Divers commerces sur la rue Beaubien près de la rue Boyer [détail] - 9 octobre 1961
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La rue Beaubien et ses intersections

Du boulevard Saint-Michel à l’autoroute 25

La rue Beaubien, direction Est, à l'angle de la 24e Avenue, 1982La rue est prolongée par tronçon entre les années 1904 et 1930 jusqu’à la 35e Avenue. Par la suite, on l’étend graduellement jusqu’à l’autoroute 25, entre le milieu des années 1950 et les années 1970. Il faut attendre les années 1920 et plus encore l’après-guerre, pour que cette partie de la rue soit habitée de manière significative. À partir des années 1950 marquée par la croissance des banlieues, on développe le « Nouveau Rosemont », stimulé par la construction de l’hôpital de Maisonneuve (1953), du sanatorium Saint-Joseph de Rosemont (entre 1947 et 1950) et de l’Institut de cardiologie (1966). Par la suite, les constructions s’étendent jusqu’aux environs de la rue Lacordaire d’abord et ensuite, au-delà.

De nouveaux noyaux paroissiaux apparaissent, comme la paroisse Saint-Eugène (1954), à la hauteur de la 14e Avenue, dont l’église est reconvertie en centre communautaire. Dans le même quadrilatère, se trouve le CEGEP de Rosemont et, en biais, les bâtiments du Rosemount High School, rappellant la présence anglophone dans le quartier.

Vue extérieure du Centre sportif Paul Sauvé (démoli en 1996), 1973

Situé dans cette partie de la rue Beaubien, entre la 21e Avenue et le boulevard Pie-IX, le centre Paul-Sauvé (inauguré en 1960 et démoli entre novembre 1992 et février 1993) est un lieu de mémoire qui marque l’imaginaire collectif québécois tant par sa vocation sportive que politique et culturelle. Construit à l’origine pour remplacer la Palestre Nationale de la rue Cherrier comme centre sportif, il accueille plusieurs évènements lors des Jeux olympiques de 1976. La patinoire du Centre sportif Paul Sauvé, 20 janvier 1966 Sa taille et son emplacement lui permettent de servir à de nombreuses autres manifestations, dont des réunions des principales centrales syndicales et le congrès de 1970 du  Rassemblement pour l’indépendance nationale (R.I.N.). Le Parti Québécois y a connu des moments marquants de son histoire, comme la célébration de sa victoire électorale de 1976 et, le soir du référendum de mai 1980, le discours historique de son chef, René Lévesque.  

Le développement des paroisses se poursuit avec la construction, en 1962-1963, de l’église Saint-Jean-Vianney, dont l’architecture résolument moderne tranche avec les autres bâtiments religieux. Le caractère hétéroclite de la rue est interrompu entre la 31e Avenue et la 35e Avenue. Du côté nord de la rue, face au parc de la Louisiane, s’ouvre un ensemble planifié de bungalows qui s’étend jusqu’à la rue Bélanger; tout à fait inattendus dans ce secteur, les bâtiments datent de 1949-1950. Après la rue Lacordaire, on trouve en alternance des Town Houses, des immeubles d’appartements et des petits centres commerciaux. De nombreux parcs et le cimetière Le repos Saint-François d’Assise (Cimetière de l’Est, 1916) jalonnent la voie. La dernière section, entre le boulevard des Galeries d’Anjou et l’autoroute 25, est occupée par de grands ensembles d’appartements en hauteur. Le segment est desservi par une ligne d’autobus sur la presque totalité de son parcours.

Des familles de classe moyenne habitent la rue, encore que la composition sociale soit assez variée. S’ajoutent à ces familles des étudiants et des jeunes professionnels qui bénéficient des loyers plutôt abordables de ce secteur de la ville. Majoritairement, les gens qui habitent la rue Beaubien sont d’origine canadienne-française, mais la communauté italienne occupe une place importante.

La rue Beaubien enneigée regardant vers l'ouest, à partir de la rue Saint-Hubert, 1994À l’échelle de la métropole, la rue Beaubien est une rue rythmée par les différents quartiers qu’elle traverse. Chantée par le groupe Beau Dommage comme lieu des Montréalais francophones « ordinaires », elle témoigne de la grande poussée d’urbanisation de l’après-Seconde Guerre mondiale qui transforme en profondeur l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie. Elle constitue un exemple typique de rue principale de quartier.

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