Un site Web de la Ville de Montréal
Vivre ma ville
Françoise Sullivan

UNE ARTISTE DANS LA VILLE

Au cœur de l’action
Publié le
13 octobre 2017
Depuis son atelier dans Pointe-Saint-Charles, l’artiste multidisciplinaire et signataire du Refus global Françoise Sullivan nous parle de sa ville.

Le petit édifice de brique centenaire se cache derrière un érable touffu, au fond d'une rue tranquille. Comme à son habitude, Françoise Sullivan s'y est rendue au volant de sa voiture pour travailler à l'un des tableaux accrochés aux murs blancs qui abritent son atelier depuis 1987.

Attablée entre les toiles et les pots de peinture bien rangés, l'artiste de 92 ans parle avec tendresse du Montréal où elle a grandi.

« Je suis née sur Hutchison, entre Milton et Prince-Arthur. On ne peut pas faire plus central ! J'ai toujours été fière de Montréal. Pour moi, ça a toujours été évident que je vivais dans une ville importante et que j'étais au cœur de l'action. »

Montagnes, bas-relief de Françoise Sullivan, pavillon Président-Kennedy, complexe des sciences de l'Université du Québec à Montréal

Excitantes années 40

Elle habitait encore Milton Parc lorsqu'elle a étudié à l'École des Beaux-Arts, où elle s'est liée aux artistes avec qui elle formerait bientôt le groupe des Automatistes. C'était la guerre ; ce fut ensuite le sombre règne de Duplessis. Et pourtant, Françoise Sullivan se souvient des années 1940 comme d'une période d'effervescence.

« La société était conservatrice, oui, mais il y avait aussi un bouillonnement. Nous pensions qu'il fallait agir, bousculer les choses, et nous étions prêts à le faire parce que nous étions jeunes. »

Au moment de choisir le quartier où élever ses enfants, c'est Notre-Dame-de-Grâce qui a eu sa faveur. « Nous avons choisi une rue où il y avait beaucoup d'enfants qui jouaient dans la rue et sur les trottoirs. »

Le combat de Claudio Monteverdi

À l'époque, comme aujourd'hui, elle appréciait les maisons « confortables, près de la terre, avec leur petit jardin » qui bordent les avenues verdoyantes du quartier. La proximité du centre-ville, aussi – une caractéristique essentielle pour cette amoureuse des arts.

Françoise Sullivan est en outre une pionnière de la danse moderne au Québec. C'est pour cette raison que la salle de danse principale de la nouvelle maison de la danse, située dans l'édifice Wilder, porte son nom. L'évocation de cette reconnaissance déclenche d'ailleurs chez elle un rire en cascade : « Elle est extraordinaire et c'est très touchant... »

UNE MONTRÉALAISE D'EXCEPTION

En mai 2017, Françoise Sullivan a été nommée officière de l'Ordre de Montréal, en reconnaissance pour sa longue et riche carrière en danse et en arts visuels.