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Arrondissement de Lachine

Lectures rafraîchissantes

Suggestions de bibliothécaire
Publié le
18 juillet 2018
Les vacances sont arrivées et vous avez enfin le temps de lire! Voici des suggestions de lecture estivales par Marie-Anne Poggi, responsable du Club de lecture Les irrésistibles des Bibliothèques de Montréal.

Les Loyautés de Delphine de Vigan

Les loyautés

Jean-Claude Lattès, 2018, 206 pages

J’ai été prise de la première à la dernière page par Les Loyautés, le nouveau roman de Delphine de Vigan. L’auteure donne la parole en alternance à quatre protagonistes, mais le point d’ancrage reste la voix de Théo Lubin.

Théo a douze ans et demi. Enfant unique, il vit en garde partagée depuis la séparation de ses parents il y a six ans. Son père va de moins en moins bien psychologiquement. Bon élève, Théo est un adolescent réservé derrière lequel se cache une bombe à retardement. Il fréquente la même classe que Mathis Guillaume, son seul ami. Théo et Mathis ont trouvé une cache sous un escalier de leur lycée. C’est leur lieu de ralliement, là où ils peuvent s’enivrer à l’insu de tous. Mais combien de temps pourront-ils se réfugier ainsi sans se faire prendre?

Les Loyautés ne nous laissent aucun répit, à peine le temps de reprendre notre souffle, que déjà surgit un autre mensonge qui en entraînera un autre, puis un autre… Je vous dis, ce livre est une vraie spirale d’une très belle réussite!

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De l’influence de David Bowie sur la destinée des jeunes filles de Jean-Michel Guenassia

De l'influence de David Bowie

Albin Michel, 2017, 328 pages

Intriguée par le titre du roman de Jean-Michel Guenassia, j’ai eu le goût d’aller voir de quoi il en retournait. Livre parfait pour les vacances, sans prétention et fort sympathique. Il vous faudra, par contre, attendre jusqu’aux dernières 50 pages pour savoir ce que vient faire David Bowie dans cette histoire…

Première phrase : « Je suis lesbien, une espèce d’homme incertaine, non dénommée, pas commentée, peu évoquée. Et pas recommandable. Pour me caractériser, le même substantif revient comme un leitmotiv : ambigu. Certaines disent : équivoque. ». Celui qui vient de s’exprimer ainsi se prénomme Paul. Il n’a pas connu son père, mais a deux mères : Hélène Martineau, dite Léna, est sa mère biologique ; Estelle, dite Stella, est la compagne de Léna depuis les douze dernières années.

Nous suivons ainsi sur 328 pages, Léna, Stella, Paul et leurs amis. Vous n’aurez pas le temps de vous ennuyer même si certaines situations sont un peu tirées par les cheveux.

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La femme qui tuait les hommes d’Eve de Castro

La femme qui tuait les hommes

Robert Laffont, 2018, 281 pages

Ce roman est habilement construit et ses enjeux piquent notre curiosité. Comme dans la majorité des publications de l’auteure française, l’Histoire côtoie celle des gens ordinaires. Il est donc ici question de deux parcours, de deux destins, de deux villes. L’action, qui alterne entre le Saint-Pétersbourg de 1909 et le Paris de 2017, nous tient en haleine du début à la fin. Mais qu’est-ce qui relie ces histoires? Possiblement la vengeance de deux femmes fort différentes. Leur but ultime? Pour l’une, permettre à des femmes de se sortir du joug de leur mari violent ou abusif, pour l’autre, faire payer un homme pour le tort fait à une femme.

Qu’est-ce qui relie ces deux femmes? Tout ce que je peux dire, c’est que la trame de La femme qui tuait les hommes est tissée serrée, que les diverses intrigues se croisent et s’entrecroisent… J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman et je vous en souhaite autant.

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Madame Pylinska et le secret de Chopin d’Éric-Emmanuel Schmitt

Madame Pylinska

Albin Michel, 2018, 119 pages

Un dimanche pluvieux et le ciel est gris. Votre moral n’est pas au plus haut. J’ai le remède qu’il vous faut : Madame Pylinska et le secret de Chopin d’Éric-Emmanuel Schmitt, court récit qui se lit en un peu plus d’une heure et qui, comme le titre l’indique, met à l’honneur le compositeur polonais. Même si le roman est écrit au « je », à moins d’être un proche d’Éric-Emmanuel Schmitt, il est difficile de départir le vrai du faux dans cette histoire. Peu importe! On sent l’amour de l’auteur pour la musique, particulièrement pour certains compositeurs. Il possède indéniablement le vocabulaire pour parler partitions, harmoniques, livrets et que sais-je encore.

Éric-Emmanuel fête ses neuf ans et il souhaite ardemment suivre des cours de piano. Il se cherche un professeur qui pourra combler son besoin, ses carences. Celle qui lui est recommandée se nomme madame Pylinska. Polonaise dans la cinquantaine qui demeure dans le XIIIe arrondissement. Éric-Emmanuel ira de surprises en étonnements, et nous aussi, car la manière d’enseigner la musique de madame Pylinska est assez particulière, et possiblement unique. Malgré quelques désaccords et divergences, une belle complicité les unira, jusqu’à ce que…

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L’Habitude des bêtes de Lise Tremblay

L'habitude des bêtes

Boréal, 2017, 164 pages

La beauté de ce court roman de Lise Tremblay, L’Habitude des bêtes, commence dès la page couverture : un loup rôde au milieu d’un paysage neigeux, non loin d’une forêt. Tout de suite, j’ai eu le goût de le lire. Les villageois d’une petite localité du Saguenay (jamais nommée) savent qu’une meute de loups, ou deux peut-être, se terre dans la montagne. Rien d’anormal. Ce qui est inquiétant, par contre, c’est que depuis peu certaines personnes en ont vu non loin de leur maison.

Style minimaliste, comme toujours chez Lise Tremblay. Les personnages sont bien campés et la nature est au centre du récit au rythme lent, rien pour me déplaire. L’Habitude des bêtes figurait parmi mes livres préférés de 2017.

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Vers la beauté de David Foenkinos

Vers la beauté

Gallimard, 2018, 222 pages

Ce qui m’a incitée à lire Vers la beauté, le dernier David Foenkinos, c’est la curiosité. Je voulais savoir ce qui motivait un professeur d’histoire de l’art, reconnu dans son milieu, à tout quitter du jour au lendemain pour devenir gardien de salle au musée d’Orsay à Paris? Est-ce qu’Antoine Duris – aucun lien de parenté avec le comédien – a été forcé de partir de Lyon avec une valise pour tout bagage? En quatre parties et à rebours, nous connaîtrons les raisons qui l’ont mené à prendre cette décision.

Certains moments sont savoureux, d’autres, plus délicats, qui touchent à l’actualité des derniers mois. Comme l’été est à nos portes, Vers la beauté se lira très bien à la plage ou au jardin, un verre de vin à la main.

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À l’aube de Philippe Djian

À l'aube

Gallimard, 2018, 190 pages

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais cela faisait un petit moment que je n’avais pas eu entre les mains un livre de Philippe Djian. Quand j’ai entendu l’auteur à La Grande Librairie parler de son dernier roman, À l’aube (Gallimard, 2018), j’ai eu envie d’aller voir de quoi il retournait. Ce que j’aime chez cet auteur, c’est son style : des ellipses, des phrases sans alinéas et sans guillemets pour nous avertir d’une conversation entre personnages, rien de superflu… non pas des phrases courtes à la Duras, mais pas de débordement. L’histoire est tissée serrée et pour ne pas perdre le fil, il faut rester attentif.

Il y a 15 jours, Joan et Marlon ont perdu de manière tragique leurs parents, décédés dans un accident de la route. Joan, 33 ans, est une femme débrouillarde tandis que Marlon, 25 ans, est autiste. Joan retourne donc chez elle, sur la côte Est américaine, 15 ans après avoir quitté le nid familial. À l’aube est truffé de révélations qui chambouleront la vie des uns et des autres, avec au menu mensonges, trahisons et agissements pas très nobles. Ce livre est peut-être au fond un oxymore qui, malgré des éclaircies, ne fait que mieux cacher la noirceur de la finale qui nous laisse sans voix.

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La Revenue de Donatella Di Pietrantonio

La Revenue

Seuil, 2017, 237 pages

Donatella Di Pietrantonio nous offre, avec La Revenue, un roman savoureux à déguster comme un cornet de crème glacée par jour de canicule. À ma grande honte, je ne connaissais rien de cette écrivaine née en 1963 dans un village des Abruzzes, pas plus que je n’avais eu vent de ses deux autres publications Mia madre è un fiume (2011) et Bella mia (2014). Mon rattrapage sera fait sous peu, ai-je besoin de préciser.

L’action se déroule en Italie, possiblement dans les Abbruzes, sur une période d’un an et demi. La parole est donnée à la Revenue, jamais nommée autrement, qui se considère comme « orpheline de deux mères vivantes » car, prétend-elle, elle a été abandonnée deux fois. Donatella Di Pietrantonio a une plume ciselée, alerte et sensible. Une très belle découverte que ce roman que l’on n’a pas envie de laisser de côté avant d’en avoir lu la dernière page.

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Nos livres viennent à vous: soyez au rendez-vous

Le livre que vous cherchez ne se trouve pas à votre bibliothèque de quartier? Vous pouvez quand même le faire venir de n’importe laquelle des bibliothèques du réseau en le réservant en ligne, au comptoir ou par téléphone. Vous avez maintenant 6 jours pour venir chercher vos réservations.  S’applique aussi aux films, magazines et CD de musique. En 2017, plus de 1,2 million de documents ont été réservés dans les Bibliothèques de Montréal!