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Valise rétro-éclairée

LES IDÉES DU BORD DE CHEMIN

De l’art dans le quotidien
Publié le
24 novembre 2017
D’aussi loin qu’elle se souvienne, Jo-Annie Larue a toujours jeté un œil « au chemin » à la recherche d’une trouvaille intéressante. Encore aujourd’hui, c’est là que l’artiste récupératrice trouve les matériaux… et les idées pour créer ses œuvres.

Ce que propose la Montréalaise de 31 ans n’est pas seulement original, c’est unique : elle défait la toile de vieilles valises et y découpe des fenêtres dans lesquelles elle installe des images qu’elle rétro-éclaire grâce à une ampoule électrique. Ce sont ses fameuses « lampes-valises ».

Cette idée de luminaire lui est venue précisément en raison de son amour pour les vieilles choses.

« Je ramassais des cheminées industrielles, de vieux téléphones, des radios, des téléviseurs, mais j’étais trop intense ! Je n’avais plus de place chez moi pour entreposer mes trucs. Or, je venais de trouver une valise qu’il me fallait absolument. Par manque d’espace, j’ai dû l’accrocher au plafond… c’est alors que j’ai vu son potentiel de lampe. Tout est parti de là. »

L'art du quotidien

L’attrait actuel pour le vintage fait en sorte que l’approvisionnement en jolies valises se complexifie avec le temps. « Dans les brocantes, elles sont aujourd’hui beaucoup plus chères et partent très rapidement. Heureusement, plus mon travail est connu, plus les gens pensent à moi quand ils en trouvent une : ils m’en rapportent. »

La matière première au cœur de son art

Récupérer ainsi les déchets des autres n’a, bien sûr, pas un énorme impact écologique.

« Ce que je fais est à petite échelle : mais ma contribution réside plus dans l’éveil des consciences, explique l’artiste-récupératrice. Si les gens voient l’art que je produis avec des objets du quotidien, ça peut les inspirer à faire de même à la maison et à moins tomber dans l’hyperconsommation. »

Jo-Annie fabrique également des bijoux avec des morceaux de chaînes de vélo recyclées, qui connaissent tout un succès parmi les cyclistes !

Chaîne de vélo!

De là l’importance, croit-elle, d’adopter une vision plus large au moment de se débarrasser de nos vieilleries.

« Parlez aux éco-quartiers avant de jeter vos choses ! lance-t-elle. Ils sauront faire le lien avec les artistes qui veulent les utiliser. »

Celle dont l’une des œuvres trône dans les bureaux du président de Tourisme Montréal aime particulièrement mettre la métropole en valeur dans les images de ses lampes : Stade olympique, Expo 67… « J’aime ma ville, j’aime la raconter », conclut-elle avec une lumière dans la voix.

Jo-Annie Larue