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Les jumelles Puntous

RIEN N’ARRÊTE CES JUMELLES

Blindées contre le froid et les éléments
Publié le
2 mars 2018
Depuis près de 30 ans, les jumelles Puntous foulent plus de 100 km de bitume par semaine, et ce n’est pas la neige ni le froid qui les arrête.

Dans la pénombre du petit matin, 52 semaines par année, on peut distinguer deux femmes identiques à la crinière rousse qui courent d’un bon rythme. Sylviane et Patricia, 56 ans, ont toujours couru et ne sont pas près de ralentir.

À 19 ans, elles terminent leur premier marathon en 2 h 49. Déjà à la recherche d’un défi plus grand, les jumelles s’inscrivent à 22 ans à l’épreuve d’endurance ultime : le fameux Ironman de Kona (Hawaï) avec ses 3,8 kilomètres de natation, 180 kilomètres de vélo et 42,2 kilomètres de course.

Les soeurs gagnent non seulement cette compétition, mais écrasent le record de parcours. En 1984, elles récidivent, puis continuent à performer, toujours ensemble, jusqu’à leur retour à Montréal en 1993.

« Le premier hiver a été tout un choc ! Surtout l’humidité, après des années à vivre au sec. On avait froid ! » se rappelle Patricia en riant.

Affronter les rigueurs de janvier…

Menues et frileuses, les jumelles ne veulent ni arrêter de courir ni s’enfermer pendant la saison hivernale. Les crampons sont devenus leurs éternels compagnons de route afin d’éliminer tout risque de chute, et les pétillantes rousses disent s’habiller « comme des phoques », c’est-à-dire blindées contre le froid et les éléments.

« La chose la plus importante à vérifier pendant la saison froide, c’est la direction et la force du vent, explique Sylviane. On planifie notre parcours pour ne jamais lui faire face trop longtemps, surtout en fin d’entraînement, lorsque le corps est fatigué. »

Jardin botanique

… pour mieux les apprécier

« L’hiver a aussi ses avantages pour la course », dit Sylviane. « Ça fait qu’on a une bonne raison de ne pas faire d’intervalles! » blague Patricia, se qualifiant de… paresseuse.

Vives et entraînantes, les soeurs s’échangent les répliques dans un rythme aussi frénétique que réjouissant. À l’aube, elles s’adonnent à leur passion sans pression, alors que la saison où tout semble s’arrêter devrait plutôt les inciter à ralentir.

Au Jardin botanique, dans l’écrin de tranquillité des conifères ployant sous le poids de la neige, Sylviane et Patricia joignent alors leur foulée à celle des coureurs coriaces comme elles.

En hiver, les sœurs en profitent aussi pour courir sur les trottoirs devenus plus cléments sur les articulations par le mince coussin de neige qui les recouvre. Dans ces sorties urbaines, elles découvrent alors la métropole d’un autre regard, celui du privilégié qui se lève avant que la ville s’éveille.

« Il faut sortir pour aimer l’hiver », conclut Sylviane.

Et au nombre d’heures que les jumelles passent dehors, on peut dire que oui, elles l’aiment !