissance, particulièrement l'industrie légère avec le cuir et la chaussure, qui occupe le premier rang, le textile et les vêtements, le tabac et l'alimentation. Le CHM possède, outre la machine à coudre présentée dans son exposition permanente, quatre autres machines à coudre, dont une domestique et une pouvant coudre le cuir, le bois et le métal.
L'introduction de machines à coudre dans les industries de la chaussure et du textile entraîne une baisse des salaires, le travail ne nécessitant plus d'employés qualifiés. Ce type d'industries emploie une main d'œuvre nombreuse et bon marché, dont une proportion importante de femmes, particulièrement dans le textile où domine le sweating system. Les femmes travaillent à la maison ou dans de petits ateliers pour des sous-traitants à contrat avec des manufactures de vêtements. Elles sont alors payées à la pièce. Ce système convenait aux employeurs qui y trouvaient un moyen d'économiser sur les frais généraux, la machinerie, les coûts de supervision de la production et sur la main d'œuvre. Celle-ci travaillant de façon isolée ne risquait pas de se syndiquer.
Dans les années 1870 et 1880, les Canadiennes françaises se lanceront massivement dans ce type d'emploi. Celles qui investissent dans une machine à coudre gagnent plus d'argent que celles qui font le travail à la main. Cependant la proportion du premier groupe augmente si rapidement que cela contribue à faire diminuer radicalement les prix. Par exemple, la somme payée pour cent boutonnières passe de 60 cents à 16 cents . Dans les années 1890, les Canadiennes françaises délaisseront peu à peu ce secteur qui se déplace vers la rue Saint-Laurent où de nouvelles vagues d'immigration viendront fournir la main d'œuvre à une industrie du textile en pleine expansion.
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Recherche et rédaction par Éric Coupal et Josée Lefebvre
Mention obligatoire: Centre d'histoire de Montréal