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Vivre ma ville
Michel Tremblay et Simon Boulerice

Simon rencontre Tremblay

Deux générations, un même esprit
Publié le
16 avril 2018
Simon Boulerice se souvient très bien de sa première rencontre avec Michel Tremblay. Il avait à peine 16 ans et habitait encore Saint-Rémi, sur la Rive-Sud de Montréal. Lecteur passionné, Simon avait été invité à une émission de télé pour parler de littérature jeunesse. Il n’aurait jamais imaginé y rencontrer son idole.

Autour d’une table, les deux auteurs devenus amis sont aujourd’hui intarissables. Lancez-les sur n’importe quel sujet, les anecdotes fusent et les souvenirs se mêlent aux réflexions les plus profondes sur le sens de la vie, le travail d’écriture ou l’importance du temps qui passe.

Même s’ils ont 40 ans d’écart, Michel et Simon ont de nombreux points communs. Tous deux ont commencé à écrire très jeunes, ils passent du théâtre au roman avec bonheur et des thèmes comme les femmes, l’homosexualité et Montréal occupent une place importante dans leurs écrits.

Une ville qui les habite

Tremblay est né sur le Plateau-Mont-Royal alors que Boulerice a adopté la grande ville quand il avait 17 ans. Montréal est omniprésente dans leurs écrits. Elle n’en est pas le décor ; elle en est un personnage discret, mais vivant.

« Je transporte Montréal avec moi, reconnaît Michel Tremblay qui a écrit 16 romans et 5 pièces dans sa résidence de Key West, en Floride. » L’endroit où l’on écrit n’a rien à voir avec les lieux que l’on décrit. « La ville que je dépeins, précise-t-il, ce n’est pas le vrai Montréal, mais on a l’impression que ça l’est. »

Simon s’extasie devant les ruelles de plus en plus vertes. « Les gens se parlent, les enfants jouent » se réjouit-il. Michel se souvient avoir joué dans les ruelles.

« C’était notre terrain de jeu », confie-t-il. « Il y avait des pissenlits et des glaïeuls sauvages, mais personne ne s’en occupait vraiment. Ce sont les Portugais qui ont commencé à cultiver dans mon quartier », se rappelle-t-il.

Le Plongeur

« Montréal a la capacité d’englober les gens, constate Michel Tremblay. On est Montréalais si on se sent Montréalais. » La ville a beaucoup changé depuis ses Chroniques du Plateau Mont-Royal, et l’auteur l’affectionne peut-être d’autant plus.

« L’image que j’ai de Montréal, affirme Simon Boulerice, c’est une ville qui est belle et toute croche en même temps. »

Une accueillante imperfection, qui fait qu’on s’y sent vite bien.

Quand on leur demande quel roman récent pourrait le mieux personnifier le Montréal d’aujourd’hui, ils s’exclament d’une seule voix : Le plongeur, de Stéphane Larue.