Trois éléments principaux constituant les saillies sont
ici regroupés dans un même ensemble : balcon, fenêtre
et escalier accrochent notre regard et suscitent notre admiration.
Les saillies qui se dégagent des murs extérieurs dans une variété de
formes et d’ornementations procurent à chaque bâtiment un
cachet distinctif, rehaussent sa qualité architecturale et accroissent
son caractère de résidence de qualité. Les balcons, les
escaliers, les fenêtres en saillie, les tours et tourelles contribuent
aussi à la richesse patrimoniale d’un quartier.
Le charme indéniable des saillies mérite qu’elles traversent
le temps en conservant fière allure et souligne l’importance de
leur prodiguer un entretien soutenu. Ce site a été conçu
afin de définir la grande diversité de saillies dont certaines
propriétés sont agrémentées ainsi que pour vous
guider dans d’éventuels travaux de rénovation.
Les balcons
Sur la façade d’un
bâtiment, les balcons créent un
espace de transition entre l’intérieur et l’extérieur
d’une habitation. La tradition montréalaise a limité l’extension
des balcons à 1,5 m en façade avant.
Plusieurs fonctions sont allouées aux balcons : loge pour le spectacle
de la rue, lieu d’échanges et attribut donnant de l’importance à l’entrée.
C’est pourquoi l’exubérant style victorien propre au début
du siècle s’est exprimé sur ces avancées en les
agrémentant
de divers travaux de bois ouvré. À cette époque, l’achat
par catalogue de matériaux préfabriqués tels les moulures,
frises, colonnes, consoles, corbeaux, corniches, parapets ou garde-corps
de bois scié ou tourné, a permis la construction de décors
raffinés. Par la suite, les ouvrages de fer forgé apparaissent
et fournissent de magnifiques balustrades très décoratives.
Nostalgie d’une époque révolue : l’art victorien
!
Le détail de la peinture témoigne de
l’intérêt du propriétaire pour sa bâtisse.
Témoin du spectacle de la rue : le balcon en
loggia est en retrait de la façade et fermé sur les côtés.
L’alignement de ces balcons évoque les
galeries et vérandas de l’habitat rural.
Supporté par des corbeaux ou des consoles,
le balcon en encorbellement est une forme de porte-à-faux s’échappant
de la façade.
L’entretien des balcons
Les balcons possèdent généralement
une structure de bois reliée à celle de la maison. En effet,
leurs solives sont fixées à la
première solive du plancher et s’appuient au mur extérieur
en reposant sur un linteau. C’est pourquoi la vérification de
l’efficacité du
joint de scellement entre le mur de maçonnerie et la surface du bois
est essentielle pour éviter la pourriture des solives à la sortie
du mur. Si un toit protège le balcon, on doit s’assurer de l’étanchéité du
solin.
Le plancher des balcons, souvent fait de planches jointées,
doit être
imperméable à l’infiltration d’eau par l’application
méthodique d’une bonne peinture ou teinture. De même que
les garde-corps et mains courantes de bois, les surfaces qui sont régulièrement
exposées aux intempéries peuvent présenter des altérations
qui nécessitent le remplacement des éléments défectueux
en respectant le style original.
Finalement, pour s’assurer que l’humidité ne
reste pas enfermée
entre le plancher et le plafond des balcons, l’air doit y circuler sans
problème.
Sans nécessairement être précédées
d’un balcon, les entrées de certains bâtiments sont
dotées d’avancées remarquables. C’est le cas
du porche illustré ci-dessus.
Autre type d’entrée : le portail cintré abritant
l’escalier extérieur.
Escalier extérieur
Qu’il soit en échelle, à quartier tournant, en spirale
ou en colimaçon, l’escalier extérieur connaît une
utilisation répandue jusqu’en 1940, date où un consensus
de l’élite montréalaise ralentit son essor pour des raisons
d’esthétique et de sécurité. Dans les années
80, un revirement en sa faveur survient, accompagné toutefois de certaines
conditions techniques, notamment en ce qui concerne l’angle des marches
et le dimensionnement.
Trait culturel distinctif de Montréal, l’escalier extérieur
fut conçu par souci d’économie, les propriétaires étant
peu enclins à chauffer des espaces intérieurs communs et plus
disposés à récupérer l’espace à des
fins d’habitation.
(Note intégrateur – insérer la photo suivante)
Photo : saillies_10.jpg
ALT= Croquis d’un escalier
Entretien des escaliers
Les escaliers sont considérés comme des issues en cas de sinistre,
aussi est-il important de bien les entretenir. Si le limon et les rampes sont
en métal, avant de les repeindre on doit enlever la rouille à l’aide
d’une brosse puis appliquer une couche de fond avant la peinture finale.
Les limons en bois endommagés doivent être changés. Si les
marches sont usées, les remplacer et appliquer une peinture antidérapante
de préférence. La dernière marche où repose l’escalier
doit être de pierre ou de béton afin d’éviter la corrosion
ou la moisissure.
Le travail soigné des mains courantes et des balustres en fer
forgé donne aux escaliers un charme et une élégance
incontestés
Fenêtre en saillie
Comme son nom l’indique, la fenêtre en saillie est une fenêtre
en encorbellement faisant saillie sur un mur de façade. On l’appelle
aussi oriel, bay-window ou bow-window. Par son charme et son élégance,
elle contribue au rythme et à l’harmonie des composantes architecturales.
Traditionnellement, cet avant-corps est limité à un avancement
de 1,5m et sa superficie n’excède pas 3 mètres cube.
Les fenêtres en saillie construites de bois ou de maçonnerie,
qui favorisent l’ensoleillement des logements tout en créant un élément
décoratif appréciable, dérivent d’une tradition typiquement
anglaise des cottages. Que ce type de fenêtre soit au niveau du sol, en
surplomb, en superposition ou surmonté d’un balcon, il donne une
valeur précieuse aux propriétés qui l’arborent.
La fenêtre en saillie peut passer de
la forme rectangulaire à celle
d'un arc plein cintre en passant par le modèle le plus répandu
de forme trapézoïdale.
Les corbeaux supportant les différentes
formes de fenêtres en saillie peuvent être très décoratifs.
Tours et tourelles
Les Montréalais du début du siècle, soucieux de montrer
leur nouvelle prospérité, adoptent le style des châteaux.
Avec l’audace des constructeurs et l’habileté et la créativité des
artisans, tours et tourelles en maçonnerie (occasionnellement en bois)
ornent le centre ou les coins des bâtiments. Pouvant âtre associés à d’autres éléments
de saillies, ces apparats confèrent un cachet particulier à une
propriété.
Entretien des tours et tourelles
Les soins à prodiguer aux saillies
de pierre ou de brique se trouvent décrits dans le dépliant
concernant la maçonnerie et les
fenêtres. Quant aux constructions faites de bois, un bon entretien consiste à remplacer
les morceaux défectueux par des répliques les plus authentiques
possible par considération pour la rareté de ces types de saillies.
Telle la guérite de guet des châteaux
forts médiévaux, la tourelle de cette bâtisse, combinée
au denticule de sa corniche, lui donne un aspect exclusif.
Voici un bon exemple d’entretien qui rehausse
la valeur autant de la bâtisse que de son environnement.
Types d’interventions favorisées
Conservation
Elle consiste en un bon entretien des composantes architecturales
d’une
bâtisse. Une bonne couche de peinture doit être appliquée
au premier signe de détérioration et les éléments
faibles doivent être consolidés.
Restauration
Il s’agit de remettre en bon état, par des réparations
appropriées,
les éléments défectueux. Une réfection fidèle à la
forme d’origine des parties endommagées est de mise.
Rénovation
Dernier recours pour une remise à neuf d’une
partie endommagée
en reconstruisant de façon conforme au modèle original. L’utilisation
de photos d’époque ou des bâtiments voisins est conseillée
pour de tels travaux.
Préserver un bâtiment améliore sa valeur patrimoniale
et, par conséquent, sa valeur marchande !
Le simple remplacement de quelques barreaux de la
balustrade et un rafraîchissement de la peinture rendraient cette
maison impeccable.
Les éléments architecturaux, telles
les tours, demandent un entretien soutenu afin d’éviter
des travaux majeurs. Il est important de les conserver puisqu’ils
participent au caractère unique du bâtiment.
Les erreurs à éviter
On ne doit jamais supprimer un ou des éléments du décor
d’une façade, cela altère son caractère architectural
et ce genre d’intervention est irréversible.
Attention à la modernisation ; les modes sont éphémères
et, avec le temps, le bâtiment perd de son intérêt. Le résultat
peut être un échec, car cela élimine les caractéristiques
de l’époque de construction et, par le fait même, diminue
sa valeur.
De plus, il ne faut jamais ajouter d’accessoires qui n’appartiennent
pas à l’époque de la maison ; cela crée une confusion
de styles peu souhaitable.
Pour servir la cause de l’entretien,
le style rigide et froid de l’aluminium est substitué aux
courbes du classique fer forgé.
Les sources
Leduc, Maryse et Marchand, Denis. Les maisons de Montréal,
Ville de Montréal et ministère des Affaires culturelles du Québec,
1992, 40 p.
Auger, J., Paradis, R., Charland, L., Lavallée, J. Guide de rénovation,
Montréal, Éditions Libre Expression, 1979, 185 p.
Frigon, Bertrand. Galeries et balcons,
Continuité, été 1988, 58 p.
De la Riva, Richard. Les plex, une tradition renouvelée,
SCHL, Montréal, 1997, 95 p.