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À Montréal, 50 drag queens donnent des spectacles

On sort les paillettes !

24 h dans la vie de Montréal
Publié le
1 août 2018
Jusqu’à cinq soirs par semaine, on peut apercevoir Sébastien Potvin déambuler avec ses deux grosses valises jusqu’aux loges d’un bar du Village.

Dans son bagage : perruques, robes moulantes aux couleurs criardes, talons hauts, bijoux clinquants... l’attirail dont il aura besoin pour devenir Barbada de Barbades, l’une des drag queens les plus en vue à Montréal.

Enseignant de musique au primaire, le jeune homme originaire de Beauport évolue sur la scène drag depuis 13 ans.

Sébastien pendant sa transformation

 

« J'avais 20 ans à l'époque, raconte-t-il. C'est quelqu'un qui m'a invité à danser pour une drag queen dans le cadre d'un concours. Après, on m'a convaincu de faire le saut ! »

Avec le temps, son plaisir d’incarner Barbada a changé :

« Quand on commence, dit-il, on n’a pas vraiment à parler au public ; c’est l’animatrice qui le fait. Maintenant que j’anime des soirées de plus en plus souvent, j’ai ben du fun à jouer avec le public ! »

Un petit monde

Ce soir, Sébastien nous invite à le suivre au troisième étage du bar Le Cocktail, rue Sainte-Catherine, l'un des quelques lieux de Montréal qui présentent chaque semaine des spectacles de drag queens. Nous entrons dans un ancien logement reconverti en loges où s'y préparent déjà les deux autres drags qui participeront au spectacle de 22 h : Ciatha Night et Ana LaSabrosa. Cette dernière nous surprend.

« C'est une drag qui garde sa barbe, nous explique Sébastien. C'est relativement nouveau comme phénomène... »

Tout en étalant sur sa coiffeuse son nécessaire de maquillage, Sébastien nous raconte la petite histoire des drag queens. « À l'époque de Guilda [un travesti populaire à Montréal dans les années 50 et 60], l'objectif était de ressembler le plus possible à une femme. Quand Mado [Lamothe] est arrivée, elle apportait quelque chose de plus flyé, de plus clownesque. »

Barbada de Barbade entre en scène

Sébastien déplore le peu d'endroits en ville où les drag queens peuvent briller. « Il y en avait beaucoup plus il y a 6 ou 7 ans, dit-il. Aujourd'hui, il reste Le Cocktail et Le Cabaret Mado dans le Village. On peut aussi en voir au Wiggle Room sur Saint-Laurent. À Montréal, je dirais qu'il y a une cinquantaine de drag queens qui font des shows sur une base régulière. » 

L'art de la transformation

Il faut à Sébastien environ 1 h 30 pour se transformer en Barbada, une mécanique rodée au quart de tour. D'abord, le maquillage.

« Ce qui fait qu'un homme a l'air d'une femme, ce sont les faux cils et les sourcils. Je couvre mes sourcils et j'en redessine d'autres. Ça me change complètement ! »

Une minute avant le début du spectacle, Sébastien met la dernière touche à son costume en enfilant sa perruque et ses talons hauts argentés. Un dernier coup d’œil au miroir : Barbada est là. « Showtime ! »