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Les astronomes amateurs Jean-Pierre Lessard et Yves Martin

La nuit, vers l’infini

24 h dans la vie de Montréal
Publié le
30 juillet 2018
Il est 20 h, et quelques résidents du quartier admirent le coucher du soleil sur la butte du parc des Hirondelles, dans Ahuntsic. Sans être insensibles à ce spectacle quotidien, Jean-Pierre Lessard et Yves Martin, deux astronomes montréalais, attendent la suite avec impatience.

« On devrait pouvoir observer Vénus en s’orientant vers le nord dans environ une heure », dit Jean-Pierre, de Montréal-Nord. Jupiter suivra deux heures plus tard, et il faudra patienter jusqu’à 4 h du matin, puis pointer le télescope vers l’est, pour contempler Saturne.

« Pour pratiquer l’astronomie, il faut forcément être disponible la nuit », dit l’homme qui a renoué avec son intérêt d’enfance à la retraite. Aujourd’hui, ses proches savent qu’on ne doit jamais déranger l’astronome le matin : celui-ci dort.

Mercure dans le ciel de Montréal

Son ami, Yves Martin, n’a pas encore cette chance.

« Le réveil du lendemain pour aller au travail n’est pas toujours facile, admet l’astronome amateur. Mais il n’est pas question de rater certaines occasions : des observations ne se présentent qu’une fois par année… et d’autres, aux siècles ! »

Prendre le temps

Par cette belle soirée estivale au ciel dégagé, un autre astronome en herbe pose son télescope sur la butte vers 22 h. Lui aussi a renoué avec l’astronomie à l’approche de la retraite. Lorsque les familles ou les carrières sont prenantes, le quotidien nous ramène sur terre bien vite si les yeux s’attardent vers l’immensité.

« L’astronomie exige de la concentration, de la patience et de l’opportunisme », dit Jean-Pierre Lessard. Un phénomène se passe? Tout prend le bord. Le seul frein potentiel, c’est le couvert nuageux.

« J’ai déjà fait trois jours de déplacement afin d’être au bon moment et au bon endroit pour assister à une éclipse solaire qui a duré deux minutes », partage Yves, tout sourire.

Lune de cendre

L’art de s’arrêter

Le silence règne sur la butte d’Ahuntsic. Une contemplation attentive, dévouée.

« En début de soirée, on peut prendre le temps de jaser avec les curieux — les enfants ont beaucoup de questions devant nos instruments —, mais quand on est en pleine observation, on ne veut pas être dérangés », dit Jean-Pierre.

Jumelles ou télescope contre l’œil, l’attention des astronomes montréalais est à des centaines de millions de kilomètres plus loin, pendant des heures.

« Lundi, j’ai étudié Jupiter pendant 45 minutes, partage Yves. Elle bouge rapidement, et c’est intéressant de regarder ses différentes bandes ou le positionnement de ses quatre satellites. »

Dans le ciel de ce soir, la planète et ses satellites luisent, sans scintiller. Les astronomes, tous habillés de noir, les téléphones bien rangés et jamais allumés, lèvent les yeux vers l’infini.

« L’univers n’est probablement pas infini », précise toutefois Yves, toujours terre-à-terre...

Saviez-vous que :

  • Vénus, qu’on appelle l’Étoile du soir, est le premier astre à signaler sa présence chaque soir.
  • Sirius est l’étoile la plus brillante du ciel (et non l’étoile Polaire) !
  • Mars est la planète à surveiller cet été, alors qu’elle sera la plus proche de la Terre dans son cycle de deux ans.
  • Un ciel dégagé et un taux d’humidité bas sont les meilleures conditions météorologiques pour observer les étoiles, été comme hiver.

 

L’ASTRONOMIE À MONTRÉAL

Observer les astres de la ville ? C’est tout à fait possible, selon la Société d’astronomie de Montréal. Par sa hauteur et sa position éloignée des sources importantes de pollution lumineuse de la métropole, la butte du parc des Hirondelles, à Ahuntsic, s’impose comme endroit de prédilection pour étudier le ciel en ville.

Le Club d’astronomie de Montréal propose plusieurs activités en cours d’année. On trouve aussi sur son site web une foule d’informations pratiques pour les débutants : http://www.lasam.ca/  

Le site du Planétarium Rio Tinto Alcan est aussi un incontournable pour les futurs astronomes : http://espacepourlavie.ca/astronomie