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Quartier Hochelaga-Maisonneuve

L’oiseau de nuit Mackboude

Portrait de photographe
Publié le
21 mars 2018
Le Mackboude de Montréal est un oiseau rare qui a migré de la Côte-Nord vers la ville depuis une dizaine d’années. On peut l’observer dans son environnement préféré, en fin de soirée, probablement en train de photographier l’effervescence de la foule lors d’un festival ou de croquer, seul au milieu de la ville, une scène urbaine.

Il faut dire que le travail de soir de Marc Boudreau lui permet de découvrir Montréal d’un autre œil et qu’il carbure aux points de vue différents de ceux offerts par la photo classique. Par exemple, les longues expositions lui permettent d’obtenir un ciel un peu flou et allongé, comme pour la photo à la une, qu’il a prise dans son quartier.

« Avec la photo, j’aime aller chercher ce qu’on ne peut voir à l’œil nu. Le médium n’est plus seulement l’œil du photographe, il devient une autre œuvre »

Les soirs d’été, lorsqu’il revient à pied après s’être gavé de musique et avoir travaillé dans la brigade Instagram des Francofolies, il apprécie le calme, même au centre-ville.

« Se promener la nuit donne un autre aspect à la ville, le ciel est plaisant à photographier. J’adore les gens de Montréal, mais j’aime l’effet d’avoir la ville comme point central dans mes photos. »

Comme une toile

Festival Mural

Amateur d’art graphique, Marc adore les murales, surtout celles mettant en valeur des endroits moins jolis

« J’aime les croiser dans mon quartier. Il y a de beaux projets d’embellissement, comme dans les ruelles. C’est une nouvelle forme d’art et selon moi, c’est aussi valable qu’une toile d’un grand artiste. »

Pour cette photo prise lors du Festival Mural sur Saint-Laurent, il a voulu montrer deux réalités de la ville qui cohabitent et se juxtaposent.

« Les sans-abris, on ne veut pas les voir, ils se fondent dans le décor, mais il ne faut pas les oublier. Je trouvais que la scène était frappante et je n’avais pas le choix, il fallait que je prenne la photo! »

Trois temps

Marc a immortalisé les 68 stations du métro

Tous les processus créatifs derrière une photo sont importants pour Marc, qui ne voit pas la photo comme un seul geste.

« Tu as d’abord l’idée, ensuite tu fais ta composition et enfin, tu retravailles ta photo. Ces trois processus se passent à des temps différents et font que le rendu diffère selon ce que tu ressens au cours de tous ces moments. »

Aimant utiliser les lignes répétitives, il a été servi grâce à son projet d’immortaliser les 68 stations de métro de l’île en trois ans. Mais ce qui l’a surpris le plus dans sa quête, c’est d’avoir découvert 68 architectures complètement différentes à travers le réseau souterrain.

« L’architecture prend de la place dans mes photos, mais l’architecture du métro est mon coup de cœur. Les Montréalais l’oublient un peu à cause des pannes ou parce qu’ils trouvent le réseau vieux, mais quand on s’y attarde, chaque station a ses propres détails qui sont magnifiques et que la plupart des passants ne remarquent pas. »

L’icône

Le stade olympique

Comme bien des enfants, il a été impressionné par le stade lors de ses visites familiales à Montréal. Et il a tout naturellement choisi le quartier de cette icône montréalaise pour s’établir.

« Ça a été un choc de revenir à Montréal et de voir que le stade et le métro étaient aussi gigantesques que lorsque j’avais mes yeux d’enfants. J’ai photographié cette icône sous toutes ses coutures, tellement que c’est devenu un running gag sur mon compte, avec le #encorelestade, mais j’aime ce qu’il offre : les réflexions, répétitions, contrastes, ainsi que ses effets miroir et symétriques. »

Le technologue en imagerie médicale avoue qu’il fait d’abord de la photo pour son propre plaisir, mais qu’il adore également lorsque les gens sont touchés par ses images. Il est d’ailleurs amusé de constater que des photos prises au hasard peuvent susciter beaucoup de réactions.

« L’œil du spectateur est lié à des émotions ou un vécu différent du mien, parfois ça peut être un souvenir d’enfance qui remonte et ça me fait plaisir lorsque mes photos touchent les autres et que j’ai pu y apporter, en même temps, ma touche personnelle. »