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Phylis Lambert entourée d'Hubert Pelletier et Yves de Fontenay

Architecture à la sauce Montréalaise

Deux générations, un même esprit
Publié le
6 juin 2018
Une véritable filiation intellectuelle unit Phyllis Lambert, grande dame de l’architecture montréalaise, et les jeunes architectes Hubert Pelletier et Yves de Fontenay. Tous trois partagent une même vision : celle d’une architecture réfléchie, cohérente et ancrée dans son histoire.

Dans l’ambiance feutrée de la bibliothèque du Centre canadien d’architecture, Mme Lambert reçoit ses collègues. Ensemble, ils discutent avec enthousiasme. Ils se rencontrent pour la deuxième fois, puisqu’Hubert et Yves ont décroché, en 2015, la bourse Phyllis-Lambert décernée par le Bureau du design de la Ville de Montréal.

Aimer Montréal

Pour ces architectes à l’orée de la quarantaine, c’est un privilège de converser avec celle qu’ils considèrent comme une icône de l’architecture montréalaise. À 90 ans, la fondatrice du Centre canadien d’architecture demeure alerte et énergique. Et son amour de Montréal ne se dément pas.

Centre canadien d'architecture

« Montréal est une ville tout à fait étonnante. Son histoire est inscrite dans ses bâtiments, influencés tour à tour par les francophones, les anglophones et, maintenant, les allophones. On y trouve une cohérence, une continuité de caractère. Des gens de tous les secteurs s’impliquent dans la gestion et dans la fabrication de la ville. C’est ça, la force de Montréal. »

Tisser des liens

Selon les trois collègues, on sent plus que jamais un maillage entre les quartiers, le Vieux-Montréal et le centre-ville. On doit ce dynamisme à de grands projets, comme le Quartier international ou la Place des festivals, soigneusement planifiés et réalisés en concertation avec la communauté.

Des architectes de la relève comme Hubert et Yves contribuent, eux aussi, à tisser des liens entre les quartiers, les gens et leur histoire.

« Les jeunes architectes n’ont pas souvent accès aux commandes de bâtiments publics, souligne Yves de Fontenay, mais ils font un travail énorme en architecture résidentielle. De notre côté, on réalise principalement des intérieurs, des additions ou de petites maisons. On s’intéresse donc à l’histoire, à la continuité ou à la discontinuité des styles architecturaux, des matériaux. C’est un travail de fond qui améliore le patrimoine bâti à travers la ville. »

S’ouvrir au monde

Quartier international

Lorsqu’ils imaginent le futur de Montréal, tous trois voient une ville plus ouverte au monde qui exporte ses architectes et accueille ceux qui viennent d’ailleurs. Ils appellent aussi à toujours plus de démocratie et de planification urbaine.

« La ville, c’est les gens. Il faut tenir compte d’eux et de tous les éléments pour s’insérer dans un quartier », résume Phyllis Lambert.

À ses jeunes collègues, elle recommande de garder à tout prix leur liberté de penser.

« En architecture, comme dans toutes les sphères, il faut voir plus grand que soi-même », rappelle la mécène qui a consacré sa vie à protéger le patrimoine bâti de Montréal.