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Dominique Lynch-Gauthier et Lysiane Roy-Maheu

Des champignons locaux et écolos

Agriculture urbaine
Publié le
25 août 2017
L’agriculture urbaine a le vent dans les voiles. Si la plupart de ses adeptes la pratiquent en amateurs, d’autres font le grand saut et en font leur occupation principale. C’est le cas du duo d’entrepreneures derrière la champignonnière Blanc de gris.

Dominique Lynch-Gauthier a un amour de longue date pour les champignons : « J’aime les manger, les cueillir en forêt, les cultiver chez moi… c’est une passion ! » En 2013, alors qu’elle participe à l’École d’été en agriculture urbaine, elle découvre une champignonnière installée à Paris.

« J’avais envie de lancer ma propre entreprise. Quand j’ai entendu parler de cette entreprise qui produisait des pleurotes en ville à partir du marc de café, ça a été le déclic : j’avais trouvé mon projet », se souvient-elle.

Elle a eu tôt fait d’enrôler dans l’aventure son amie Lysiane Roy-Maheu. C’est d’ailleurs celle-ci qui a eu l’idée du nom à la fois élégant et évocateur de l’entreprise. Après un an de tests, de visites de champignonnières, d’études et de plans, Blanc de gris a démarré ses opérations dans Hochelaga au printemps 2015.

200 kg hebdomadaires

Avec son expérience en restauration et en marketing, Lysiane se charge des ventes, tandis que Dominique s’occupe de la production.

« Comme notre mode de production est non traditionnel, il faut faire beaucoup de recherche et développement », dit Dominique.

Ses pleurotes bleus se développent en effet dans des seaux contenant un mélange de marc de café, de résidus de brasserie et de copeaux de bois d’émondage. « Il faut pasteuriser le substrat et s’assurer que la température ne monte pas trop à l’intérieur des seaux. Sinon, le mycélium meurt et les bactéries prennent la place », explique la mycicultrice.

Avec 1 200 seaux répartis dans six serres, Blanc de gris produit aujourd’hui 200 kg de pleurotes par semaine, qui sont ensuite distribués dans une trentaine de restaurants de la métropole.

Locavorisme

En plus d’être écologique, le mode de production de Blanc de gris s’inscrit dans une autre tendance : celle de l’alimentation locale. Et pour cause :

« Le pleurote est très fragile. Il ne supporte pas bien les longues journées de transport et d’entreposage », explique Dominique Lynch-Gauthier.

Les restaurateurs montréalais qui se procurent les champignons Blanc de gris, eux, reçoivent des pleurotes exceptionnellement frais et croquants, au riche parfum de noisette.

Maintenant que leur production a pris sa vitesse de croisière, le duo d’entrepreneures songe au développement de produits transformés, comme des champignons séchés. « Nous voudrions aussi valoriser ce qu’il reste de notre substrat après la production », ajoute la cofondatrice, qui croit que la matière compostée par le champignon pourrait servir d’engrais.

« Je suis fière de ce que nous avons accompli jusqu’ici, et de l’avoir fait dans le respect de nos valeurs de départ : l’économie circulaire, l’agriculture urbaine et le locavorisme », conclut-elle.

 

Ensemble pour une métropole durable

Fruit d’une action concertée avec de nombreux partenaires locaux et municipaux, la Ville de Montréal s’est dotée d’un plan de développement durable pour 2016-2020. Celui-ci reconnaît et renforce l’engagement de la métropole envers la réduction des émissions de GES, le verdissement, l’accès à des quartiers durables et la transition vers une économie verte, circulaire et responsable.