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Bibliothèque Saul-Bellow - intérieur

Un nouveau pôle culturel et social pour Lachine

Publié le
8 décembre 2015
On est rarement accueilli dans une bibliothèque par des odeurs de chocolat chaud… À la bibliothèque Saul-Bellow de l’arrondissement Lachine, ouverte depuis mai 2015, tous les sens sont en éveil. Cela n’a rien d’étonnant quand on connaît les intentions qui ont inspiré son agrandissement : l’audace, la fierté et le confort.

Créer, explorer, s’émerveiller

Un café dans une bibliothèque? Oui! On s’y arrête pour rencontrer des amis ou grignoter entre deux activités : selon l’esprit des bibliothèques du 21e siècle, on a créé à Lachine un endroit où le savoir se décline de multiples façons, dans une atmosphère moderne et décontractée. 

À côté des espaces consacrés aux collections, de nouvelles salles multifonctionnelles invitent au partage. L’une d’elles accueille une centaine de personnes pour des présentations de films, de conférences ou de spectacles. L’autre, équipée d’une imprimante 3D, est inspirée par le mouvement des « Fab Labs* » ou ateliers de fabrication numérique. Plus loin, des espaces de travail fermés, mais toujours lumineux, permettent de dialoguer à son aise, tandis qu’à l’étage, une immense salle vitrée isole de la joyeuse animation ambiante pour ceux qui préfèrent le silence. 

* Les « Fab Labs » sont des laboratoires locaux communautaires qui stimulent l’inventivité en donnant accès à des outils de fabrication numérique qui permettent de fabriquer à peu près tout ce que l’on veut et de diffuser des connaissances, des savoir-faire et des projets. Source : Adapté et traduit de la Charte des Fab Labs, MIT.

Partager, se rencontrer

Lieu grand public et intergénérationnel bien ancré dans son quartier, la bibliothèque Saul-Bellow veut contribuer à briser l’isolement social ou culturel. Jeunes familles, aînés et immigrants y trouvent leur place : dans le confort des grands coussins qui colorent les lieux ou installés sur des gradins qui se transforment, au gré des heures et des jours, en amphithéâtre, en salon de lecture ou en terrain de découverte pour les tout-petits.

Dans cet espace inspiré des meilleures pratiques internationales en aménagement de bibliothèques, la haute technologie vient renforcer le confort et le sentiment d’appartenance. L’accès au WiFi, les bornes de prêts en libre service ou encore les tablettes et les ordinateurs accessibles à tous rendent l’usager autonome et accentuent l’impression si agréable de se sentir presque chez soi : dans un « tiers-lieu » qui nous ressemble et nous rassemble. 

Regard sur l’architecture 

Chevalier Morales Architectes, la firme lauréate du concours d’architecture, a su métamorphoser un édifice à paliers multiples, aux intérieurs plutôt étroits et sombres et datant des années 1970, en un bâtiment aéré et unifié. Enfants, adultes et adolescents y sont regroupés au sein d’un espace fluide où les lignes de démarcation ont disparu, faisant oublier l’époque où la section des enfants était dissimulée des regards. Le généreux fenêtrage du nouveau bâtiment est même devenu une occasion de mettre les jeunes « en vitrine », le long de la passante 32e Avenue. 

L’entrée de la bibliothèque, déplacée à l’intersection de la rue Saint-Antoine, est désormais plus visible. Une fois à l’intérieur, le visiteur pénètre dans le café par une pente douce, accessible universellement. La bibliothèque s’ouvre alors à lui dans sa globalité.

Le spectaculaire escalier de forme hélicoïdale est l’un des éléments distinctifs du nouvel édifice. Sa structure autoportante constitue une prouesse technique. Véritable signature visuelle, il procure au visiteur un sentiment englobant tout à fait unique. 

Aussi, sur les deux étages, l’intégration et la mise en valeur d’éléments architecturaux de l’ancien bâtiment, comme les piliers de béton d’origine, font un clin d’oeil à l’ancienne configuration de la bibliothèque. Enfin, la réalisation architecturale découlant du concours inscrit mieux le bâtiment dans le tissu urbain environnant. La terrasse végétalisée, à l’étage, a notamment été pensée pour créer, avec le parc voisin, une perspective harmonieuse. Au terme des travaux, la superficie de la bibliothèque a presque doublé, pour atteindre 2 621 m2.

 

RENCONTRE AVEC L’ARTISTE YANNICK POULIOT

Lauréat du concours mené par le Bureau d’art public de Montréal, Yannick Pouliot, avec Perte de signal, met en lumière le patrimoine architectural de Lachine. 

Quelle a été votre source d’inspiration ? 

Le tirant de poutre, que l’on trouvait sur les murs des édifices du 19e siècle, est un témoin de l’histoire industrielle de Lachine. Le réutiliser dans le contexte d’une bibliothèque a une valeur symbolique forte qui renvoie à la conservation et à la mémoire. De plus, c’est à l’origine un élément décoratif qui reprend donc ici sa fonction primaire, même s’il est déconstruit. 

Pourquoi l’avoir déconstruit ?

Les tirants de poutre sont pixélisés, comme une image sur un écran qui « fige » et se transforme progressivement en une multitude de petits carrés, au point de faire oublier l’image originale. J’ai aimé jouer avec ce glissement du réel et avec la juxtaposition des deux vocabulaires architecturaux de la bibliothèque : l’ancien et le moderne. D’un point de vue métaphorique, l’oeuvre renvoie aussi à la mutation qu’est en train de vivre l’univers des bibliothèques. 

Comment avez-vous utilisé l’espace existant ?

J’ai choisi de travailler sur les deux murs extérieurs de l’édifice pour que l’oeuvre puisse être lue dans les deux sens, la déconstruc¬tion ou la reconstruction, selon que l’on entre ou que l’on sorte de la bibliothèque. De plus, je souhaitais que l’oeuvre soit visible de loin. Dans ce type de création, il faut trouver un point de rencontre entre les contingences inhérentes au lieu et ce qu’on a à offrir comme artiste. L’art public n’est pas un art de compromis : c’est au contraire une très belle occasion de se renouveler. 

 

De discrets clins d’oeil
Chaque salle de lecture porte le nom d’un personnage de roman de Saul Bellow, Prix Nobel de littérature en 1976 et natif de Lachine. Par ailleurs, quatre échiquiers saluent un autre grand homme de lettres originaire de Lachine, Henri Tranquille. Des manières originales et amusantes d’éveiller la curiosité des visiteurs pour l’histoire littéraire du Québec.
Certification LEED
Conçue dans une optique de développement durable, la bibliothèque Saul-Bellow vise une certification LEED.