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Jocelyne Filion et Jean-Claude Boivin

Urban sketchers Montréal

24 h dans la vie de Montréal
Publié le
16 juillet 2018
Jean-Claude Boivin est assis dans l’autobus, gribouillant dans son agenda. Jocelyne Filion est attablée dans une foire alimentaire, son attirail de dessin étalé devant elle. Ces deux sketchers urbains prennent plaisir à découvrir Montréal… par la mine de leur crayon.

Un homme, le dos voûté, l’air accablé, affaissé sur son siège. « J’ai dessiné ça en quelques minutes dans le métro », précise Jean-Claude Boivin, en s’excusant pratiquement de la qualité de son œuvre. Gribouilleur enthousiaste, ce sexagénaire d’Ahuntsic s’adonne à son art tous les jours, un peu partout dans la ville.

« Je porte mon regard vers les modèles vivants, c’est-à-dire les gens, dit Jean-Claude. J’aime par exemple assister à un spectacle de tout genre, même si la musique jouée m’horripile, puis faire des croquis des personnes présentes. Je peux y passer des heures ! »

 

Les Urban sketchers montréalais

Jocelyne Filion s’intéresse aussi aux personnages de la faune urbaine, en particulier leur posture.

« Je me rends à des endroits où les gens sont debout longtemps, comme dans une file d’attente ou en plein festival, et j’aime remarquer — et croquer — leur posture naturelle, leur déhanchement, les mains dans les poches… »

Les outils des sketchers

Les deux fanatiques précisent que d’autres artistes penchent plutôt vers l’architecture ou la nature. « Il y a autant d’art que d’artistes », précise Jocelyne. Chaque œuvre du genre respecte toutefois le critère principal pour être qualifiée de sketch : le dessin (ou croquis) doit être fait sur place, jamais à partir d’une photo. Certains gribouillent pendant à peine quelques minutes, d’autres fignolent leur esquisse pendant près d’une heure, mais ces bribes de vie urbaine sont toujours réalisées en direct.

Un art fédérateur

« Mon carnet de croquis, c’est comme mon petit chien, dit Jocelyne Filion. Les gens remarquent mes dessins, puis viennent me parler. »

La retraitée se force à sortir tous les jours pour dessiner, et elle y voit même le prétexte idéal pour voyager.

Un croquis réalisé en quelques minutes

« Chaque personne est un professeur », dit Jean-Claude Boivin, qui considère qu’il y a des avantages à se regrouper pour esquisser, au-delà d’un agrément évident. Chaque personne a son regard, chaque personne développe aussi son style, et la rencontre entre les différences est formatrice.

« Plus jeune, je ne me trouvais pas assez bon, poursuit-il. J’ai commencé il y a dix ans à peine, et je n’ai aucun talent… que de la sueur et du sang ! »

Les deux artistes s’impliquent dans Urban Sketchers MTL, un rendez-vous mensuel où tout fanatique (ou curieux) de croquis peut se rendre pour esquisser en groupe. « C’est simple, lance Jean-Claude. Comme le dit l’artiste Betty Edwards, si on est capable de signer son nom, on est capable de dessiner ! »

LES RENDEZ-VOUS DE SKETCHERS

Urban Sketchers MTL — Le 4e dimanche de chaque mois, entre 40 et 80 artistes se rencontrent à un endroit désigné qu’ils vont tous raconter en esquisses, chacun selon leur perspective. Le seul prérequis : la bonne humeur. Il existe 220 groupes Urban Sketchers dans le monde. Renseignements : urbansketchersmontreal.wordpress.com

Randocroquis ou Sketchcrawl — même concept, mais sur une base saisonnière, le 3e samedi trimestriel.http://www.sketchcrawl.com