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Café portugais

Victor Cambet: la beauté du quotidien

Portrait de photographe
Publié le
21 février 2018
« La rue est un film où chaque inconnu peut être le personnage principal ». C’est ainsi que le nouveau Montréalais Victor Cambet conçoit son approche photographique, au grand plaisir de ses nombreux abonnés sur Instagram.

Graphiste, Victor a le souci du détail et des compositions recherchées. La photo de rue lui procure une bonne dose d’imprévus et de rencontres avec des personnages charismatiques. Comme à la fenêtre d’un café portugais, près de chez lui, où Victor croise chaque jour des hommes âgés venus passer le temps.

« J’aime bien photographier les personnes âgées, les traits de la vieillesse permettent d’exprimer plus de choses. Je ne cherche pas le physique parfait que la mode ou les médias veulent nous imposer, mais des gens qui évoquent une émotion. »

Celui qui n’aime pas être pris en photo préfère qu’on le découvre à travers les reflets d’une vitre, où d’autres sujets sont mis en valeur. « Les gens que je prends en photos, je les trouve intéressants. Je ne veux pas dénigrer leur image, jamais je ne les prendrai avec une tête bizarre.

Repérer

Place Ville-Marie

Après le travail, direction centre-ville pour photographier les gens en transition dans les tunnels piétonniers ou près des gratte-ciels du Square-Victoria. Il y retrouve des personnes qu’il croise souvent, pas si anonymes dans la foule.

« Ça fait un peu fou de dire que je les connais, mais j’aime photographier la routine des gens dans leur quotidien. Cet homme au chapeau, je l’ai photographié dans un passage piéton à côté de la Place Ville-Marie avant Noël. Il y passe tous les jours, je l’avais déjà photographié avec un parapluie. Je remarque les gens par leur style vestimentaire ou l’expression qu’ils dégagent. »

L’attente et l’anticipation font partie de la démarche de Victor. C’est le genre de photographe prêt à attendre 40 minutes à la vitrine d’une boucherie pour que son sujet se présente sous son meilleur jour. « Je vais retourner à cette boucherie hongroise, parce que ma photo, je ne l’ai pas eue. Je reste dehors moins longtemps l’hiver, mais je marche beaucoup et je vais repasser. »

Réalité

Victoria Secret

« J’aime la pluie, ça fait une atmosphère de film. Pour cette photo, j’ai attendu patiemment qu’une personne passe. Ce sont des gens que je ne reverrai certainement jamais. On m’a déjà couru après pour supprimer des photos, car je ne demande pas aux gens si je peux les photographier. Je l’ai fait une fois et c’était différent, comme si la personne jouait un rôle, alors que ma volonté est de reproduire la réalité. »

Victor a commencé à faire de la photo en arrivant à Montréal, il y a de cela un an et demi. Si au départ il n’en faisait que les week-ends, il ne sort maintenant jamais sans son appareil et en fait pratiquement tous les jours.

« J’admire les photographes de rue Vivian Maier (1926-2009) et Saul Leiter (1923-2013), des Américains. Je regarde souvent leurs photos et leurs compositions sont incroyables, ils sont inspirants ! J’aurais aimé vivre dans leur temps. »

Luminosité

Tempête

On se demande comment il peut tomber sur des perles et des atmosphères aussi particulières. « Quand on remarque une personne intéressante, il faut trouver l’arrière-plan intéressant pour la mettre en valeur. Le cadrage et la luminosité y font pour beaucoup. »

« Dans toutes mes photos, je mets en valeur une seule personne dans un milieu urbain. J’aime bien montrer une personne seule dans la ville, pendant les tempêtes d’hiver. Ça donne une ambiance de film, comme si c’était l’apocalypse dans une ville abandonnée. »

Comme bien des gens talentueux, il considère qu’il lui reste encore beaucoup à apprendre et s’amusera au cours des prochains mois avec l’appareil photo argentique qu’il a récupéré du frère de son grand-père. Probablement avec ses compagnons de virée photographique @villedepluie et @_jami.h, qui déambulent avec lui à travers la ville.

« Au départ, je suis venu à Montréal avec un ami, mais il est retourné en France. Je suis en train de faire les démarches pour ma résidence permanente, je veux faire ma vie à Montréal. J’aime les Montréalais, les gens sont sympas. Ils ont une mentalité que j’apprécie, ils ne tirent pas la tronche dans la rue! Dans le monde du travail, les gens sont motivants et font preuve de reconnaissance. »

On souhaite le meilleur à ce photographe qui connaît maintenant mieux Montréal que Lyon, sa ville de naissance, grâce à ses balades à la recherche de LA photo inédite.



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Déterminé.

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