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Christine Durocher, directrice du centre de la petite enfance de Saint-Laurent

Bâtir l’avenir des enfants

Publié le
4 avril 2017
Montréal regorge de femmes extraordinaires qui ont laissé leur marque dans la métropole au fil des ans. La première aura certainement été Jeanne Mance, mais les exemples plus récents ne manquent pas. Parmi celles-ci figure Christine Durocher, directrice du Centre de pédiatrie sociale de Saint-Laurent. Sa contribution exceptionnelle à l’amélioration des conditions de vie des enfants lui a valu en mars dernier le titre de Bâtisseuse de la Cité 2017. Rencontre avec cette grande dame qui a la santé des tout-petits—ainsi que leur avenir—à cœur.

On entend souvent parler de «pédiatrie sociale», mais concrètement, qu'est-ce que c'est?

C'est une forme de médecine communautaire ayant une approche globale de la santé des enfants. Pour vous donner une idée, les enfants avec qui l'on travaille à Saint-Laurent viennent de milieux défavorisés et vivent parfois dans des logements insalubres. Cela engendre souvent des problèmes de peau ou de santé respiratoire. En pédiatrie sociale, le médecin ne fera pas que soigner les symptômes de ces maladies; il va œuvrer de pair avec une travailleuse sociale pour corriger le problème à la source, en aidant la famille à trouver un autre logement, par exemple. L'un des gros messages de la pédiatrie sociale est que les enfants sont notre responsabilité collective.

Outre les travailleurs sociaux et les pédiatres, quels sont les autres experts qui se partagent cette grande responsabilité?

Au Centre, on a des obstétriciens, des orthophonistes, des musicothérapeutes et des psychoéducatrices, notamment. Nous accompagnons les enfants dès la grossesse de leur mère, puis nous les suivons jusqu'à ce qu'ils aient 12 ans. Les parents ont aussi accès des activités sociales, comme des cafés-rencontres, afin de briser l'isolement. Le Centre est devenu un vrai milieu de vie pour les familles.

Vous avez ouvert le Centre de pédiatrie sociale de Saint-Laurent en 2010. Pourquoi avoir choisi cet arrondissement?

Parce que les besoins de notre quartier, qui a accès à peu de ressources publiques et communautaires, sont immenses. Lorsqu'on a créé le Centre de pédiatrie sociale, il n'y avait aucun organisme à Saint-Laurent qui travaillait directement avec les jeunes enfants, même si ceux-ci avaient un urgent besoin d'aide.

Est-ce que le titre de Bâtisseuse de la Cité vous aidera dans votre mission?

J'espère que cela mettra en lumière la situation difficile de plusieurs enfants de Saint-Laurent. On parle surtout du dynamisme économique de l'arrondissement, mais rarement de sa grande population immigrante, qui a des besoins particuliers. Il faut que notre société se mobilise afin de donner aux enfants les conditions sociales qui leur permettront de bien se développer. Après tout, ils sont notre relève.

Des femmes qui comptent
Depuis 2011, lors de la Journée internationale des femmes, la Ville reconnaît la contribution remarquable de Montréalaises au développement de la métropole en les proclamant Bâtisseuses de la Cité. À ce jour, les lauréates comptent notamment Phyllis Lambert, Jessie Kathleen Fisher, Berthe Chaurès-Louard, Idola Saint-Jean, Léa Cousineau, Myrtle Cook, Sylvie Bernier et Monique Savoie, sans oublier les 36 premières Filles du Roy.